juillet 15, 2024

La Malédiction de la Pyramide – Nanar au Soleil

Titre Original : Prisoners of the Sun

De : Roger Christian

Avec John Rhys-Davies, David Charvet, Carmen Chaplin, Emily Holmes

Année : 2013

Pays : Etats-Unis, Allemagne

Genre : Aventure

Résumé :

Une équipe, regroupant des chercheurs du monde entier, se rendent en Egypte afin de faire des fouilles autour des pyramides. Sur place, ils découvrent une cité perdue, ensevelie sous les pierres. Ils réveillent alors par mégarde des dieux anciens qui déclenchent alors un processus menant le monde à sa fin… Le groupe va mettre tout en œuvre pour empêcher l’apocalypse.

Avis :

Au cinéma, comme en littérature, l’Égypte est la terre de dépaysement par excellence. Au-delà de la culture moyen-orientale, son histoire antique suffit à évoquer l’époque des pharaons dans l’imaginaire collectif. Dans des registres variés, on dénombre plusieurs productions qui y ont pris place. C’est le cas, entre autres, de Mort sur le Nil, Les Dix commandements ou Agora. En matière de films d’aventures, on retrouve aussi Les Aventuriers de l’Arche perdue et La Momie, pour ne citer que les exemples les plus connus (et représentatifs). Le cadre fait également l’objet de différents projets télévisuels, comme La Malédiction du pharaon ou Le Septième papyrus.

Avec La Malédiction de la pyramide, on tient une production qui s’inscrit dans les itérations DTV bon marché. Paresseux d’un point de vue scénaristique, le métrage de Roger Christian se contente de ressasser les poncifs et clichés propres aux thématiques de circonstances. En premier lieu, on assiste à des fouilles qui ont peu ou prou à voir avec les recherches évoquées en amont, même si le site archéologique se situe au pied d’une pyramide ensevelie. Le prétexte est grossier, mais cela n’est rien en comparaison du traitement mythologique alloué au sujet principal. Le propos s’arroge les grandes lignes de la théorie des anciens astronautes, sans pour autant maîtriser les tenants ou les idées avancées.

« Chaque situation est l’occasion de constater les limites et l’imbécillité intrinsèque de l’histoire. »

Au-delà de cet aspect farfelu qui confère au grand-guignolesque, l’aventure tourne court pour se focaliser vers un huis clos au sein de ladite pyramide. Budget malingre oblige, l’intrigue s’enlise dans un parcours linéaire semé de pièges prévisibles entre deux recoins obscurs. Soit dit en passant, les « experts » multiplient les maladresses et les comportements stupides. On songe à cette statuette sur son socle, l’attaque des frelons ou à ces momies ressuscitées. Chaque situation est l’occasion de constater les limites et l’imbécillité intrinsèque de l’histoire. Preuve en est avec ce rôle de gardien qui se cantonne à une figure défraîchie menaçante ou la nature de la structure pyramidale.

En cela, la mise en scène ne brille guère par sa propension à s’adapter à l’environnement. Sur les plans horizontaux et verticaux, la gestion des espaces est mal optimisée, voire incohérente à de nombreuses reprises. À aucun moment, le caractère aléatoire des angles de caméra n’est capable de suggérer l’exiguïté des lieux ou, a contrario, la vastitude de certaines salles. Quelle que soit la situation, il faut se contenter des mêmes perspectives ; qu’il s’agisse de corridors ou de pièces. Cela sans compter sur une photographie exécrable et un éclairage pénible à contempler. Et cela ne concerne pas uniquement l’intérieur de la pyramide, mais aussi les environnements extérieurs.

« On fera l’impasse sur la prestation transparente de David Charvet. »

Afin de compléter le tableau, la caractérisation se veut autant caricaturale qu’improbable. On fera l’impasse sur la prestation transparente de David Charvet, héros stéréotypé au possible. Carmen Chaplin, sa comparse, n’est pas en reste avec des répliques d’une inutilité sans borne. Pour donner le change, John Rhys-Davies joue un antagoniste illuminé et obnubilé par la toute-puissance que le peuple des étoiles est censé lui conférer à sa libération. Mention spéciale au dénouement qui fait office de pétard mouillé où les enjeux aboutissent à une ultime révélation expédiée dans l’indifférence ambiante. Entre deux discours mégalomaniaques, des effets spéciaux misérables et une sortie de la pyramide au petit trot, il est aisé de distinguer le désintérêt général.

Au final, La Malédiction de la pyramide est un piètre téléfilm d’aventures, autant dans ce qu’il entreprend que dans ce qu’il évoque. Perclus de caricatures en tout genre, le métrage de Roger Christian enchaîne les tares et les clichés à tous les niveaux. Cela tient à un récit saugrenu et cousu de fils blancs, des personnages agaçants et une réalisation impavide. Il est aussi à déplorer un cadre mal exploité où l’exercice du huis clos ne présente aucun intérêt, ne serait-ce qu’à travers la dangerosité latente d’une structure séculaire. Il en ressort un divertissement médiocre et prévisible où les mystères et la mythologie de l’Égypte antique sont malmenés au possible.

Note : 06/20

Par Dante

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