
Titre Original : Yoake no Subete
De : Shô Miyake
Avec Hokuto Matsumura, Mone Kamishiraishi, Ryô, Ken Mitsuishi
Année : 2026
Pays : Japon
Genre : Drame
Résumé :
Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise d’astronomie. En quête d’un nouvel équilibre, ils ont délaissé une carrière toute tracée : elle, en raison d’un syndrome prémenstruel qui bouleverse son quotidien ; lui, à cause de crises de panique aiguës. Peu à peu, ils apprennent à travailler autrement, se rapprochent, s’apprivoisent… et découvrent qu’une présence suffit parfois à éclairer la nuit.
Avis :
Shô Miyake est un réalisateur et scénariste japonais né en 1984, considéré comme l’une des voix les plus délicates et sensibles du cinéma japonais contemporain. Commençant sa carrière au début des années 2010, il se fait très vite remarquer avec des films intimistes comme « And Your Bird Can Sing » (2018) ou « La Beauté du geste » (2022). Shô Miyake aime explorer la fragilité humaine, la solitude et la résilience à travers des personnages en marge ou cabossés par la vie.

Et des cabossés par la vie, c’est encore ce qui va faire l’essence de son nouveau film, « Jusqu’à l’aube« . Sorti discrètement en début d’année, le nouveau film de Shô Miyake s’annonçait comme un joli petit drame plein d’émotions. Le réalisateur nous invite à suivre deux personnages qu’un trouble rassemble sans même le vouloir. Mais si, sur le papier, le film est très joli, je dois dire que malheureusement, « Jusqu’à l’aube » a franchement eu du mal à m’emporter. Ici, on est dans un cinéma de l’intime, un cinéma presque contemplatif, et si du côté de sa technique c’est très bon, du côté de ses émotions, de l’envie de suivre ces deux personnages ou encore d’être touché par eux, je suis resté dans l’attente constante que le film m’emporte. Je n’ai jamais réussi à vraiment entrer dans leur histoire, comme si une vitre invisible me séparait sans cesse d’eux.
« Shô Miyake nous présente ici deux personnages pleins de maux »
Misa et Takatoshi travaillent dans la même entreprise, mais ils se parlent peu. Chacun, dans sa vie, souffre d’une sorte de trouble. Takatoshi souffre d’un trouble panique qui l’empêche de sortir normalement. Quant à Misa, elle a des règles très douloureuses, ce qui influe sur son humeur. D’un coup, elle est capable d’être extrêmement désagréable. Lorsque Misa se rend compte du trouble de Takatoshi, ça la rapproche du jeune homme. Peu à peu, ils s’apprivoisent, ils s’entraident et apprennent à mieux vivre.
Eh bien me voilà bien embêté à la sortie du nouveau film de Shô Miyake. Comme je le disais, « Jusqu’à l’aube » n’est pas un mauvais film, très loin de là. C’est même un film intéressant de par les sujets qu’il met en lumière. Shô Miyake nous présente ici deux personnages pleins de maux qui souffrent en silence, et dont la rencontre et l’entraide vont bousculer leur vie.
En elle-même, l’histoire est jolie et elle se tient d’un bout à l’autre, réservant même un très joli final. Ces personnages sont joliment présentés, et leur relation, qui se tisse avec une certaine délicatesse, est touchante à suivre. Enfin du moins au début, et c’est là que le film me pose problème. Alors même que l’intrigue apporte de plus en plus de matière aux personnages, il y a comme une distance qui se crée en cours de visionnage. Plus le film avance, plus les personnages se livrent, et plus, paradoxalement, le film devient ennuyeux.
Alors que tout demande à être émouvant ici, « Jusqu’à l’aube » pose comme une barrière émotionnelle. Et cette barrière, jamais je ne suis arrivé à la franchir. La mise en scène très lente, les silences étirés, et le fait que finalement il ne se passe que très peu de choses en deux heures de film ont eu raison de moi.
« l’ennui est au bout de cette séance de cinéma »
Pourtant, il y a tellement de belles choses ici : l’angoisse d’être en vie sans vouloir mourir, la difficulté de vivre avec des douleurs chroniques, les obstacles à franchir lentement mais sûrement, puis cette rencontre qui sonne comme une évidence. Bref, « Jusqu’à l’aube » a beaucoup d’ingrédients, pour ne pas dire tous les ingrédients, et pourtant l’ennui est au bout de cette séance de cinéma, qui a fini par me faire totalement décrocher. La poésie japonaise est bien là, la délicatesse des sentiments aussi, la justesse des maux également, mais tout ça reste trop long, trop étiré, trop en apesanteur pour réellement bouleverser.
Oui, je suis vraiment embêté à la sortie de ce film. Et je ne parlerai même pas des comédiens qui sont excellents. Difficile de ne pas être attendri par leurs personnages et, plus largement, par l’ambiance qui règne au sein de cette petite entreprise. Que ce soit Hokuto Matsumura ou Mone Kamishiraishi, tous deux tiennent de très jolis personnages que je ne demandais qu’à aimer, mais bon…

Ainsi, je ressors de cette projection franchement partagé. « Jusqu’à l’aube » demeure un beau film dans le fond, un film intéressant de par ses sujets et ses personnages, mais devant eux il y a cette mise en scène trop étalée et cet ennui qui s’installe. Deux heures de film ici, c’est très long. Le film traîne de la trame, dilue ses enjeux, et au fur et à mesure, il m’a fait complètement décrocher, et ça, c’est très triste. Dommage.
Note : 10/20
Par Cinéted
