décembre 10, 2022

Morbius – Les Crocs dans le Fromage

De : Daniel Espinosa

Avec Jared Leto, Matt Smith, Adria Arjona, Jared Harris

Année : 2022

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Gravement atteint d’une rare maladie sanguine, et déterminé à sauver toutes les victimes de cette pathologie, le Dr Morbius tente un pari désespéré. Alors que son expérience semble être un succès, le remède déclenche un effet sinistre. Le bien vaincra-t-il le mal – ou Morbius succombera-t-il à ses nouvelles pulsions ?

Avis :

Troisième film du « Sony’s Spider-Man Universe », pour réaliser « Morbius« , trois cinéastes étaient en lice, Antoine Fuqua, F. Gary Gray et Daniel Espinosa, et c’est ce dernier qui a donc été retenu. Metteur en scène suédois, Daniel Espinosa, après un film de gangster en Suède, s’est installé à Hollywood et il a ainsi passé les années 2010 à réaliser des films américains tous très différents les uns des autres. Il commence avec Denzel Washington et son « Sécurité rapprochée« , puis enchaîne avec Tom Hardy entre autres, pour un film autour de la Seconde Guerre mondiale « Enfant 44« , et enfin, il emmène tout le monde dans l’espace aux côtés de Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds dans « Life : Origine inconnue« .

Toujours sur le sol américain, Daniel Espinosa fait son entrée chez Marvel, via « l’écurie » Sony, pour mettre en scène « Morbius« , un film de super vilain, super gentil. Ce qu’il y a de bien avec le « Sony’s Spider-Man Universe », c’est qu’il reste assez constant avec lui-même, tout en s’améliorant d’un tout petit fil. Après la catastrophe du premier « Venom« , après le Carnage du deuxième, voici que Sony et Marvel nous invitent à découvrir un nouveau protagoniste, et si on est assez loin d’une horreur qu’était « Venom 2« , (il était difficile de faire pire en même temps), avec « Morbius« , ce n’est toujours pas ça, partagé entre une intrigue ridicule, des personnages nazes et un visuel qui en plus de n’avoir aucune personnalité, est bien souvent illisible. Bref, encore une fois, c’est raté !

Michael Morbius est une sommité dans le domaine de la génétique. Morbius, qui est atteint d’une grave maladie du sang, a déjà inventé un faux sang qui a sauvé bien des êtres humains. Mais le Docteur Morbius ne peut pas en rester là, et cherche une solution pour vaincre sa maladie et sauver tous ceux qui en sont atteints. Après, mûre réflexion, et beaucoup d’études, il est alors convaincu qu’un élément dans l’ADN des chauves-souris vampires d’Amérique du sud pourrait faire effet, et c’est le cas après des expériences sur des souris. Le Docteur Morbius va alors essayer sa solution sur lui-même et cette dernière le guérit pendant un temps donné, mais elle déclenche aussi chez lui une furieuse envie de sang humain…

Auréolé d’un bouche-à-oreille catastrophique « Morbius » est un film qui ne sentait pas vraiment bon, et pourtant, malgré ça, j’avais envie de m’y arrêter, ne serait-ce que pour son acteur principal, qui même s’il n’a pas toujours fait de bons choix, demeure un comédien que j’apprécie beaucoup. Malheureusement pour moi, pour lui et pour tout le monde, « Morbius » est bien le film dont j’ai entendu parler.

Mauvais, et même ridicule dans son intrigue clichée au possible, le dernier-né de Sony et Marvel ne laissera aucune trace. Si Daniel Espinosa ne s’est pas enfoncé autant que les deux réalisateurs aux commandes des deux « Venom« , on ne peut pas dire que ce fight de vampires soit terrible. Il est même difficile de savoir par où commencer, tant il y a peu de chose à sauver en réalité de ce film, si ce n’est un Jared Leto plutôt investi dans son personnage (et encore, c’est vraiment à prendre avec des pincettes). Ainsi, bien avant les effets discutables et la mise en scène brouillonne d’Espinosa, la première chose qui frappe chez « Morbius« , c’est son scénario, ou plutôt l’absence totale de celui-ci.

