février 24, 2026

Sylosis – The New Flesh

Avis :

Dans le monde du Métal, on peut clairement faire confiance à la jeunesse. Outre le fait que de nombreux groupes sont parfois formés par des mineurs qui veulent en découdre, on a aujourd’hui des formations qui ont commencé avec des membres très jeunes. On peut citer les néo-zélandais de chez Alien Weaponry, mais il ne faut pas oublier Sylosis. Si le groupe est maintenant un poids lourd de l’industrie métal, il ne faut pas oublier qu’il a été fondé en 2000 par Josh Middleton, alors qu’il n’avait que quinze ans. Vingt-six ans plus tard, le groupe est toujours debout, et ce malgré des changements de line-up perpétuels, ainsi qu’une pause de trois ans entre 2016 et 2019. Passant de trio à quatuor en 2024 en engageant un bassiste, afin que le bassiste présent passe à la guitare, Sylosis envoie alors The New Flesh.

Septième effort studio de la part des anglais, on peut facilement dire que The New Flesh est un énorme album tonitruant, et sans aucun doute le meilleur de ce mois de février. Toujours signé chez Nuclear Blast Records, Sylosis propose ici un savant mélange des genres, entre Death mélodique, métal alternatif, Metalcore moderne ou encore Hardcore américain, au sein d’une densité assez folle et d’une puissance rarement atteinte. Tout commence de façon quasi classique avec Beneath the Surface. Le titre est surpuissant. Point de chant clair ici, on nous rentre dans le lard immédiatement, tout en gardant en ligne de mire une mélodie accrocheuse et une technique de maboul à la guitare. Bref, dès le départ, le groupe sort l’artillerie lourde autour d’un style qui se rapproche clairement d’un Death mélodique scandinave. Et cela va se confirmer avec le deuxième titre, Erased qui intègre du chant clair.

Dans une structure plus classique, le groupe envoie un morceau qui joue avec les textures, et qui n’oublie pas la technicité, au sein de solos vraiment intéressant. En abordant alors All Glory, No Valour, on va se rendre compte que le groupe change presque son fusil d’épaule en proposant un titre court et ravageur, qui flirte constamment avec le Hardcore américain. Ici, point de pause, on prend un énorme parpaing dans la tronche, comme si Hatebreed était passé par là. Cependant, les anglais n’en perdent pas pour autant leur identité, et c’est ce qui fait tout le sel de cette écoute. Puis Lacerations va aller vers quelque chose de plus « moderne » en embrassant tous les codes du Metalcore. Cependant, il y a vraiment du liant entre les morceaux, avec des sonorités similaires, ou tout du moins un son qu’on assimile de suite au groupe.

Il sera bien difficile de ne pas chanter le refrain sur ce morceau, qui est ultra addictif. Et ce sera sensiblement la même chose avec Mirror, Mirror, un titre qui plonge dans le Hardcore avec de gros éléments modernes. Le titre est dément, avec une puissance salvatrice, qui fonctionne comme une catharsis pour nous. Les anglais fournissent un travail de zinzin qui risque de faire de gros ravages dans les fosses lors des concerts. Avec Spared From the Guillotine, Sylosis se rapproche d’un Slipknot dans le chant et les mélodies, tout en gardant un aspect très moderne qui fait son identité. On aura même un petit solo qui fera très Thrash dans l’âme, et le mélange de tout cela est réellement incroyable. Quant à Adorn my Throne, on est pleinement dans un titre de Metalcore moderne, qui digère parfaitement ses influences pour avoir sa propre identité.

Il est presque étonnant de voir que le morceau qui porte le même nom que l’album soit presque aussi transparent par rapport aux autres titres. Alors non, c’est loin, très loin, d’être mauvais, mais il s’agit d’un morceau Death mélo moderne classique, qui fonctionne bien, mais auquel il manque une petite graine de folie en plus. On sera plus surpris par Everywhere at Once, qui est une ballade. Et c’est une réussite totale, car c’est à la fois touchant et classique, mais au sein de l’album, ça fonctionne à pleine régime. Quant à Josh Middleton, il démontre tout son talent pour le chant clair. Par contre, derrière, ça ne rigolera plus. Circle of Swords est un gros pavé dans la gueule, qui viendra rappeler que l’on écoute du métal puissant et bien énervé. Enfin, Seeds in the River clôturera l’ensemble avec maestria au sein d’un Metalcore inspiré.

Au final, The New Flesh, le dernier album en date de Sylosis, est une pure merveille, un effort magistral qui démontre que le groupe peut mélanger tous les genres sans aucun souci. Entre Thrash, Death, Métalcore, Hardcore, la formation anglaise ne choisit pas et délivre une galette surpuissante. Sans jamais perdre son identité, ni son énergie, le groupe revient dans une forme olympienne et offre sans aucun doute possible le meilleur skeud du mois, et peut-être l’un des meilleurs albums de l’année.

  • Beneath the Surface
  • Erased
  • All Glory, No Valour
  • Lacerations
  • Mirror, Mirror
  • Spared From the Guillotine
  • Adorn my Throne
  • The New Flesh
  • Everywhere at Once
  • Circle of Swords
  • Seeds in the River

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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