juillet 15, 2024

Chrysilia – Et in Arcadia Ego

Avis :

S’il y a bien un sous-genre du métal dans lequel il est compliqué de percer, c’est le symphonique. Déjà parce qu’il faut une grosse production pour rendre une belle copie, mais il faut aussi trouver une chanteuse lyrique qui vaut la peine de jeter un coup d’oreille. Et puis la scène est trustée par des pointures qui ont du mal à prendre leur retraite, comme Nightwish, Within Temptation et consorts. Fondé en 2015, Chrysilia provient de Grèce, l’un des rares pays européens qui a une scène émergente impressionnante. Signant assez rapidement chez Lion Records, un label islandais, c’est en 2017 que sort leur premier album, Et in Arcadia Ego, qui oscille constamment entre Sympho, Folk et Heavy. Et il est assez surprenant de constater que malgré une toute petite production, le groupe s’en sort avec les honneurs, même si on notera quelques pertes de vitesse.

Dès le premier morceau, le groupe nous met dans une ambiance assez feutrée, mais qui n’oublie pas les guitares et les moments un peu plus brutaux. Avec By the Gates of Ypsus, le groupe grec coche toutes les cases du sympho classique. On a droit à des chœurs féminins, une chanteuse qui possède un bel organe, un pont avec un joli solo de gratte et une ambiance qui fait irrémédiablement penser à quelque chose d’un peu médiéval fantastique. Bref, on est dans quelque chose qui ronronne un peu, mais qui n’a pas peur de faire dans le grandiloquent. La preuve, on a droit à du clavier, des violons, de bons riffs et des chœurs qui viennent donner de l’épaisseur à l’ensemble. Difficile de faire la fine bouche face à tant de maîtrise et d’envie de bien faire, surtout au sein d’un premier effort.

De plus, le groupe n’a pas peur d’affronter de longues pistes, n’hésitant pas à fournir des plages de plus de six minutes. The Menalon Trail se veut bien plus brut dans sa démarche. Si la violence n’est pas du tout le maître-mot du titre, on navigue tout de même dans quelque chose de plus rugueux au niveau des riffs. Bien entendu, cela est contrebalancé par les nappes de clavier qui viennent adoucir le tout. Cependant, il y a une volonté de mettre en avant les qualités vocales de la chanteuse, et d’offrir quelque chose d’assez grandiloquent. Sans compter sur un refrain qui reste bien en tête. Bref, un excellent morceau, simple et terriblement efficace. Avec Desperate Wings, les choses se corsent un peu. Non pas que le titre soit mauvais, loin de là, mais il rentre dans un carcan doux et soyeux que l’on connait par cœur.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la formation ait choisi ce morceau pour en faire une version orchestrale en bonus de fin. Si c’est bien fichu et que l’on a envie d’écouter le titre jusqu’au bout, il ne sort pas vraiment de la masse que l’on peut trouver ailleurs. Il manque à ce titre une identité propre et une envie de sortir de sa zone de confort. Chose que l’on trouvera plutôt avec Arcadia, qui se permet le luxe de faire une petite introduction narrative avant de lâcher les riffs et de fournir un bon morceau de métal symphonique. Le duo vocal, entre la femme et l’homme, est plutôt sympathique, mais c’est surtout la mélodie qui reste bien en tête. Malheureusement, cette fulgurance ne va pas survivre longtemps, car Et in Arcadia Ego, ainsi que Chrysilia ne vont pas forcément tenir la route et la cadence.

En effet, le premier titre est entièrement instrumental et il dure trois plombes. Le groupe veut montrer ses capacités techniques en offrant quelque chose de très orchestral et cinégique, mais cela ne marche pas vraiment. On reste dans quelque chose d’assez basique et qui nous sort un peu de l’album. Quant à Chrysilia, on est sur quelque chose qui chante, mais c’est trop doux pour vraiment marquer et convaincre. Et après ces deux titres, le groupe a du mal à redémarrer. Altar of Silence se veut plus percutant, plus virulent, surtout dans les riffs, mais il peine à sortir du lot. Quant à King of a Stellar War, il est très redondant et n’arrive jamais à passionner. Reste The Fifth Season qui clôture l’album de façon lyrique, mais assez ennuyeuse aussi…

Au final, Et in Arcadia Ego, le premier album de Chrysilia, n’est pas un mauvais album, au contraire même. Il s’agit d’un effort plaisant et maîtrisé, mais auquel il manque des moments plus marquants et plus puissants. Sans tomber non plus dans la surenchère de mielleux, le groupe grec n’arrive pas à trouver un juste équilibre entre lyrisme et puissance, n’arrivant jamais à remonter la pente avec son ventre mou de milieu d’album. Bref, un album qui plaira certainement aux fans de métal symphonique.

  • By the Gates of Ypsus
  • The Menalon Trail
  • Desperate Wings
  • Arcadia
  • Et in Arcadia Ego
  • Chrysilia
  • Altar of Silence
  • King of a Stellar War
  • The Fifth Season
  • Desperate Wings (Orchestral Version)

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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