juin 24, 2024

Challengers – Balle de Match

De : Luca Guadagnino

Avec Zendaya, Josh O’Connor, Mike Faist, Naheem Garcia

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Durant leurs études, Patrick et Art, tombent amoureux de Tashi. À la fois amis, amants et rivaux, ils voient tous les trois leurs chemins se recroiser des années plus tard. Leur passé et leur présent s’entrechoquent et des tensions jusque-là inavouées refont surface.

Avis :

Réalisateur italien, Luca Guadagnino a débuté sa carrière dans les années 90 et il s’est taillé, petit à petit, une bien belle réputation. S’il oscille entre l’Italie et les Etats-Unis, c’est presque vingt ans après son premier long-métrage que le metteur en scène « explose » avec « Call Me By Your Name« , film qui révèle par la même occasion un certain Timothée Chalamet. Entre scénarios originaux ou remakes de films cultes comme « A Bigger Splash« , qui est un remake de « La piscine« , ou « Suspiria« , qui est bien sûr un remake du film de Dario Argento, Luca Guadagnino est un cinéaste qui ose plein de choses et fait des propositions de cinéma intéressantes.

Aujourd’hui, après une histoire d’amour sur fond de cannibalisme, Luca Guadagnino revient avec un film autour du tennis, et plus largement avec une histoire qui flirte entre l’amour, l’amitié et la rivalité. Si au départ, « Challengers » devait sortir sur Amazon Prime chez nous, on remerciera ceux qui ont pris la décision de lui offrir une sortie salle, car ce « Challengers » est un excellent film. Un film où Luca Guadagnino filme aussi bien le tennis que ce triangle amoureux, ou encore cette histoire de rivalité avec une tension folle, au point qu’on en retient son souffle lors des dernières minutes, qui sont extraordinaires. Bref, jamais je n’aurais cru qu’un film sur le tennis puisse me tenir comme celui-là.

«  »Challengers » est un combat de coqs. »

Patrick et Art sont deux joueurs de tennis qui se sont rencontrés lorsqu’ils étaient enfant. Tous deux sont promis à un bel avenir dans le tennis. Un jour, ils font la connaissance de Tashi Duncun, une jeune femme de leur âge, qui est l’un des très grands espoirs du tennis américain. Tous deux en tombent amoureux, et après une soirée quelque peu arrosée et érotique, un match qui les oppose le lendemain va définir une grande partie de leur vie.

Neuvième film de Luca Guadagnino, « Challengers » est un long-métrage qui est purement et simplement grisant. Une sorte de triangle amoureux plein d’érotisme, de pression, de manipulations, de sentiments (contraires ou non), d’allers-retours dans le passé pour mieux nous entraîner vers une balle de match, où tout se joue de manière magistrale.

Si l’on regarde bien ce que Luca Guadagnino nous raconte, en un sens, « Challengers » est très simple, puisque c’est l’histoire de deux potes qui vont se disputer la même fille, et qui petit à petit, par la force des choses, vont entrer en compétition. Pour caricaturer, on peut dire que « Challengers » est un combat de coqs. Mais ça, c’est juste sur le papier, car le film de Guadagnino est bien plus que cela. « Challengers » est un film qui tient tout d’abord un scénario très bien foutu, qui arrive à parfaitement tenir tout ce qu’il raconte. Si on peut se sentir perdu, avec tous les flashbacks que le film propose, revenant sur treize ans d’histoire qui n’auront qu’un but, entraîner nos personnages vers ce moment, où l’espace de quelques minutes, ils vont vraiment jouer au tennis.

« Le tout est pratiquement filmé comme un thriller. »

Toujours avec ce scénario, « Challengers » multiplie les genres, passant de la comédie romantique au drame sportif, et le tout est pratiquement filmé comme un thriller. Un thriller qui ne fait que se tendre au fur et à mesure que le film avance vers son final, où d’un coup, il devient bien impossible d’en prévoir l’issue finale. D’ailleurs, cette dernière est extrêmement bien foutue.

Plus haut, j’utilisais le mot grisant, et c’est bien ce que le film est avec tous les choix de son réalisateur. On pourrait même pousser plus loin, en disant que le film est jouissif dans ce qu’il propose. Luca Guadagnino revisite le mythique combat de la blonde et la brune qui se « fightent » pour un gars, sauf que là, le réalisateur inverse les rôles, ce qui change de ce que l’on a l’habitude de suivre, et avec ce combat de coqs plein de charme, ça émoustille. D’autant plus que le film s’aventure parfois vers un érotisme qu’on n’avait pas vu venir, et là encore, ça nous bouscule un peu. Certains n’aimeront pas, le film divisera, mais il propose quelque chose, il y a une vraie démarche de cinéma, et pour ma part, j’ai totalement été entraîné dans cette histoire qui n’aura fait que piquer à vif mon intérêt.

«  »Challengers » est un film qui déborde de cinéma. »

Un intérêt qui est décuplé avec la mise en scène hyper entrainante de son réalisateur. « Challengers » est un film qui déborde de cinéma, que ce soit dans son montage, dans ses plans-séquence, dans sa folle BO qui déstabilise un max, Luca Guadagnino ayant fait appel au duo Trent Reznor et Atticus Ross, pour une rave party qui dynamite le film, ou qui l’assombrit, et ça fonctionne. Et le plus fou au milieu de tout cela, ce sont les émotions diverses et variées qui se bousculent au portillon, pour suivre cette histoire qui est, comme je le disais, simple en surface, et pas tant que cela finalement, avec tout ce que Luca Guadagnino injecte dans son film.

Enfin, il est difficile de passer à côté de ce trio d’acteurs qui font tout le film. Si Zendaya est excellente dans la peau de cette tenniswoman qui perd très vite sa gloire promise, « Challengers« , c’est surtout un combat génial et terrible entre Josh O’Connor et Mike Faist. Le feu et la glace, c’est comme ça qu’ils sont surnommés dans cette histoire, et ils sont bien la métaphore de cela, s’opposant et se complétant en permanence.

Vous l’aurez compris, « Challengers » se pose comme l’un des coups de cœur de ce mois d’Avril 2024. Luca Guadagnino livre un film grisant et exaltant, dont j’ai savouré chacune de ses minutes. Percutant dans sa mise en scène, osé dans sa BO, et romanesquement érotique et sombre dans son histoire, qui s’aventure autant du côté du triangle amoureux, que dans le film d’amitié et de rivalité, avec « Challengers« , le metteur en scène italien réussit tout ce qu’il entreprend et voir un tel film fait du bien. Bref, j’y reviens, mais jamais je n’aurais cru qu’un film avec le tennis en toile de fond arrive autant à me tenir !

Note : 18/20

Par Cinéted

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