avril 17, 2024

Wake Up and Die – Pitié, Tuez-Moi!

Titre Original : Volver a Morir

De : Miguel Urrutia

Avec Andrea Montenegro, Luis Fernando Bohorquez

Année : 2011

Pays : Colombie

Genre : Horreur

Résumé :

A la suite d’une soirée alcoolisée, une femme se réveille aux côtés d’un homme mystérieux qui lui est totalement inconnu. Séduite et embarrassée à la fois en discutant avec lui, elle est brutalement assassinée par ce dernier dans un moment de passion. Alors qu’elle est condamnée à revivre le même destin encore et encore : être tuée et se réveiller auprès de cet homme, elle essaye à chaque réveil d’en connaitre plus sur lui et ses démons pour sauver sa vie.

Avis :

S’il y a bien un cinéma que l’on connait mal, c’est celui de la Colombie. Il faut dire que le pays est plus connu pour son trafic de drogues qu’autre chose, et quand certains films arrivent chez nous, c’est bien souvent en catimini, ou via les rayons de la SVOD, voire du direct-to-DVD. Et c’est le cas avec Wake Up and Die de Miguel Urrutia. Si on se penche rapidement sur la carrière du bonhomme, il n’y a pas grand-chose à dire. Il est tout d’abord directeur de la photographie sur quelques projets, puis il se lance en 2011 dans l’écriture et la réalisation de son propre film, celui qui nous préoccupe entre ces lignes. Par la suite, il réalisera un autre film d’horreur qui sera très mal noté, puis une pléthore de courts-métrages pour se refaire la main, avant de se remettre au long avec un thriller horrifique.

Mais revenons à nos moutons, où plutôt à Wake Up and Die, thriller horrifique qui s’inspire grandement d’autres longs-métrages comme Un Jour Sans Fin, mais en version huis-clos glauque. En gros, ici, on va faire de suite la connaissance d’une jeune femme qui se réveille dans les bras d’un inconnu. Au départ séduite et intriguée, elle va se faire assassinée par cet homme qui se nomme Dorian. Sauf que, au lieu de mourir de façon définitive, elle va revivre cette journée, et petit à petit, à force d’en savoir plus sur ce type, elle va tenter de s’en sortir pour que son cauchemar prenne fin. Du coup, ici point de marmotte (de toute façon, il fait trop chaud en Colombie), mais différentes façons de mourir avant de trouver une solution pour se débarrasser de cette malédiction. Rien de bien original donc, mais si c’est bien fichu, pourquoi pas ?

« Wake Up and Die est un film qui manque cruellement de fond. »

Malheureusement pour nous, on va vite se rendre compte que la qualité ne sera pas au rendez-vous, que ce soit dans la mise en scène, dans le scénario ou encore dans l’interprétation des deux acteurs. Premièrement, au niveau du scénario, on va assister à quelque chose de très redondant. Il est compliqué d’ajouter de la nouveauté à chaque résurrection, mais le problème c’est qu’ici, malgré un cheminement logique de la part de la femme, qui panique au départ avant de prendre sur elle et de chercher une solution, on se retrouve dans les mêmes décors, avec le même déroulement. Miguel Urrutia n’arrive pas à trouver une solution intéressante pour ne pas répéter inlassablement les mêmes scènes. On se retrouve avec une femme qui tente de fuir engage une vaine conversation, avant de se faire tuer. C’est répétitif et sans réel intérêt.

De plus, Wake Up and Die est un film qui manque cruellement de fond. Hormis nous mettre en avant un type taré qui a un complexe d’infériorité par rapport à son enfance et à sa mère, il n’y a pas de thème travaillé, ni même de fond. On reste sur un film lisse qui montre la survie d’une femme après être morte plusieurs fois. Certes, il s’agit d’un premier film, avec certainement un budget minuscule, mais cela ne doit pas empêcher une écriture plus rigoureuse. De ce fait, le film va tenter de jouer sur l’aspect sulfureux de la chose. Les personnages sont souvent nus, ce qui donne une tonalité fragile à la femme, qui se retrouve complètement à la merci de son bourreau. Ajoutons à cela un grain d’image bien pourri, et on pourrait presque se croire dans un Snuff Movie.

« C’est bien simple, tout semble amateur. »

Mais la mise en scène nous rappelle constamment que le réalisateur veut faire un vrai film, en ajoutant des effets de style tout simplement dégueulasses. On aura droit à des ralentis, à des mouvements de caméra qui n’ont aucun sens, ou encore à des retours en arrière d’une immondice rare. C’est bien simple, tout semble amateur, et sortir tout droit d’un film de potes. Il en va de même pour le travail autour de la lumière ou de la photographie. C’est d’une laideur absolue, à un tel point que parfois, on ne voit strictement rien, plongeant le film dans un noir granuleux, avec un éclairage inexistant. On a l’impression que le film se déroule uniquement de nuit, alors même qu’il se passe durant une matinée. La preuve d’un film qui doit composer avec un budget ridicule et manque de moyens pour donner plus de gueule à l’ensemble.

Et il en va de même avec les comédiens. On ne peut pas dire qu’ils ne donnent pas tout ce qu’ils ont. Que ce soit Andrea Montenegro ou Luis Fernando Bohorquez, les deux acteurs jouent nus et donnent de leur corps pour mettre en scène des affrontements qui se veulent un peu gores. Malheureusement, l’alchimie ne passe pas vraiment, la faute à un manque de charisme flagrant. D’un autre côté, ils sont obligés de faire avec ce qu’ils ont comme personnage, et c’est très maigre. Reste alors quelques effets gores qui se réduisent à des coups de couteaux, mais le film essaye d’être dérangeant, jouant constamment avec le rouge du sang sur les corps. Oui, on se rattrape avec ce que l’on peut dans ce genre de long-métrage…

Au final, Wake Up and Die est un très mauvais film, qui souffre bien évidemment de son budget et de son statut de premier film. Mais cela n’excuse pas tout. On ne peut pas passer outre le script sans fond qui singe Un Jour Sans Fin en version horreur, la réalisation d’une laideur incroyable ou encore son pseudo côté sulfureux qui lorgne vers le snuff mais sans jamais vraiment embrasser le genre. Bref, un film qui ne met pas à l’honneur le cinéma colombien, et qui est faussement original.

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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