
Titre Original : Final Destination
De : James Wong
Avec Devon Sawa, Ali Larter, Kerr Smith, Kristen Cloke
Année : 2000
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
Pour le petit groupe d’étudiants, le voyage à Paris s’annonçait bien. Mais peu avant le décollage de leur avion, Alex a soudain une vision fulgurante : l’appareil va exploser en vol. Parce qu’il va tenter d’alerter les passagers, il sera expulsé de l’avion avec cinq de ses camarades et son professeur. Lorsque, quelques minutes plus tard, l’appareil explose, ils seront les seuls survivants… Pour Alex, ce don de voyance qui lui a sauvé la vie est aussi une malédiction. Comment expliquer ses visions ? D’où lui vient ce fascinant pouvoir ?
Avis :
Il est souvent compliqué de revenir sur des films qui ont marqué notre jeunesse ou notre adolescence. Les souvenirs sont parfois trompeurs, mais en grandissant, nos goûts changent, notre maturité évolue, et forcément, les films que l’on adorait peuvent avoir pris un coup d vieux. Il en va de même avec les films concepts, ceux qui ont une idée novatrice à l’époque, et qui va être exploitée par la suite jusqu’à la lie. L’exemple le plus probant demeure Destination Finale. Sorti en 2000, le premier volet a marqué les esprits, car en plein boom des slashers, le scénario proposait un nouveau tuer, la mort elle-même. Véritable phénomène à sa sortie, gros succès au box-office, le film va lancer une franchise lucrative qui va faire les beaux jours des amateurs d’horreur. Seulement, que vaut ce premier film plus de vingt ans plus tard ?

L’introduction est plutôt maline, car elle nous plonge directement au sein d’une famille américaine, où un jeune homme s’apprête à partir avec sa classe à Paris. La présentation est fugace, mais elle montre une personne normale, un peu inquiète de prendre l’avion, avec des parents aimants, qui rentrent dans les codes du genre, avec une mère soucieuse et un père détaché. Par la suite, le film nous présente un peu toute la classe, avec des points d’appui sur ceux qui auront une importance par la suite. Là encore, les codes sont respectés, avec tous les clichés du genre, allant du couple un peu trop tactile au débile de service. Jusque-là, on reste en terrain connu, et la mise en scène de James Wong n’a rien de particulier. Mais la scène de l’accident va surprendre, surtout sa résolution qui, pour l’époque, était novatrice.
« la mise en scène de James Wong n’a rien de particulier »
Après cette séquence qui se veut choquante, mais qui demeure très gentille au niveau des effets gores, on revient en arrière, et on voit que ce n’était qu’une vision de la part du protagoniste principal. Si aujourd’hui, ce passage est connu de tous, il reste intéressant de par son efficacité, et sa faculté à jouer avec les codes du genre, surtout au niveau des personnages. Et assez rapidement, le concept se met en branle. Le film se divise alors en deux chemins distincts : la mort qui va tuer ceux qui auraient dû périr dans l’avion, et l’enquête menée par le héros qui essaye de savoir qui sera la prochaine victime. Ainsi donc, on navigue entre scènes angoissantes de mise à mort, et recherches pour savoir qui sera la prochaine cible. Rien de bien neuf, mais une belle efficacité dans la démarche.
Cependant, l’effet de surprise n’est plus, et cela gâche un peu le plaisir, et tout le concept. Si on n’a jamais le film, on connait tous l’idée derrière la franchise, et ça reste assez basique. De plus, si on est rompu au genre horrifique, on reste aussi sur quelque chose d’assez simple, voire même de gentillet. Les effets gores sont quasiment absents. Il n’y a rien de très sulfureux, et on sent qu’on reste dans un film d’horreur qui se freine pour être quasiment « tout public ». Alors certes, certaines mises à mort sont originales, encore aujourd’hui, comme la première victime qui meurt dans sa baignoire, mais il manque une vraie ambiance pour emballer le tout. On est sur un slasher qui se repose trop sur son idée de base, et qui en oublie de créer une atmosphère un peu plus sombre.
« Devon Sawa est très bon dans ce rôle »
Et c’est un peu pareil en ce qui concerne la partie « enquête ». Le héros trouve rapidement des éléments de réponse. Il va bien évidemment se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment, histoire de passer pour un criminel. Et les choses vont trop vite pour que l’on se sente inclus dans ses recherches. Devon Sawa est très bon dans ce rôle, mais il reste un personnage un peu bêbête qui se retrouve dans cette situation bien malgré lui. Puis le côté ésotérique n’est pas assez poussé. La visite dans la morgue aurait pu être un pivot dans le scénario, avec en prime un Tony Todd charismatique, mais cette scène ne sert à rien, sinon à promettre peut-être une suite qui exploiterait pleinement ce potentiel. C’est la même chose avec la fin qui ouvre clairement les portes d’une suite, nous laissant sur notre faim.

Au final, Destination Finale est un film qui se repose énormément sur son concept, original pour l’époque, mais qui ne marche malheureusement plus trop aujourd’hui. Ou tout du moins, l’effet de surprise n’est plus et cela n’arrange pas les souvenirs que l’on avait du long-métrage. Il reste néanmoins un slasher agréable, avec des personnages sympathiques et un rythme plaisant qui ne faiblit que très rarement. De plus, il faut aussi se rappeler que ce n’est pas le meilleur de la franchise, et qu’il a permis de lancer une saga horrifique lucrative, certes inégale, mais plutôt plaisante dans son ensemble.
Note : 14/20
Par AqME
