octobre 18, 2021

Jackie

De : Pablo Larrain

Avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwing, Billy Crudup

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

Avis:

Alors que son film sur Pablo Neruda, sorti en début d’année, se trouve toujours distribué dans près de deux cent salles, le chilien le plus intéressant de ces dernières années nous revient avec son premier film américain.

Ce film, c’est « Jackie« , un film qui se consacre à la mort de John F. Kennedy, trente cinquième Président des États-Unis, assassiné le 22 Novembre 1963, et plus précisément sur son épouse qui, quelques semaines après les faits, donne une interview au sujet du drame et de ses ressentis.

Alors que beaucoup se plaignent de trouver un film fort ennuyant, « Jackie » fut une très belle surprise. Dans un style proche du documentaire, Pablo Larraín nous livre un film fort, intense, complexe, qui met en images la personnalité superbe de Jackie Kennedy. Une Jackie Kennedy incarnée par une Natalie Portman qui mérite tout à fait sa nomination aux prochains Oscars.

Il y a quelques jours, l’Amérique vient de perdre son Président John F. Kennedy assassiné à Dallas. La veuve Kennedy, qui a tout fait pour offrir des funérailles inoubliables à l’homme de sa vie, reçoit un journaliste pour une longue interview. Cette interview est l’occasion pour la veuve de revenir sur sa vie à la maison blanche, sur les funérailles et le deuil violent, difficile et complexe auquel elle est confrontée. Cette interview, c’est aussi le moment de revivre les dernières heures et les dernières minutes du couple avant que la balle ne frappe le Président en pleine tête.

Sur un style qui approche le documentaire, plus que la mort de John F. Kennedy, avec « Jackie« , le réalisateur Pablo Larraín dresse ici le fascinant portrait d’une femme complexe aux multiples facettes. Si Jackie Kennedy est une épouse et une mère de famille, elle est aussi une femme en deuil, la première dame des États-Unis et le premier témoin d’un assassinat. Et c’est au gré des confessions intimes de l’ex First Lady que Pablo Larraín construit son film, son intrigue et son portrait.

Si le style lent du film peut agacer et ennuyer, il est pourtant nécessaire à cette relecture intime des faits et du deuil de cette femme. Natalie Portman nous livre ici une prestation remarquable, dans la peau de « Jackie« , car le personnage est plus que « Jackie« , comme elle le fait savoir à l’une de ses assistantes. Femme aussi forte à l’extérieur que détruite à l’intérieur, Natalie Portman bouleverse et fascine en même temps.

Intelligemment construit, on découvre le drame avant, pendant et après, à travers les yeux et les dires de Jackie. Un drame terriblement complexe de par la grandeur de sa démesure. Un drame où le monde entier a les yeux portés dessus et où chaque geste et chaque décision est analysée. Et au milieu du chaos et de politiques qui avancent à tatillons, on trouve une femme digne, qui par amour, mais aussi par égoïsme (les interrogations et les sentiments contraires qu’évoque Jackie à ce sujet sont d’une justesse bouleversante), va réussir ce que beaucoup ne voulaient pas par crainte : des funérailles grandioses.

Ce qui est sublime avec « Jackie« , c’est la plongée et la vision qu’offre le réalisateur des événements. Des événements qui sont fidèlement reconstitués et mis en scène avec beaucoup de pudeur. À aucun moment, Pablo Larraín ne donne dans le larmoyant ou le drame pour faire du drame. Non, il laisse porter son film, au gré de ce que la First Lady veut bien dire à son journaliste, sous couvert de son autorisation, bien entendu.

Pour pousser à l’immersion, Pablo Larraín a choisi une photographie terne qui donne presque l’impression d’avoir des images d’époque. Des images et un éclairage qui sont assez étonnants, car ils arrivent à capter la vie, ne nous offrant pas un film mortifère, alors même que le deuil, la mort et le chagrin parcourent ce film de part en part.

Et finalement, au milieu de tous ces très bons points, la seule petite tache qui vient se glisser ici, c’est peut-être bien la BO, qui parfois se fait bien trop présente, soulignant parfois mal les émotions ou les décisions. Elle se présente un peu comme un pointeur, dans le sens où elle veut indiquer tel ou tel moment, telle ou telle émotion, alors que les images, comme le jeu de Portman, rendent le film déjà si riche que ce n’est pas nécessaire.

« Jackie » est bien loin d’être le film long et ennuyant dont beaucoup lui reprochent d’être. Bien au contraire, totalement immersif, particulièrement intéressant de par son point de vue et la pudeur mélangée au grandiose tragique de « l’évènement », Pablo Larraín nous offre un portrait superbe, poignant, aussi intime qu’il est intense. Et le tout est porté par un casting parfait, porté par une Natalie Portman remarquable qui a toutes ses chances pour une deuxième statuette d’or.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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