Je n’ai jamais lu un comic qui aborde « Morbius« , malgré tout, ce film, avec le peu qu’il propose, laisse très facilement imaginer ce qu’il aurait pu être avec ce personnage, qui pourrait avoir un grand intérêt avec ce dilemme qui se pose a lui. Puis derrière ça, il y avait aussi une belle matière à offrir un film d’horreur qui aurait pu être terrifiant. Or, il n’en sera rien et Daniel Espinosa, aidé de ses scénaristes et de Sony, nous entraîne dans une histoire de méchant/gentil qui se fighte contre son frère de cœur, qui a décidé d’être plus méchant que lui et ça, c’est intolérable pour le Docteur Morbius. Il en résulte alors un film parfaitement ridicule dans ses enjeux, au point qu’on pourrait même réduire le tout en une phrase « – Mais euuuuuh… ».

Non mais sérieusement, ils se sont mis à deux pour écrire cette intrigue… Une intrigue qui se complique la trame et le drame pour faire du rebondissement. Franchement, le coup du paquebot et des mercenaires pour une simple piqûre… Je recherche encore à m’en remettre tant ça ne tient pas une seconde la route et des rebondissements comme celui-là, il y en a en pagaille. Puis derrière ça, il y a ces personnages, dont la plupart ne servent strictement à rien (le film nous offre les deux flics les moins investis de cette année 2022) et quand ceux qui servent à quelque chose pourraient être intéressants, « Morbius » leur offre l’exact opposé, c’est-à-dire qu’ils sont bêtes au possible (coucou Jared Harris).

S’associe à ce non-scénario une mise en scène plus que discutable de la part de Daniel Espinosa. Une mise en scène qui se veut sombre, mais il n’en est rien tellement elle édulcore son intrigue et ses personnages. Une mise en scène qui est aussi bardée d’effets spéciaux dont là encore les choix sont très discutables entre des ralentis risibles, qui ne servent à rien, si ce n’est vouloir donner du style au film et c’est raté. Puis au-delà de ça, il y a cette idée de fumée qui suit les déplacements de Morbius et là, ça ne donne rien. Oui, on ne comprend pas vraiment le pourquoi de ce choix et pire, parfois ça rend le film totalement illisible tant la caméra est trop près des personnages, ou quand ils se fightent. Là, on peut même parler d’une purée numérique dont rien, hormis des crocs, ne ressort.

On ajoutera à cela des acteurs en roue libre. Si Jared Leto tient plutôt bien son personnage, ou du moins il est moins pire que les autres, pour le reste du casting, c’est n’importe quoi, entre Jared Harris qui est bête comme cela ne devrait pas être permis, le duo Al Madrigal et Tyrese Gibson qui ne sert à rien, ou encore Adria Arjona, qui sert simplement à enjoliver le décor. Puis il y a cette palme du ridicule… Un acteur qu’on trouvera sans l’ombre d’une hésitation au Razzie Award l’année prochaine et ce sera plus que mérité… Cet acteur, c’est Matt Smith, qui dans le rôle du meilleur ami malade, puis vampire méchant, livre ce qui restera comme l’une des pires performances de sa carrière. On a vraiment du mal à comprendre comment il a pu se laisser embarquer là-dedans, tant ne serait-ce que sur le papier, c’est déjà ridicule.

Enfin, en ce qui concerne les scènes post-génériques, là, on bascule dans un autre monde et l’on ne comprend absolument rien…

Pas aussi raté que les deux « Venom« , « Morbius » demeure toutefois un beau raté dans les règles de l’art. Je pense qu’il y avait de quoi faire avec ce personnage, notamment dans le dilemme qu’il peut avoir entre son envie de sauver des vies et sa propre survie, mais rien n’aura pu arrêter cette avalanche de ridicules dont le sommet restera quand même cette histoire de frangins qui se foutent sur la gueule à grands coups de « Assume ta vraie nature » ou encore de « – C’est un don…

– Non, c’est une malédiction mon frère… »

Il serait grand temps chez Sony d’engager de vrais scénaristes.

Note : 06/20

Par Cinéted

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