
De : Joséphine Japy
Avec Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Sarah Pachoud, Angelina Woreth
Année : 2025
Pays : France
Genre : Drame
Résumé :
Qui Brille au Combat est le sens étymologique du prénom Bertille, la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier, atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. La famille vit dans un équilibre fragile autour de cet enfant qui accapare les efforts et pensées de chacun, et qui pourrait perdre la vie à tout moment. Chacun se construit, vit comme il peut avec les exigences de ce rythme et les incertitudes qui l’accompagnent. Les parents, Madeleine et Gilles, la sœur aînée, Marion. Quel quotidien et quels avenirs pour une mère, un père, un couple, une adolescente que la responsabilité de sa cadette a rendu trop vite adulte ? Lorsqu’un nouveau diagnostic est posé, les cartes sont rebattues et un nouvel horizon se dessine…
Avis :
Joséphine Japy est une actrice française qui s’est faite une jolie place dans le paysage du cinéma français. Dominik Moll, Florent-Emilio Siri, Hugo Gélin, Sébastien Marnier, ou encore Mélanie Laurent ont fait appel à elle. D’ailleurs, ce film marque leurs retrouvailles, onze ans après le magnifique « Respire« , qui était le deuxième long-métrage de Mélanie Laurent en tant que réalisatrice. « Qui brille au combat » est un film très personnel pour Joséphine Japy, puisqu’en plus de marquer la première réalisation de l’actrice, l’histoire qu’elle nous raconte est on ne peut plus intime. C’est en partie celle de sa famille. Bien entendu, ce ne sont pas les mêmes noms, il y a de la fiction, mais sur le fond, Joséphine Japy raconte surtout le combat et le quotidien de sa sœur, et ce qu’elle a vécu.

« Qui brille au combat » est donc un film aussi dur qu’il est magnifique. Un film qui met en lumière des combats du quotidien. Malgré les difficultés, la vie transformée, jamais Joséphine Japy ne tombe dans le pathos ou la sensiblerie. Non, elle fait exister ses personnages, elle nous touche par leur simplicité et surtout, au milieu de toute cette noirceur, cette douleur, ce drame, elle livre un film lumineux, qui nous dit de profiter malgré tout. Et c’est ça qui est le plus touchant.
« »Qui brille au combat » est un film quasi autobiographique pour Joséphine Japy«
Bertille a quinze ans et elle est atteinte d’un syndrome dégénératif. Le diagnostic est incertain et la famille doit composer avec. L’équilibre est fragile et, de manière générale, toute la vie de la famille Roussier tourne autour de Bertille. Le quotidien est compliqué et en même temps, il est plein de lumière, de moments plus doux que d’autres. Et derrière tout ça, il y a l’amour. L’amour des siens, l’amour pour cette sœur pas comme les autres, mais qu’il est hors de question de laisser tomber.
Sensible et émouvant, voilà les premiers mots qui me viennent en pensant à cette première séance de cinéma de 2026. Comme je le disais, « Qui brille au combat » est un film quasi autobiographique pour Joséphine Japy, qui décide de mettre en lumière le quotidien d’une famille face au handicap. Ici, la réalisatrice sait de quoi elle parle. Elle sait comment mettre en avant ces situations, ces gestes, ces petits riens qui font tout. Puis il y a les regards. Ceux des autres. Des regards qui jugent en silence, qui sont dérangés. Des regards qui font mal, qu’on accepte ou non.
Puis, plus loin encore, il y a la fatigue. La fatigue que cette vie peut générer. La fatigue d’une bataille au quotidien. Une bataille qui ne s’arrête jamais. Une bataille qui demande de l’abnégation et beaucoup d’amour. Et au milieu de tout ça, il y a la vie, qui ne doit pas être oubliée. La vie de couple. La peur de se perdre face à l’immensité du défi. L’adolescence, avec le personnage de la sœur aînée. Bref, le scénario de « Qui brille au combat » est sublime, très touchant, tout en pudeur. L’écriture de Joséphine Japy arrive à entrer au cœur de son sujet. Elle va au plus près, sans jamais tomber dans le voyeurisme, le misérabilisme ou la sensiblerie.
« Mélanie Laurent est au-delà du sublime »
La seule petite ombre dans ce joli décor, c’est lorsque le scénario quitte le cocon familial pour s’aventurer dans la vie de la sœur aînée. Si l’ensemble reste plein de sensibilité, l’idée de la faire évoluer avec un homme toxique ajoute une lourdeur inutile. Le film n’avait pas besoin de ça pour exister et pour être aussi beau. De ce côté-là, cette ligne donne la sensation d’être là parce que c’est un sujet “qu’il faut” aborder. Même si c’est bien mis en scène, cela a du mal à s’intégrer pleinement au reste. Comme si, l’espace de quelques scènes, « Qui brille au combat » s’égarait. Et c’est dommage.
Heureusement, cela ne reste qu’une ombre dans ce décor magnifique, dans cette histoire bouleversante, portée par des actrices et un acteur éblouissants de vérité. Mélanie Laurent est au-delà du sublime dans la peau de cette mère qui s’accroche, qui cherche, qui n’abandonne jamais. Il est difficile de ne pas être touché par le couple qu’elle forme avec Pierre-Yves Cardinal, dont c’est ici l’un des premiers grands rôles chez nous.
Évidemment, Angelina Woreth touche, comme toujours, et s’impose comme l’une des actrices à suivre. Mais la véritable révélation du film, c’est Sarah Pachoud, qui tient le rôle difficile de Bertille. D’ailleurs, elle porte le même prénom que la sœur de Joséphine Japy, et ce titre si particulier, « Qui brille au combat« , est la signification même du prénom. L’actrice est tout simplement extraordinaire. Elle fait éclater toute la vérité, la douleur, mais aussi le monde intérieur de cette jeune fille. Impossible de ne pas être ému et bluffé par elle.

Au bout de tout cela, on découvre les premiers pas d’une jeune réalisatrice qui sait exactement de quoi elle parle et comment en parler. Certes, à un moment, l’intrigue s’égare légèrement, mais cela ne reste qu’une petite ombre dans un film ô combien riche en nuances, en émotions et en très beaux personnages. En regardant la programmation, j’ai envie de dire que je n’aurais pas pu mieux commencer 2026.
Note : 16/20
Par Cinéted
