
Titre Original: Ring of Fire 2: Blood and Steel
De: Richard W. Munchkin
Avec Don Wilson, Maria Ford, Sy Richardson, Dale Jacoby
Année: 1993
Pays: Etats-Unis
Genre: Action
Résumé:
Afin de sauver sa petite amie, un combattant pratiquant les arts martiaux affronte les membres d’un redoutable gang.
Avis :
Avec Le Cercle de feu, on investissait le milieu fermé des combats clandestins d’une bien piètre manière. La faute à un sujet principal bâclé qui faisait la part belle à une guerre des gangs fauchée, une romance mielleuse et une sensibilisation infantilisante du spectateur quant au problème de racisme. Il en ressortait un film d’action lénifiant, saupoudré de confrontations mollassonnes et d’une ambiance surannée. Incapable de faire honneur à la période des années 1990 et des productions pour vidéoclub, le métrage avait néanmoins rencontré un certain succès (commercial) pour donner lieu à une suite. Dès lors, on pourrait s’attendre à une redite paresseuse, mais c’est sans compter sur les velléités de Richard W. Munchkin pour faire évoluer ses protagonistes… dans les égouts.

Après un épilogue expéditif du premier volet, cette seconde itération reprend là où l’histoire s’est arrêtée, à quelques semaines ou mois prêts. Afin d’avancer le prétexte, Johnny Woo (Don Wilson) se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment, lors d’un casse de bijouterie. D’une situation de légitime défense, on multiplie les moments à la limite du cocasse pour exacerber les inimitiés avec de nouveaux ennemis. Au passage, les anciens antagonistes sont devenus de fidèles amis. On oublie alors le discours antiraciste du premier opus, ainsi que leurs errances et valeurs passées, y compris la mort du cousin du personnage principal ! L’approche est donc beaucoup plus simpliste. Ce qui évite de commettre des maladresses ou de sombrer dans des séquences de remplissage.
« L’approche est donc beaucoup plus simpliste »
Très vite, l’intrigue nous emmène dans les méandres de Los Angeles ; des égouts en lignes de métro désaffectées et autres souterrains poisseux. Le cadre peut interpeller dans le sens où il expose une strate sociale insoupçonnée. Elle n’est même pas méprisée par la population, mais ignorée. À différentes reprises, on a l’impression de s’insinuer dans une dystopie où la survivance du plus fort prévaut. On a droit à différents clans et castes qui cohabitent avec une tolérance toute mesurée. La majeure partie de l’intrigue se déroule dans cet environnement délétère, aussi sombre que crasseux. Sur le papier, on pourrait penser à une ambiance propre aux quartiers des bas-fonds dans Demolition Man. Seulement, le constat est tout autre.
En effet, Le Cercle de feu 2 s’appuie sur une idée conceptuelle, sans la développer. Il faut se contenter de clichés en tous genres qui s’arrogent parfois des allures nanardesques. Preuve en est avec le gang des skateurs rebelles fluorescents, ces clones de Lorenzo Lamas ou ces amazones portées sur le cuir, pour ne citer que quelques exemples. Chaque nouveau secteur donne lieu à l’abus des mêmes mécanismes. Les embuscades sont prévisibles et le déroulement des confrontations ne laisse guère de place à la surprise. L’intrigue évolue dans une progression routinière qui n’est pas sans rappeler l’enchaînement des niveaux d’un beat them all, comme Double Dragon ou Streets of Rage.
« On assiste à un déroulement similaire à celui d’un jeu vidéo »
Chaque incursion aboutit à des combats où le rapport de force est plus ou moins déséquilibré. La promiscuité des lieux altère la lisibilité de l’action. Quant aux chorégraphies, elles souffrent de mouvements trop erratiques et artificiels pour crédibiliser la succession des coups. En guise d’intermèdes, on assiste à des confrontations en cage hexagonale, prémices de l’UFC. Mention spéciale au tapis de mousse pour préserver le confort des adversaires dans des affrontements à mort. Il faut aussi supporter les beuglements et les comportements simiesques de spectateurs abrutis, vraisemblablement en mal de substances hallucinogènes.

Au final, Le Cercle de feu 2 s’avère une suite différente et néanmoins du même acabit que son prédécesseur, d’un point de vue qualitatif. Le métrage de Richard W. Munchkin délaisse le soleil et le traitement social hors-sujet du premier volet pour s’enfoncer dans des souterrains labyrinthiques. On assiste à un déroulement similaire à celui d’un jeu vidéo où les secteurs s’assimilent à des niveaux. Après avoir terrassé un florilège d’ennemis, il convient d’affronter leur chef pour poursuivre. Hormis quelques sympathiques trouvailles dans l’exploration des lieux (une ville qui évolue à rebours de la société), il n’en demeure pas moins un film d’action sans envergure et basique.
Note : 08/20
Par Dante
