janvier 27, 2026

Megadeth – Megadeth

Avis :

Quarante ans de carrière, c’est long. Mais c’est surtout une preuve de talent lorsque l’on dure aussi longtemps, avec des tournées et des ventes d’albums qui se maintiennent. Mais avec plus de soixante ans au compteur, et des épreuves difficiles de la vie, dont un cancer de la gorge, il fallait qu’au bout d’un moment, Dave Mustaine dise stop. Et pour cela, il décide de faire un ultime chant du cygne avec un album homonyme, un dix-septième effort studio dans lequel il va pouvoir chanter une dernière fois, et montrer à quel point il est shredder de zinzin. Seulement, quand on s’appelle Megadeth, on est forcément attendu au tournant, et entre des fans hardcore qui sont tout acquis à la cause, ou des oreilles plus critiques qui n’aiment pas forcément les prises de position du monsieur, les avis divergent plus que de raison.

Il faut dire qu’avec des propos Pro-Trump, ultra catholiques ou encore un caractère bien trempé que l’on pourrait qualifier de merde, Dave Mustaine est une figure controversée du métal, et cela se ressent sur certains albums. Après avoir viré Kiko Loureiro, il embauche alors Teemu Mäntysaari (Wintersun) pour ce dernier album, et s’entoure aussi de Dirk Verbeuren à la batterie et James LoMenzo à la basse. Avec ce line-up, il propose alors quelques morceaux sur internet pour vendre ce qui sera son ultime album, et les voyants étaient plutôt au vert. D’ailleurs, même quand on commence l’album, on se dit que l’on va faire face à un grand effort studio. Tipping Point commence très fort, et Megadeth nous balance un pur titre Thrash qui envoie la sauce, aussi bien dans les riffs, que dans les solos ou encore un refrain ultra catchy.

Si tout l’album est de cet acabit, on se peut que s’en frotter les mains. Sauf que très rapidement, le soufflé retombe aussi vite. I Don’t Care est un triste sire. Dave Mustaine veut se la jouer punk avec un morceau sans envergure, et dont les paroles résonnent comme celles d’un sale gosse de quatorze ans qui veut faire un doigt d’honneur aux gens autour de lui. C’est une preuve d’immaturité crasse qui manque cruellement de classe. Heureusement, Hey, God ?! va relever un peu le niveau. Certes, on est loin, très loin des grandes heures du groupe, mais il y a un refrain qui fonctionne à merveille, dans lequel le chanteur interpelle Dieu, car il se sent en insécurité. Ouais, on en est là au niveau des paroles, et c’est très surprenant de ne pas trouver plus de profondeur que ça.

En même temps, le frontman a eu du mal à trouver des idées pour boucler cet album, écrivant parfois dans la contrainte, et cela se ressent fortement. Let There be Shred va renouer avec un Thrash old school plutôt plaisant, mais entre un chant qui manque de tessitures et des paroles égocentrées, on reste sur quelque chose d’assez pauvre, qui fort heureusement, brille par un talent technique indéniable. Mais on a connu le groupe en meilleure forme. Puppet Parade tente l’approche plus lente avec une construction plus complexe. Certains adoreront, d’autres trouveront ça chiant et un peu mou, ce qui est notre cas ici. L’ensemble manque d’allant, de hargne et de verve. S’ensuit alors Another Bad Day, certainement le pire morceau de l’album, doté d’un refrain d’une laideur crasse et d’un songwriting complètement à la masse. Fallait-il vraiment faire une chanson sur quelqu’un qui passe une sale journée ?

Néanmoins, ne soyons pas bégueule, les deux morceaux suivants seront plutôt bons, même s’il leurs manquera un refrain vraiment marquant. Made to Kill est un titre Thrash puissant et technique, qui semble renouer avec un Megadeth de la belle époque. Puis Obey the Call suit cette belle trajectoire, nous offrant un exutoire plaisant et maîtrisé qui montre que le groupe est toujours capable de nous fournir des solos de dingue et des ambiances travaillées. Mais encore une fois, la sauce devient face avec I am War, un autre titre égocentré qui manque de profondeur et d’envie. C’est mou, c’est chiant comme la pluie, et ça ressemble à un titre bouche-trou. The Last Note rehausse un peu le niveau comme ultime chant, même si on reste sur un morceau moyen dans sa finalité. Reste alors la reprise de Metallica avec Ride the Lightning, une copie conforme avec la voix de Mustaine.

Au final, ce dernier album de Megadeth demeure un album relativement moyen. Ce n’est pas mauvais, c’est juste transparent et sans saveur. Dans un récent documentaire, le frontman évoque les difficultés d’écriture, et cela se ressent fortement. De même, on peut y voir un effort opportuniste, avec une reprise de Metallica et une volonté d’enterrer une vieille hache de guerre, le chanteur ayant évoquer sa volonté de faire une tournée avec le groupe de James Hetfield, mais est-ce vraiment pour faire la paix, ou tout simplement pour essayer de montrer qu’il est supérieur à ses anciens collègues ?

  • Tipping Point
  • I Don’t Care
  • Hey, God ?!
  • Let There be Shred
  • Puppet Parade
  • Another Bad Day
  • Made to Kill
  • Obey the Call
  • I am War
  • The Last Note
  • Ride the Lightning (Metallica cover)

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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