décembre 10, 2022

Pathfinder – Le Sang du Guerrier

Titre Original : Pathfinder

De : Marcus Nispel

Avec Karl Urban, Moon Bloodgood, Clancy Brown, Russell Means

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Plus de cinq siècles avant que Christophe Colomb ne découvre officiellement l’Amérique, un drakkar viking aborda les côtes de ce continent sauvage. Entre les barbares du nord et les Indiens natifs, le choc fut effroyable, et seul un enfant viking survécut. Adopté par la tribu des Indiens Wampanoag, le jeune homme blanc désormais connu sous le nom de Ghost grandit et devint un redoutable guerrier.
Quinze ans plus tard, alors que Ghost essaie encore d’oublier son passé, les Vikings reviennent, anéantissent sa tribu et mettent en péril la femme qu’il aime, Starfire. A nouveau seul rescapé et assoiffé de vengeance, Ghost va devoir mener le plus difficile des combats. Guidé par le Pathfinder, un puissant shaman qui voit en lui le futur meneur de son peuple, il va se lancer dans la plus spectaculaire des aventures…

Avis :

Sorti de la publicité, Marcus Nispel est un réalisateur américain qui a connu un coup d’éclat dès son premier film grâce à Michael Bay. C’est à lui que l’on doit le remake de Massacre à la Tronçonneuse avec notamment Jessica Biel, et le film va voir bonne presse. Dès lors, la carrière du bonhomme est lancée, mais pour peu de temps. En effet, il se décide à fournir une libre adaptation de Frankenstein en 2004 avec Vincent Perez, mais le métrage finira dans les limbes des DTV. Un an plus tard, il veut adapter le jeu vidéo Alice, mais le projet ne verra jamais le jour. C’est donc en 2007 que le cinéaste américain revient dans les salles obscures avec Pathfinder – Le Sang du Guerrier, un film qui s’inspire d’un fait historique (la découverte de l’Amérique par les vikings) mais aussi d’un autre film, Le Passeur de Nils Gaup.

Tout d’abord adapté dans un comic book, Pathfinder est un film qui se veut badass et qui propose de raconter son histoire via les images, en évitant le plus possible la narration. Les personnages parlent peu, afin de laisser plus de place à l’action et à ce qui se passe sous nos yeux. Ainsi, on va suivre Ghost, un enfant viking abandonné par son père et recueilli par une communauté amérindienne, qui va grandir avec le sentiment de n’appartenir à aucune tribu. Mais lorsque les vikings reviennent, il décide de prendre les armes et de défendre le peuple qui l’a éduqué. Va alors s’ensuivre une bataille épique pour vaincre les envahisseurs, où Ghost va prouver sa valeur au combat et sa volonté d’appartenir à un peuple. Le pitch est simple et va droit au but, sans jamais vraiment tergiverser.

Dès le départ, ce qui frappe avec ce film, c’est le parti pris graphique. Marcus Nispel voulait se rapprocher le plus possible de la nature, offrant alors de beaux décors, mais des conditions de tournage particulièrement difficiles. Pour certainement pallier à une luminosité capricieuse, le film naviguera dans des tons sépias assez étranges et presque ternes par moments. Est-ce pour masquer des problèmes techniques ? Des costumes pas toujours au point ? Le fait est que cela donne néanmoins un cachet au métrage, qui ne ressemble à aucun autre. Cela confère une ambiance délétère, presque fantomatique, voire inquiétante, ce qui sied parfaitement aux exactions des vikings.

Car pour une fois au cinéma, les vikings ne sont pas vus comme des héros ou des guerriers salvateurs. Ici, ce sont bel et bien les méchant de l’histoire, dont le seul but est de tout cramer. Ils vivent par l’épée, et meurent par l’épée. Ils sont aussi le très bon point du film. Les costumes sont dingues et ils bénéficient d’une direction artistique absolument sublime. Pour faire des raccourcis, ils sont un mélange de démons et d’orcs du Seigneur des Anneaux, avec des armures faites de cuir, de laine et de métal, et des casques à cornes gigantesques. Pour les amateurs de jeu de rôle épique, on est en plein dedans. Il est dommage que le peuple amérindien ne bénéficie pas d’un tel traitement, n’arrivant pas à les rendre empathiques ou même impressionnants.

Pour continuer dans les bons points, on peut dire que le rythme du film est très efficace et que certaines séquences valent leur pesant de cacahuètes. Marcus Nispel veut signer un film épique et il s’en donne les moyens à travers diverses séquences, et notamment les affrontements entre Ghost et les vikings. Certains plans sont iconiques et on retrouve une violence assez gore qui correspond à son réalisateur. L’attaque du village par les vikings fait mal, très mal, avec des décapitations et d’autres membres arrachés. Le cinéaste ne lésine pas sur les effets gores afin de coller au mieux à la barbarie des vikings. Malheureusement, cela ne sera pas toujours le cas et certains passages sont assez ridicules. Comment ne pas rire devant cette descente en luge où la caméra fait strictement n’importe quoi. C’est d’ailleurs là le principal défaut du métrage.

En effet, si certains moments sont beaux à regarder, le film bénéficie d’une shaky cam qui donne souvent la nausée et qui apporte un aspect épileptique assez désagréable à l’ensemble. Certains combats sont illisibles et il y a toujours cette impression de nervosité mal canalisée qui pointe le bout de son nez. De plus, le film vieillit très mal. La dernière séquence, tournée entièrement en studio, est d’une laideur sans nom. Les vikings sont alors à flanc de falaise et une avalanche va venir perturber le tout. C’est très moche, en plus d’être narrativement très léger. Cette dernière séquence gâche tout le film à elle toute seule, démontrant les faiblesses techniques de Marcus Nispel et une envie de trop en faire, sans jamais se restreindre à quelque chose de plus binaire.

Au final, Pathfinder- Le Sang du Guerrier est un sous Conan le Barbare qui n’arrive jamais vraiment à nous embarquer. Si le démarrage est assez impressionnant et que l’on sent une direction artistique superbe, le film s’enlise ensuite dans un récit mutique pas forcément intéressant où le cinéaste accumule les mauvais choix artistiques. Sans être une catastrophe non plus (et ce film permettra au réalisateur de faire l’infâme remake de Conan), Pathfinder est un film qui ne tient pas vraiment ses promesses et qui reste un divertissement lambda, se voulant épique, mais n’y arrivant pas vraiment.

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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