mars 3, 2024

Aeonblack – The Time Will Come

Avis :

Il est de notoriété commune que dans le métal, certains groupes soient obligés de changer de nom afin de connaître un succès un peu plus prégnant. C’est le cas par exemple d’Aeonblack, qui se fut appelé pendant quelques années Groggy Elks. N’ayant produit qu’une démo en 1999, le groupe change de nom, et même s’il va lui falloir de nombreuses années avant de pouvoir sortir un premier album, les fans commencent à affluer un peu plus. Aujourd’hui, Aeonblack se compose d’un guitariste et d’un chanteur, mais le line-up est relativement fragile en ce qui concerne batteur et bassiste. C’est sans doute pour cela que chaque album met du temps à sortir, puisqu’entre le premier et le second, qui nous préoccupe entre ces lignes, il s’est écoulé six années. The Time Will Come est donc le dernier album du groupe, bien qu’il soit sorti en 2021.

A la première écoute de ce skeud, il est assez difficile de ranger dans une case bien précise Aeonblack. Si les spécialistes ont tendance à mettre cet album dans la case Power Métal, on est tout de même très proche d’un Heavy classique, ce qui n’a rien d’étonnant, puisque Groggy Elks (premier nom du groupe) faisait du Heavy. De ce fait, on peut dire qu’Aeonblack est un groupe de Power/Heavy, ce qui s’accorde parfaitement avec les thèmes évoqués. Et ce n’est pas le premier titre qui va nous faire dire le contraire. Specter in Black est un morceau pêchu, nerveux, relativement rapide, qui va faire étalage de tout ce que sait faire le groupe. On aura droit à un joli solo, un bon refrain, et un riff qui percute bien. Le seul défaut de ce morceau provient de son côté « déjà entendu ».

Et c’est peut-être là-dessus que le groupe va décevoir. Car si globalement, l’album est bon et que la maîtrise technique est imparable, on reste dans un Heavy/Power calibré, qui ne réserve que très peu de surprises. De la voix du chanteur, aux riffs, en passant par les mélodies, on a l’impression d’avoir entendu cela des centaines de fois, et le skeud manque d’originalité. Cela ne veut pas dire que l’album soit mauvais, loin de là, mais il ne tutoiera pas les hautes sphères du genre. I Won’t Think About Tomorrow en est un exemple probant, avec un joli démarrage, une bonne rythmique, mais un côté classique qui empêche le titre de rester un long moment en tête. Il y a même un aspect un peu old school qui fait que, parfois, on s’ennuie légèrement. Et pourtant, le groupe fait des efforts, notamment sur son diptyque suivant.

En effet, 1999 Annihilation Overture est un interlude qui permet de lancer le morceau phare de l’album, The Time Will Come. Déroulant plus de sept minutes de Heavy, le groupe veut faire étalage de son talent technique et de sa propension à faire des titres très longs. En un sens, on ne peut rien reprocher au groupe, qui fournit quelque chose de très propre, mais qui manque peut-être d’ampleur et d’épaisseur dans sa timide production (qui n’est pas passée dans la confection de la pochette…). Warriors Call sera plus plaisant, notamment parce qu’il s’agit d’un morceau court qui balance la sauce très vite et s’inscrit dans une veine Power pleine de fougue et d’envie guerrière. Un chouette passage qui démontre que la formation se débrouille mieux avec des fulgurances courtes et pleines de rage. Et ce n’est pas le titre suivant qui nous fera mentir…

No Man’s Land est une espèce de ballade sirupeuse qui donne l’impression d’être un passage obligé. Le morceau est long, mais ce n’est pas le principal problème, il est aussi ringard au possible. Entre les saillies aigues du chanteur et la mélodie qui n’arrive jamais à s’imposer, on a l’impression de plonger dans un vieux revival des années 80. Fort heureusement, le groupe se reprend avec Phantom of Pain, un excellent titre qui fait la part belle à la guitare, qui va s’en donner à cœur joie. On renoue enfin avec une énergie communicatrice et une belle envie d’en découdre. Malheureusement, cette joie sera de courte durée, car Nightwalker va créer une sacrée dissonance dans son refrain, ce qui rendra le titre à peine écoutable. Mais les trois derniers titres nous emballerons un peu plus, dans un accès d’énergie Heavy où le cuir sera de sortie.

Au final, The Time Will Come, le dernier album en date de Aeonblack, n’est pas un mauvais effort, loin de là, mais il souffre de la comparaison avec ses pairs. On évolue dans un Heavy/Power que l’on a déjà entendu des milliers de fois, et il n’y a rien qui permette au groupe de réellement sortir de la masse. On prend du plaisir à l’écoute, on entend tous les efforts développés par le groupe, mais il manque le petit truc en plus pour exploser pleinement, et on espère que cela arrivera avec le prochain album, s’il y en a un…

  • Specter in Black
  • I Won’t Think About Tomorrow
  • 1999 Annihilation Overture
  • The Time Will Come
  • Warriors Call
  • No Man’s Land
  • The Phantom of Pain
  • Nightwalker
  • Fire Wheels
  • Raw, Loud & Furious
  • When the Darkness Falls

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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