avril 17, 2024

Rebellion – We are the People

Avis :

S’il y a bien un pays qui se démarque du reste avec son Heavy, c’est bien l’Allemagne. On ne compte plus les groupes de Heavy qui sont devenus cultes, et qui, aujourd’hui, entretiennent même des relations assez proches, avec des échanges de membres entre différentes formations. Mais cela entraine aussi des histoires juridiques assez tristes, notamment sur la nomination de certains groupes. Prenons Rebellion comme exemple, groupe teuton formé en 2001 par deux anciens membres de chez Grave Digger, Uwe Lulis et Tomi Göttlich. A la formation dudit groupe, il y a eu litige avec un autre membre de Grave Digger, car Lulis voulait appeler Rebellion, Grave Digger. Pour finalement se rabattre sur Rebellion, en référence à une chanson de Grave Digger. Bref, un beau bordel pour une broutille, puisqu’aujourd’hui, Lulis est chez Accept et plus chez Rebellion

Pour sortir du lot Heavy, il faut avoir des concepts forts, et les membres de Rebellion vont alors faire des albums qui tournent autour des conflits armés, ou qui ont un sujet fort, comme les vikings ou les saxons. We are the People est le neuvième album du groupe et il va évoquer les deux guerres mondiales qui ont ébranlé l’Europe (et le monde, mais visiblement, les allemands parlent surtout du vieux continent). Un concept qui peut faire penser à Sabaton, mais on sera tout de même sur quelque chose de plus fouillé que le groupe suédois, avec des titres plus bordéliques, moins fédérateurs, et qui font appel à une technique un poil plus complexe. L’album débute avec une introduction qui annonce presque toutes les chansons du skeud et évoque aussi bien Verdun que la Shoah, montrant alors toutes ses cartes et les sujets qui seront évoqués.

De ce fait, le véritable premier morceau est Risorgimento (Tear Down the Walls) et il est plutôt solide. C’est puissant, les riffs sont massifs et le chant, plutôt granuleux, presque proche du growl, offre une amplitude étonnante pour du Heavy. Néanmoins, on va se rendre compte d’une chose, la faiblesse de la production. C’est assez étonnant provenant d’un groupe qui a vingt ans d’existence, mais on a l’impression que l’enregistrement a été fait au fin fond d’un garage, et cela dénote clairement, Tout comme le refrain qui est moins mélodieux que les couplets. Bref, cette entrée en matière n’est pas optimale, même si elle annonce un Heavy sévère et grandiloquent. Liberté, Egalité, Fraternité sera du même tonneau, avec la sensation d’un gros fourre-tout dans les riffs, où la mélodie a foutu le camp. Et puis le français des allemands laisse à désirer, avec un accent à couper au couteau.

Sweet Dreams aura sensiblement les mêmes défauts, avec un riff qui ne matche pas avec le chant. Il y a comme un manque de liant et on sent quelques anicroches qui font que l’on décroche assez rapidement. Pire, on a parfois l’impression d’écouter un groupe mineur, qui débute dans le métier. Heureusement, à partir de Vaterland, on va avoir des améliorations qui vont porter leurs fruits. Si la mélodie sera toujours en dents de scie, on aura une structure un peu plus complexe et de bons moments de bravoure. Verdun aura le mérite d’avoir un gros riff qui tâche et qui fonctionne presque comme du Death, notamment lorsque le chanteur pousse un peu plus sur le coté granuleux de sa voix. On reste dans quelque chose d’assez classique, mais ça fonctionne et on sent qu’il y a de la recherche. Même si le groupe peut faire mieux encore.

Ashes to Light va être l’un des meilleurs titres de l’album. Il s’agit-là d’un titre purement Heavy, plus rapide que les autres morceaux, et il démontre tout le savoir-faire du groupe. C’est simple, efficace, et on retrouve le groupe à son meilleur. Gods of War est aussi un titre plaisant, même si d’un point de vue rythmique, il est plus haché. Puis Shoa (It Could Have Been Me) marque un grand coup. Dépassant les sept minutes, le groupe pose une ambiance lugubre et rend hommage aux victimes des barbaries nazies. On se rend alors compte que le groupe n’est que meilleur lorsqu’il travaille ses ambiances et offre des titres plus longs. Ce sera aussi le cas avec World War II qui fait appel à des anciens membres du groupe. All in Ruins sera aussi poignant, et We are the People clôture l’album de façon simple, mais assez grisante.

Au final, We are the People, le dernier album en date de Rebellion, peut se voir comme une semi-déception, la faute à un enregistrement dégueulasse et une reverb insupportable. De plus, les riffs un peu Death dans une rythmique Heavy, ça ne fonctionne pas forcément, et c’est dommage. En l’état, cet effort se fait plaisant après plusieurs écoutes, mais il n’est pas facile d’accès, et surtout, il reste assez anecdotique sur la longueur. Dommage.

  • Voices of War
  • Risorgimento (Tear Down the Walls)
  • Liberté, Egalité, Fraternité
  • Sweet Dreams
  • Vaterland
  • Verdun
  • Ashes to Light
  • Gods of War
  • Shoa (It Could Have Been Me)
  • World War II feat Uwe Lulis & Simone Wenzel
  • All in Ruins
  • We are the People

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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