avril 17, 2024

Madame Web – Toile Sans Fond

De : S.J. Clarkson

Avec Dakota Johnson, Sydney Sweeney, Isabela Merced, Celeste O’Connor

Année : 2024

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Cassandra Web est une ambulancière de Manhattan qui serait capable de voir dans le futur. Forcée de faire face à des révélations sur son passé, elle noue une relation avec trois jeunes femmes destinées à un avenir hors du commun… si toutefois elles parviennent à survivre à un présent mortel.

Avis :

Aujourd’hui, c’est en Angleterre que l’on s’arrête pour s’intéresser à S.J. Clarkson. Réalisatrice, la jeune femme est de celle que l’on peut qualifier de spécialiste de la télévision, puisque ça fait plus d’une vingtaine d’années qu’elle réalise des épisodes de séries. Au départ, elle réalise à domicile, avec des séries comme « Life on Mars » ou « EastEnders« . Puis elle va très largement s’exporter aux Etats-Unis où elle va travailler sur « Dexter« , « Ugly Betty« , « Bates Motel« , « Banshee« , ou encore « Vinyl » et « Orange is the New Black« , pour ne citer qu’elles. En parallèle de cela, en 2010, la cinéaste avait réalisé un téléfilm, « Toast« , qui était arrivé chez nous dans les salles obscures.

Après avoir travaillé sur un spin-off de la série « Game of Thrones » qui fut avorté, voici que S.J. Clarkson se voit embauchée pour réaliser son premier long-métrage de cinéma. Ça sera un film dans l’univers de « Spider-Man », et ça s’appelle « Madame Web« . Tourné avec un budget de quatre-vingts millions de dollars, étant le quatrième film à se voir développer dans l’univers de « Spider-Man » après les deux « Venom » et « Morbius« , « Madame Web » va malheureusement rejoindre dans la déception les films précédents, au point qu’on peut se demander si, un jour, on trouvera un bon film qui se déroulerait dans l’univers de « Spider-Man ». Catastrophique de bout en bout, il y a des films qui sont mauvais, mais qui ont le mérite toutefois d’être intéressant, ou du moins de ne pas convoquer l’ennui, et « Madame Web » ne fera même pas partie de ceux-là, et c’est catastrophé qu’on suit ce produit ni fait, ni à faire.

«  »Madame Web » a cette charmante qualité de faire pire que ce que l’on pouvait s’imaginer. »

Cassandra Web travaille comme urgentiste à Brooklyn. Un jour, en allant sur une intervention, un accident se produit et ce dernier va tout changer pour la jeune femme. Très vite, Cassandra se rend compte qu’elle peut entrevoir l’avenir de quelques minutes, et tout aussi vite, elle va se rendre compte qu’il lui faut venir en aide à trois jeunes filles qui vont bientôt être assassinées par un homme aux étranges pouvoirs.

« – A touché le fond, mais creuse encore !!! ». Cette jolie réplique balancée par Jacques Gamblin dans l’un de mes films préférés, « Le premier jour du reste de ta vie » de Rémi Bezançon, est la première chose qui m’est venue en tête à la découverte de ce « Madame web« . Énième production super héroïque, « Madame Web » a cette charmante qualité de faire pire que ce que l’on pouvait s’imaginer. D’où que l’on tourne notre regard sur le film, il n’y a rien qui va. Que ce soit dans l’écriture, dans son histoire, sa réalisation, dans ses personnages ou ses acteurs et actrices, il n’y a rien qui fonctionne. Comme je le disais, il y a des films qui sont mauvais, mais qui malgré tout, arrivent à se faire divertissant. Ici, c’est mauvais et ennuyant. Ce film arrive avec trente ans de retard, et là encore, aussi bien dans ce qu’il raconte que dans sa façon de faire.

« Le film en lui-même est laid. »

Si l’on se tourne du côté du scénario, les incohérences sont légion. On peut même se demander comment cette histoire-là a pu être validée par autant de personnes, tant ça ne tient pas la route, et derrière ça, c’est mou et c’est inintéressant. L’écriture de cette intrigue passe vraiment au forceps. Tout va trop vite et rien n’est creusé, et bien souvent, au-delà de ça, on ne comprend pas vraiment les personnages, notamment le méchant incarné par Tahar Rahim. Que cherche-t-il ? Pourquoi ? Comment ça marche ? Alors il y a bien une idée de prophétie, mais c’est bien la seule motivation que peut avoir cet « Ezekiel » pour être méchant. Puis en plus de ça, lui et son assistante sont bêtes, tellement bêtes, tout en se donnant de faux airs supérieurs.

 Avec ça, le film nous propose de suivre un personnage qui va s’éveiller et se trouver, mais malheureusement, là encore, ça ne fonctionne pas et surtout, on ne croit pas un seul instant aux décisions que va prendre cette Madame Web. Le coup du taxi, ce n’est pas possible, il va falloir l’année pour s’en remettre ! Comment a-t-on pu laisser passer un truc pareil ?

Ensuite, si l’on tourne notre regard du côté de la mise en scène, il n’y a pas grand-chose à retenir, tant tout est bien trop lisse, et avec ça, le film en lui-même est laid, avec des effets spéciaux qui ont vingt ans de retard, et ça, ça se remarque très vite. On ajoutera que le film est très mou lorsqu’il pourrait être plus dynamique, et là, on pense aux scènes d’action, on en comptera que deux, mal filmées, mal découpées, mal montées, quasi épileptiques avec caméra qui tremble. Ici, aucun sens de l’action est à trouver, aucun suspens, aucune tension, d’où l’ennui qui s’invite tristement.

« Notre pauvre Tahar Rahim, mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? »

Enfin, le dernier regard sera sur ces acteurs et ces actrices. Si le « couple » Dakota Johnson/Adam Scott fonctionne bien, c’est bien tout ce que l’on trouve, car Dakota Johnson, une fois que son personnage développe ses pouvoirs, on n’y croit pas, l’actrice se contentant de jouer celle qui est dépassée par les événements. Avec ça, le film nous rajoute trois personnages d’adolescentes, futures super-héroïnes, qui sont agaçantes et dénuées d’intérêt. Quant à notre pauvre Tahar Rahim, mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? Le mec n’a rien à jouer… On a de la peine pour lui, alors qu’on se fiche royalement du personnage qui, comme je le disais, on ne le comprend pas.

Ainsi, une fois qu’on a fini de faire le tour de ce premier film de S.J. Clarkson, il n’y a rien à en retenir, la réalisatrice arrive à faire plus mauvais que « Morbius« , et son « Madame Web » est une catastrophe de tous les instants, d’où l’idée que ce film a touché le fond dès le départ, mais il n’a fait que creuser le fond au fur et à mesure qu’il essayait péniblement de raconter son histoire. Ce n’est donc pas encore avec ce film qu’on trouvera une histoire et de bons personnages dans l’univers de « Spider-Man ».

Note : 5,5/20

Par Cinéted

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