avril 17, 2024

Heureux Gagnants – Malheureux Spectateurs?

De : Maxime Govare et Romain Choay

Avec Fabrice Eboué, Audrey Lamy, Anouk Grinberg, Pauline Clément

Année : 2024

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

1 chance sur 19 millions. Plus de probabilité d’être frappé par une météorite que de gagner au loto. Pour nos heureux gagnants, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar, et leur vie va voler en éclat dans un spectaculaire feu d’artifices de comédie noire et de sensations fortes.

Avis :

Dans le nouveau paysage du cinéma français, et plus particulièrement dans la comédie, il y a un nom qui ressort gentiment, celui de Maxime Govare. Co-réalisateur des « … Crevettes pailletées » et de sa suite, co-réalisateur de « Toute première fois » ou « Les voies impénétrables« , ou encore réalisateur en solo de « Daddy Cool« , Maxime Govare offre à chaque fois de sympathiques moments de cinéma. Cette fois-ci, il revient encore une fois avec un co-réalisateur, Romain Choay, avec qui il avait déjà travaillé, puisqu’en plus d’être assistant de réalisation, Romain Choay est scénariste, et il a bossé sur les « … Crevettes pailletées« . Ainsi, « Heureux gagnants » est sa première réalisation.

Que feriez-vous si vous remportiez le jackpot à l’Euromillion ? C’est la question que se sont posés Maxime Govare et Romain Choay, et pour illustrer ces réactions et ce qui s’en suit, les deux réalisateurs ont imaginé quatre histoires toutes plus différentes les unes que les autres. Quatre histoires qui vont avoir toutefois un élément, voire un thème en commun, l’argent ne fait pas forcément le bonheur. Vendu par une bande-annonce ultra fun, ce « Heureux gagnants » se pose malheureusement comme une déception. Si l’on aura de quoi s’amuser avec un humour très noir, sur l’ensemble, « Heureux gagnants« , et ses histoires qui s’entremêlent, est très inégal, et surtout, il se fait bien moins fun que ce qu’il nous promettait. On ressort alors de la salle partagé entre des instants qui furent drôles, une réflexion autour de l’argent qui est intéressante, et un film qui, globalement, a du mal à nous entraîner.

« Le film se pose malheureusement comme une déception. »

Gagner à l’Euromillion, c’est une chance sur dix-neuf millions. Ici, plusieurs personnages ont, à des moments différents de leur vie, raflé le pactole, et alors que cette rentrée inattendue et folle devait apporter bonheur, joie, et surtout plus aucun problème, nos heureux gagnants vont découvrir tout autre chose, et parfois bien malgré eux…

Pour son nouveau film, Maxime Govare, allié au scénariste des « … Crevettes pailletées« , a tiré la carte Fabrice Eboué pour un film qui raconte la folie de gagner à l’Euromillion. Ajouter à cela, comme je le disais, une bande-annonce qui ne faisait que vendre du fun, forcément, il ne pouvait en être autrement, cet « Heureux gagnants » devait être la comédie de ce début d’année. Mais voilà, le film se pose malheureusement comme une déception. Alors, on n’est pas face à un film qui est mauvais en soit, on peut même dire qu’il est plaisant à suivre, non, c’est juste que les choix et la direction dans laquelle s’aventure le film sont moins débridés que prévu. Pourtant, ce qui est agaçant, c’est qu’il y a de l’idée, et même beaucoup d’idées au travers des quatre histoires que nous raconte Maxime Govare et Romain Choay.

« Ce film est un accordéon avec ses écarts de rythmes. »

« Heureux gagnants » fait le portrait de plusieurs personnages issus de la classe moyenne basse, qui du jour au lendemain se trouvent multimillionnaire. Avec cette base, on imagine bien les ravages de l’argent, et surtout du trop d’argent d’un coup. Film à sketches, les quatre intrigues choisies nous feront plus ou moins sourire, notamment grâce à un humour noir, très sombre, qui caricature et exacerbe les traits de caractère ou les situations. Avec ça, ces histoires abordent toutes des sujets qui sont intéressants, la famille, le fait d’être fier, l’amour, l’avidité, les arnaques, les pièges, la cruauté, les regrets, ou encore comment l’argent peut pervertir les gens… Bref, il y a de quoi faire.

Parmi ces quatre histoires, celle avec des terroristes qui viennent de gagner est assez tordante. Et lorsqu’on parlera de fun, évidemment, il y a la scène d’ouverture avec un Fabrice Eboué qui a une vingtaine de minutes pour se rendre dans une agence de la française des jeux avant qu’il ne soit trop tard. D’ailleurs, si le sketch est bon, offrant d’emblée le fun qu’on est venu chercher, il abîme aussi l’ensemble du film, qui d’un coup, une fois la première partie de cette histoire racontée, va retomber dans quelque chose qui ne restera qu’amusant. Alors vous me direz, pour de la comédie française, c’est déjà très bien, car bon nombre de comédies qui se veulent tordantes arrivent simplement à se faire lourdes, mais l’écart entre l’histoire de Fabrice Eboué et celle, toute convenue, de Pauline Clément, ça casse la hype, et jamais vraiment le film ne retrouvera le délire du début.

En fait, ce film est un accordéon avec ses écarts de rythmes. Puis, derrière ça, si l’histoire de faire de la comédie noire avec de l’argent est amusante, c’est vrai que le fait de suivre des personnages dont il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, ça peut être agaçant, d’autant plus que les scénarios prennent des décisions qui donnent la sensation de ne pas oser aller plus loin, comme si le film se bridait lui-même. Par exemple, le final du sketch autour d’une malédiction laisse pantois.

« Il faut toutefois laisser à cet « Heureux gagnants » des comédiens qui s’amusent. »

Après, face à cela, il faut toutefois laisser à cet « Heureux gagnants » des comédiens qui s’amusent et qui sont très bien dans leur rôle. Puis le film est bien filmé, même si l’idée de raconter histoire par histoire casse le rythme, car à chaque fois, il faut à nouveau rentrer dans une nouvelle intrigue avec de nouveaux personnages. Mais bon, à sa décharge, il n’est pas sûr que si le film avait fait un montage alternatif, à l’image d’un film choral, ça aurait fonctionné, tant les histoires sont différentes et les personnages n’ont aucun rapport les uns avec les autres.

Ainsi donc, cet « Heureux gagnants » est un petit film aussi amusant qu’il est décevant. S’il se laisse gentiment regarder avec parfois des sourires à la clef, sur l’ensemble, « Heureux gagnants » manque de fun, de punch, de niaque, et malgré de bonnes idées, dont certaines qui auraient pu être incroyables, ce Maxime Govare et Romain Choay ne marquera pas forcément les esprits. Après, comme je le dis souvent avec ce genre de film, il sera toujours temps de les redécouvrir…

Note : 10/20

Par Cinéted

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