avril 17, 2024

Rogue – Lionnes Dans la Brume

De : M.J. Bassett

Avec Megan Fox, Philip Winchester, Greg Kriek, Brandon Auret

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Horreur

Résumé :

Après avoir arraché des prisonniers des mains de leurs ravisseurs, des mercenaires prennent la fuite à travers la savane. Pourchassés par ceux qu’ils viennent d’attaquer, ils vont devoir faire face à un danger tout aussi mortel…

Avis :

La vie de réalisateur (ou plutôt de réalisatrice ici) est un long chemin de croix. Voulant être vétérinaire, M.J. Bassett va devoir renoncer à cause de notes médiocres, et il se lance alors dans la réalisation de courts-métrages et d’émissions pour enfants. Ne lâchant jamais l’affaire, le jeune cinéaste arrive à travailler sur la série britannique Bugs. Quelques temps après, on lui propose de tourner le film d’horreur La Tranchée (avec Jamie Bell et Andy Serkis tout de même) qui aura son petit succès, lui permettant alors d’enchaîner avec Wilderness et un budget plus conséquent. Si les succès sont assez intimes, ils sont suffisamment présents pour que le réalisateur fasse Solomon Kane d’après Robert E. Howard, puis la suite du film Silent Hill de Christophe Gans. Depuis, outre un changement de sexe, M.J. Bassett enchaine les tournages de série télé, puis c’est en 2020 que sort Rogue avec Megan Fox.

Privé de salles pour une sortie en DVD et VOD, Rogue est un mélange de film d’action et d’horreur. On va y suivre Samantha, une cheffe de mercenaires qui a pour mission de récupérer la fille d’un gouverneur, qui a été kidnappée par un gang de terroristes extrémistes. Alors que l’extraction ne se passe pas comme prévu, le groupe de mercenaires trouve refuge dans une ferme, qui était en fait un élevage de lions pour braconniers et riches hommes d’affaires. Et alors que les terroristes se rapprochent du lieu, une autre menace, sous la forme d’une lionne assoiffée de sang, fait son apparition. C’est le pitch de base du film, qui ne sortira jamais de ses rails, pour fournir un pseudo survival, avec des mercenaires qui vont tout faire pour survivre. Point de sujets intéressants donc, et pas même l’ombre d’un intérêt sont à trouver dans ce film.

« On pourrait presque croire à un film de chez Asylum. »

Le début pose les bases de la menace animale. On voit des africains qui s’amusent à tuer ou libérer des lions, jusqu’à ce qu’une lionne s’échappe et décime tout le monde. Si on pourrait croire à quelque chose de nerveux et de bien fichu, le film se tire immédiatement une balle dans le pied avec des CGI dégueulasses qui proviennent d’un autre temps. C’est bien simple, on pourrait presque croire à un film de chez Asylum avec ses monstres en pixels, sauf que là, c’est juste une lionne mal incrustée. D’entrée de jeu, le mal est fait, et il sera difficile d’accorder le moindre crédit au film. Par la suite, on va être aux côtés des mercenaires, qui doivent libérer des filles dans un trafic d’êtres humains. On assistera alors à une longue fusillade, jusqu’à ce que les mercenaires gentils soient acculés et doivent sauter d’une falaise.

N’ayant pas suffisamment à faire avec une lionne, qui arrivera par la suite, et des terroristes, le film propose ensuite un long chemin de croix pour arriver au dernier lieu. Et sur ce chemin, il va y avoir d’autres dangers, comme un gros crocodile par exemple. M.J. Bassett, dans sa générosité folle, n’arrête pas une seule seconde afin de donner du rythme à son récit, masquant presque son manque de fond, mais cela ne va pas durer. En effet, une fois sur place, le film essaye de présenter ses mercenaires, mais ils sont tous écrits à la truelle, à un tel point que l’on ne connait pas leur nom, ou cela n’aura pas d’importance. Ils ne seront que de la piétaille pour la lionne et les terroristes, dans un film qui va devenir une nouvelle longue fusillade sans fin. N’est pas Michael Mann qui veut.

« On est vraiment sur un DTV bas de gamme. »

Le fim essaye alors de temporiser ses séquences. C’est-à-dire que l’on va avoir droit à de l’action avec des fusillades, mais aussi à des phases qui se veulent d’horreur, avec les attaques de la lionne qui apparait et disparait comme un boogeyman. Malheureusement, comme on se fout pas mal de tout ce petit monde, gentils comme méchants, et bien on n’est pas impliqué dans le sort des personnages, et les attaques du félin résonnent comme factices et pas assez rentre-dedans. Le long-métrage manque d’énergie, de mouvements et d’ambiance. On est vraiment sur un DTV bas de gamme qui se concentre sur un lieu, et tente de noyer le poisson avec différents points de vue, mais rien ne fonctionne vraiment. De plus, on nous fout de l’humour alors que les types sont en fin de vie… Tous les clichés du genre sont cochés et rien ne vient sauver le film.

Pas même les effets gores qui sont très mollassons. On a connu M.J. Bassett plus sulfureuse, et là, elle se contente du minimum syndical. Les attaques de la lionne sont à l’image de son incrustation, mal foutues, et seul le sang en pixels semble compter. Si on pourra, à la rigueur, se réjouir d’un effet sanglant à la fin, lors d’un duel avec un coup de machette dans l’épaule, ça reste trop timide pour pleinement convaincre. De même, le scénario tente d’exister à travers non pas des fanatiques religieux, mais des types devenus méchant par appât du gain, mais cette vénalité ne trouve pas écho ailleurs. De même, un encart à la fin veut nous sensibiliser à la traite des animaux sauvages, mais ce n’est pas ce film qui va nous faire prendre conscience de quoi que ce soit…

Au final, Rogue est un mauvais film et fait partie de ces nombreux longs—métrages qui n’arrivent pas à allier l’action à l’horreur. Soit c’est trop « nerveux », soit les effets de peur sont relayés au second plan et ne fonctionne pas dans un contexte guerrier trop pétaradant. M.J. Bassett n’est que l’ombre d’elle-même et démontre avec ce film qu’elle n’a plus trop le mojo pour filmer de l’horreur, ce qui est assez triste. Quant à Megan Fox, aussi jolie soit-elle, elle reste une actrice qui manque de charisme, ou tout du moins semble avoir du mal à trouver un rôle qui lui permette de prouver qu’elle n’est pas qu’un physique.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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