mai 26, 2024

Korpiklaani – Rankarumpu

Avis :

S’il y a bien un groupe qui a su faire son trou dans le domaine du Folk Métal, c’est bien Korpiklaani. Les finlandais exercent ce style depuis le début des années 2000, et ils offrent constamment des galettes festives qui donnent autant envie de se dévisser la nuque que de faire quelques pas de danse sur une table, un pichet de cervoise à la main. Cependant, on retrouve quelques fautes de parcours pour les fans de la première heure, notamment avec l’album Kulkija sorti en 2018, qui était plus Folk, plus doux, et de ce fait, moins rugueux. Depuis, le groupe s’est rattrapé avec Jylhä sorti en 2021, et presque comme un automate, c’est trois ans plus tard que sort Rankarumpu. Toujours aussi animiste et souhaitant encore mélanger les genres, Korpiklaani délivre un nouvel album qui n’a rien de vraiment nouveau.

En effet, si on doit comparer cet album aux deux précédents, on se retrouve avec le même genre de skeud qu’auparavant. C’est-à-dire que l’on est dans du Folk (c’est ce que l’on est venu chercher), avec du violon, de l’accordéon, de gros riffs saturés, du finnois, un peu de festivités et… un manque cruel de hits en puissance, de morceau qui vient sortir de la masse et s’imprimer dans nos mémoires. Un reproche qui avait déjà été fait sur les deux précédents albums, et avec ce douzième effort studio, on a vraiment la sensation que les finlandais tournent un peu en rond, proposant à chaque fois la même recette, et aussi sympathique qu’elle soit, au bout d’un moment, on a un peu la nausée, ou du moins, on ressent une profonde lassitude à l’écoute. Et pourtant, malgré cela, on ne peut s’empêcher de trouver cela sympathique, ce qui est troublant.

Le skeud débute avec Kotomaa, et on plonge directement dans l’univers festif du groupe. On a droit à de l’accordéon et à une rythmique rapide qui donne vite envie de danser. Cependant, on tombe aussi dans quelque chose de déjà entendu, et on sent que Korpiklaani se repose un peu sur ses lauriers. La chose se confirmera avec Tapa Sen Kun Kerkeet, alors même que la colère pointera le bout de son nez. En effet, le morceau est plus heavy, plus puissant que le précédent, et renoue un peu avec les premiers albums du groupe. Il est même dommage que le titre ne dure pas plus longtemps, ne dépassant pas les trois minutes. Mais on verra que les meilleurs titres, les plus virulents, seront les plus courts. Aita remet l’accordéon sur le devant de la scène et on retrouve des sonorités que l’on connait par cœur.

Comme d’habitude, c’est très sympathique, on retrouve cette ambiance que l’on pourrait avoir dans une taverne (n’oublions pas que le groupe s’est d’abord produit dans des bars et restaurants), mais on est aussi déçu par le manque de prise de risque. Saunaan sera du même acabit, et ce n’est pas son tempo bien plus rapide qui y changera quoi que ce soit. Le groupe ressasse la même recette jusqu’à la lie. Mettään tente de rompre cette monotonie avec une introduction plus percutante à base de riffs lourds, mais le naturel revient vite au galop, et on se retrouve face à quelque chose de calibré et qui ressemble aux morceaux précédents. Il y a clairement un manque d’originalité, même si on trouve cela agréable et sympathique. Et cela se ressent au bout d’un moment avec des titres que l’on oublie assez rapidement à l’image de Kalmisto.

Rankarumpu essaye de se faire plus brutal, mais la redite des instruments folkloriques et le finnois font que l’on a l’impression d’écouter la même tambouille que depuis le début, avec des paroles différentes et quelques gimmicks en plus ou en moins. No Perkele frappe un peu plus, mais reste un morceau qui ne marque pas vraiment, tout comme Viikatelintu qui fait croire à une ballade, avant de très vite dériver vers ce que fait le groupe habituellement, avec guitares saturées et accordéon. Nouse s’avère presque marrant dans son démarrage, mais laisse le groupe dans sa zone de confort, comme les deux derniers morceaux, Oraakkelit et Harhainen Höyhen qui manquent de personnalité, ou tout du moins d’une mélodie qui nous change du reste. Ce constat de facilité est assez triste, car on sait de quoi est capable le groupe…

Au final, Rankarumpu, le dernier album en date de Korpiklaani, peut se voir comme un album assez classique du groupe, qui se contente de faire ce qu’il sait faire, sans jamais y ajouter une once d’innovation. On se retrouve donc face à un effort sympathique, qui ressemble aux finlandais, mais qui manque cruellement de prise de risque, ou d’une envie de bousculer un peu plus les codes du Folk Métal. En bref, un album qui plaira certainement aux fans, mais qui peut décevoir par son aspect « classique » et redondant.

  • Kotomaa
  • Tapa Sen Kun Kerkeet
  • Aita
  • Saunaan
  • Mettään
  • Kalmisto
  • Rankarumpu
  • No Perkele
  • Viikatelintu
  • Nouse
  • Oraakkelit
  • Harhainen Höyhen

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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