mai 26, 2024

Voyager – Colours in the Sun

Avis :

Quand on évoque le métal australien, on pense immédiatement au Hard Rock d’AC/DC, souvent affilié à la scène métal, mais aussi au Metalcore, avec des groupes qui commencent à faire beaucoup de bruit, à l’instar de Parkway Drive. Cependant, il existe aussi une scène Prog très intéressante et relativement diversifiée. Si Teramaze fut une superbe découverte, avec de longs morceaux ultra travaillés, empruntant aussi au Djent, cette fois-ci, c’est Voyager qui retient notre attention. Lorgnant aussi vers le Progressif, les australiens vont tout de même être bien plus accessibles que leur homologue, de par leurs morceaux plus courts, mais aussi par une sorte de « jovialité » qui s’échappe de leur musique, ou tout du moins de cet album qui nous préoccupe entre ces lignes, Colours in the Sun, septième effort et première fois chez le label Season of Mist.

On le sait, chez Season of Mist, on est plus sur du Black et du bourrin que sur du coloré, et pourtant, Voyager va être l’exception qui confirme la règle. Colours in the Sun est un excellent skeud, qui baigne dans une atmosphère chatoyante et qui offre des titres très intéressants, car ils ont toujours plusieurs niveaux de lecture. Par exemple, le premier morceau, Colours, peut évoquer Fear Factory dans son démarrage, avec un refrain très marqué, puis par la suite, on aura quelque chose de plus doux, mais qui va de temps en temps nous envoyer de belles saillies nerveuses, avec de gros riffs. Si c’est surprenant au début, on va vite se rendre compte que c’est fait avec pertinence, et qu’on a vite envie de headbanger en rythme. Severomance sera un peu plus doux, mais il va développer une rythmique qui augmente petit à petit.

De ce fait, le groupe surprend de par la qualité de ses compositions, mais aussi de par leur accessibilité. Il y a beaucoup de variations, de jeux de textures, et aucun titre n’est linéaire. Brightstar en est un exemple flagrant, puisqu’il commence comme un titre Pop avant d’aller chercher de belles ressources ailleurs, et de bien nous rentrer dans la tête. On se surprendra à chanter au bout de seulement deux écoutes, et même si le clavier donne quelque chose d’assez popisant, les riffs de grattes viennent toujours chatouiller l’ensemble pour devenir plus épais, plus rugueux. Saccharine Dream laisse présager qu’il sera fait dans le même moule, mais le groupe arrive encore à surprendre, avec des éléments Djent et une rythmique plus saccadée, plus scandée, qui fonctionne à plein régime. Bref, encore une fois, le groupe surprend par ses variations et ses choix judicieux pour avoir sa propre identité.

Et il n’en fallait pas plus pour inviter Einar Solberg, le chanteur de Leprous, sur le morceau suivant, Entropy. Le titre est nerveux, mais il joue très bien avec des éléments Métal et des coups de reins qui évoquent le Jazz. Le spectre du groupe norvégien n’est jamais loin, et c’est une vraie tuerie. Avec Reconnected, le synthé du début laisse alors libre cours à des riffs ultra rapides et nerveux, qui défoncent tout sur leur passage. Il s’agit du titre le plus Heavy de l’album, et on va se surprendre à vouloir sauter de partout, même si, parfois, on a l’impression d’entendre du Muse, c’est sous stéroïdes, et ça fait plaisir. On aura même droit à un petit growl pour marquer les ruptures entre couplets et refrains. Puis, histoire de calmer l’ensemble, on a droit à un interlude apaisé, Now or Never, et cela permet de souffler un peu.

Sign of the Times sera un peu moins marquant que les autres titres de l’album. On reste sur un morceau bien fichu, assez nerveux, mais qui manque d’originalité, ou tout du moins d’une technique plus fine. Le groupe se repose un peu sur ses lauriers avec cette piste. Mais Water Over the Bridge va remettre les pendules à l’heure, avec une introduction massive et des grattes qui sont faites pour déchaîner les foules. Voyager revient avec un morceau plus lourd qu’à l’accoutumée et ça fait plaisir. Enfin, Runaway vient conclure l’album d’une belle façon, jouant constamment avec ce qui fait l’identité du groupe. Le clavier est présent et aérien, le chant est maîtrisé à la perfection et le côté éthéré/électro est constamment contrebalancé par des guitares qui prennent de plus en plus de place. Bref, les australiens terminent leur album sur un bon goût de reviens-y.

Au final, Colours in the Sun, le septième album de Voyager, est une très belle réussite, et une surprise dans le catalogue de Season of Mist. A la fois nerveux, coloré, technique tout en étant abordable, on peut aisément dire que les australiens ont vraiment bien réussi leur coup, et cela leur permettra même de se faire remarquer pour participer à l’Eurovision de 2023, et se faire un peu plus de pub. Bref, cet album peut constituer une belle porte d’entrée dans le Prog, pour ensuite aller vers des groupes encore plus techniques.

  • Colours
  • Severomance
  • Brightstar
  • Saccharine Dream
  • Entropy feat Einar Solberg
  • Reconnected
  • Now or Never
  • Sign of the Times
  • Water Over the Bridge
  • Runaway

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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