février 24, 2026

5 Centimètres par Seconde – Sublime Remise en Question

Titre Original : Byosoku 5 Senchimetoru

De : Yoshiyuki Okuyama

Avec Hokuto Matsumura, Hidekata Yoshioka, Aoi Miyazaki, Mitsuki Takahata

Année : 2026

Pays : Japon

Genre : Drame, Romance

Résumé :

2008. Takaki, jeune informaticien bientôt trentenaire vit une existence banale et monotone à Tokyo. Parfois, lui reviennent les bribes d’un temps où il était différent, enjoué, passionné par l’espace, curieux de la vie et des autres. Il se souvient de l’année 1991 et de sa rencontre à l’école avec celle qui devient très vite son alter ego, Akari. La vie les éloigne mais malgré la séparation et les années, malgré les occasions ratées, un lien invisible les unit…

Avis :

Yoshiyuki Okuyama est un photographe et réalisateur japonais, connu pour un style très esthétique, poétique et sensoriel, à la frontière entre mode, art et cinéma. D’abord remarqué comme photographe, il développe une signature visuelle faite de lumières douces, de couleurs travaillées et d’ambiances oniriques. Il passe ensuite à la réalisation avec « Girls Don’t Cry » (2022), film générationnel centré sur la jeunesse, la solitude et l’identité.

Pour son nouveau film, Yoshiyuki Okuyama se lance dans ce qu’on pourrait appeler un défi, puisqu’il s’attaque à l’adaptation en live action (comme on dit) d’un film de Makoto Shinkai. Pour être honnête, j’adore le cinéma de Shinkai et j’ai vu tous ses films, sauf « 5 centimètres par seconde« . Je me lance donc dans ce film de Yoshiyuki Okuyama sans équivalent de comparaison, et je dois dire que si le film a mis du temps à me prendre, une fois ça fait, « 5 centimètres par seconde » s’est révélé aussi magnifique qu’il est bouleversant.

« Délicat, attentionné, chaleureux, émotionnel »

 Délicat, attentionné, chaleureux, émotionnel et remarquable dans les sujets qu’il explore, notamment l’idée d’être passé ou non à côté de sa vie et la remise en question au moment de ses trente ans, « 5 centimètres par seconde » se pose d’ores et déjà comme l’un des plus beaux films de ce début d’année 2026. Un film qui ne cherche jamais l’effet facile, mais qui avance à pas feutrés, avec une douceur et une sincérité qui finissent par vous bousculer et peut-être plus encore.

2008, Takaki est un jeune informaticien qui s’ennuie dans sa vie. À vingt-neuf ans, Takaki ne fait que travailler, et à l’approche de ses trente ans, le jeune homme se pose des questions autour de sa vie, de ses rêves, de ce qu’il prévoyait enfant et de ce qu’il est devenu aujourd’hui. Ayant toujours été attiré par l’espace, Takaki démissionne… Et cet événement le replonge alors dans des souvenirs, une rencontre importante, ou encore une promesse qu’il a faite, voilà plus de quinze ans de ça.

Souvent on me dit : lorsque tu t’ennuies devant un film, pourquoi tu t’accroches ? Pire encore, pourquoi tu t’imposes ça ? Et bien souvent, je réponds que j’ai déjà vu beaucoup de films où, au départ, je n’arrivais pas à entrer dedans, puis quelque chose s’est produit et le film s’est comme transformé sous mes yeux. Puis quand on me demande un titre, j’ai souvent un trou, n’arrivant pas à trouver l’exemple en question. Aujourd’hui, j’en ai un : « 5 centimètres par seconde« . Car oui, pour être franc, l’espace de sa première demi-heure peut-être, ou même de ses quarante premières minutes, j’ai eu du mal à entrer dans le film de Yoshiyuki Okuyama. Il y a une distance qui s’est créée d’emblée, mais heureusement celle-ci a perdu du terrain, jusqu’à disparaître totalement, pour laisser place à un torrent d’émotion.

« Il y a quelque chose de profondément nostalgique »

Peut-être est-ce la fatigue de fin de semaine, ou peut-être était-ce autre chose… je ne sais pas, mais quoi qu’il en soit, c’est pour ces films-là et ces émotions-là que je m’accroche et que je n’arrête jamais un film. Quel dommage si j’étais sorti de la salle, car comme je le disais, j’aurais raté l’un des plus beaux films de ce début d’année.

Magnifique dans son histoire, ses personnages et ses émotions, « 5 centimètres par seconde » est un film qui demande une certaine exigence à son spectateur, car son intrigue, parcourue de souvenirs à différentes époques d’une vie, se déroule sur plusieurs timelines. Si l’intrigue principale est bien centrée sur Takaki à l’approche de sa trentaine, au gré de ses souvenirs, de ses regrets, de ses remords, mais aussi de ses moments de joie, « 5 centimètres par seconde » navigue d’un souvenir à l’autre, et c’est tout simplement très beau. Il y a quelque chose de profondément nostalgique qui s’échappe de l’ensemble, qui s’impose peu à peu comme une thérapie douce-amère.

« la délicatesse de la mise en scène de Yoshiyuki Okuyama« 

À un moment donné, même plusieurs, tout le monde se pose la question d’avoir ou non réussi sa vie. Ici, c’est plus tendre et plus touchant que ça, puisque le film s’aventure du côté des souvenirs d’enfance, des rêves de gosses, de ce qu’on aime gamin et qu’on oublie plus tard en grandissant. Si l’histoire de Takaki et Midori leur appartient, ce qu’ils traversent, les émotions et les sentiments qui les bousculent sont universels et touchent au plus profond.

Et ces sentiments sont encore plus accentués par la délicatesse de la mise en scène de Yoshiyuki Okuyama. Le réalisateur sait très bien nous entraîner dans le labyrinthe de ces souvenirs pour en faire ressortir le plus beau, le plus tendre, le plus émouvant. Chaque plan semble pensé comme une photographie de mémoire, chaque silence comme un battement de cœur. Franchement, au vu de la manière dont le film, cette histoire et ces personnages m’ont emporté jusqu’aux larmes, je ne comprends même plus cette distance qui s’était installée au départ.

Au bout du compte, après avoir bloqué un peu en début de film, « 5 centimètres par seconde » m’a totalement attrapé et passionné dans ce qu’il raconte. Cette remise en question à cet âge crucial, puis cette bascule dans ces souvenirs tous plus touchants et émouvants les uns que les autres. Puis ce final ô combien sublime, même dans ses regrets. Et ces acteurs, notamment ces duos à tout âge, qui m’ont bouleversé. Puis cette mise en scène magnifique, avec cette photographie presque nostalgique… Bref, tout ici est sublime, magnifique et bouleversant. Mieux, j’ai d’ores et déjà envie de le revoir, c’est dire !

Note : 17/20

Par Cinéted

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