
De : Jas Summers
Avec Megalyn Echikunwoke, Mo McRae, Dominic Stephens, Brandon Firla
Année : 2025
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
Un couple au bord du divorce commence à être confronté à des forces surnaturelles qui les obligent à lutter pour leur survie.
Avis :
En règle générale, ce qu’il y a de plus intéressant dans un film d’horreur, c’est sa façon de faire monter la pression, de gérer les effets de peur et d’avoir un contexte réflexif malin. Trop de films d’horreur contemporains se contentent de mettre en avant des effets gores pour faire croire à une quelconque sagacité, et malheureusement, c’est du gros foutage de gueule. Oui, en écrivant ça, on pense immédiatement à la trilogie Terrifier, qui est un immense buzz pour rien. Mais il y a aussi des films d’horreur qui oublient de construire de bons personnages, ou encore qui n’ont pas de fond, qui n’essaye d’analyser la société ou d’autres soucis plus intimistes. Quand Stay déboule sur Disney+, on ne peut que se réjouir de voir un film d’horreur qui promet d’étudier un couple à la dérive, essayant alors de mettre du fond dans une histoire de fantôme.

L’histoire se focalise sur un couple qui semble, au départ très amoureux. Lui tient une salle de sport, et on apprend un peu plus tard que c’est une ancienne star de la MMA qui s’est blessé au genou. Quant à elle, elle écrit une thèse sur le vaudou, et son livre va très bien se vendre. Après un début idyllique, tout en poésie et en noir et blanc, le film prend des couleurs et dérive alors vers des problèmes de couple. Elle sombre dans l’alcool, n’arrive plus à écrire, et doit faire les cartons de la maison, qui est mise en vente. Lorsque lui revient pour lui filer un coup de main, il va se mettre en colère, et tous les sujets sont bons pour se disputer, chacun accusant l’autre d’avoir mis le couple en péril. Bref, c’est du réchauffé, malgré quelques fulgurances fantastiques.
« ça ne prendra jamais vraiment, la faute à deux facteurs importants : les personnages et la mise en scène »
Les choses dérapent lorsque les déménageurs arrivent sur place, mais que le couple ne peut pas sortir de la maison, et que de l’extérieur, on ne les entend pas. Le film prend alors des allures horrifiques avec tous les clichés du genre. La musique qui se met toute seule alors que la platine est cassée, les portes qui claquent, les objets qui bougent tout seul, bref, tous les poncifs sont exploités. Pour nous apporter un petit élément de réflexion, on va nous apprendre que la grand-mère de la jeune femme était d’origine béninoise et qu’elle baignait dans le vaudou, chose qu’elle a transmise à sa petite-fille. On aura alors quelques apparitions dans les miroirs, histoire de donner un aspect historique à la chose. Malheureusement, ça ne prendra jamais vraiment, la faute à deux facteurs importants : les personnages et la mise en scène.
Le film ne durant qu’une heure vingt, le fait qu’il n’y ait pas de personnages secondaires est un plus, permettant alors de mieux travailler le couple. Mais on va vite déchanter. Les effets fantastiques sont là pour faire des flashbacks dans la vie des adultes, l’un revenant sur sa blessure lors d’un combat, et l’autre sur son succès qui lui monte à la tête. On obtient alors des moments de rédemption, de pardon, et on se doute bien que tout est mis en place pour que le couple se rabiboche. Cependant, lui reste un type égoïste qui vit mal l’arrêt de sa carrière de combattant, et elle est aussi égoïste que lui, buvant pour noyer son chagrin et son manque d’idées pour écrire un nouveau best-seller. De ce fait, on ne ressentira aucune empathie pour ces deux personnages, qui évoluent dans des sphères à part.
« L’écriture du scénario est d’une nullité crasse »
Quant à la mise en scène, elle est classique de chez classique. Comme il s’agit plus d’un film d’épouvante que d’horreur, il n’y a pas un seul effet gore, ni même le moindre cadavre à déplorer. Ce n’est pas un mal en soi, encore faut-il savoir gérer les moments de peur. Et là, c’est la douche, c’est très attendu, et il n’y a aucune inventivité. Les flashbacks se veulent stylisés, chacun ayant sa couleur (lui est doré et elle plus dans des teintes bleues), mais ça ralentit le rythme, et ça n’apporte strictement rien à la mise en scène. C’est vraiment mis en place pour tenter de se démarquer, et non pas pour servir l’histoire. Pire, certains moments sont clairement kitchs, avec des effets visuels indignes de 2025. Le coup de la femme qui se rêve en sorcière vaudou et qui tourne sur elle-même, c’est un calvaire.
Mais le pire va venir de la fin du long-métrage, de la véritable raison qui a poussé le couple à se séparer. L’écriture du scénario est d’une nullité crasse. Le twist final met trois plombes à s’installer, c’est lourd, et surtout, ça arrive comme un cheveu sur la soupe. C’est-à-dire que l’on n’a même pas quelques indices qui auraient pu amener à cette piste, montrant alors les faiblesses du scénario. La résolution finale est digne d’un soap mexicain, et cela prête plus à sourire qu’autre chose. Il est difficilement concevable qu’une équipe complète ait pu valider cette conclusion, tant elle est niaise, et saborde tous les effets horrifiques vus précédemment. En l’espace d’une scène, tout le film s’écroule. Et déjà qu’il ne tenait pas sur grand-chose, c’est la catastrophe…

Au final, Stay est un très mauvais film d’horreur, et même un très mauvais film tout court. Son histoire tient sur un timbre-poste, mais ça aurait pu être l’occasion de travailler autour de personnages empathiques, mais ce ne sera même pas le cas. Le film tourne rapidement en rond, use tous les poncifs du genre d’épouvante avec un fantôme, l’aspect vaudou/Bénin n’est jamais vraiment exploré, et pire que tout, le final démembre littéralement tous les éléments construits précédemment. Bref, un film bête comme ses pieds, qui va vite tomber dans les méandres de l’oubli de la plateforme de streaming…
Note : 04/20
Par AqME
