avril 17, 2024

Les Derniers Hommes – L’Ennui en Marche

De : David Oelhoffen

Avec Guido Caprino, Nuno Lopes, Andrzej Chyra, Axel Granberger

Année : 2024

Pays : France, Belgique

Genre : Drame, Historique

Résumé :

9 mars 1945. L’armée japonaise lance un assaut foudroyant contre les troupes françaises en Indochine. Traquée par l’ennemi, une colonne de légionnaires déjà affaiblis s’élance au cœur de la jungle pour rallier les bases alliées à plus de 300 km.

Avis :

David Oelhoffen est un cinéaste qui s’est gentiment fait la main pendant presque une dizaine d’années. De 1996 à 2004, il réalise alors quatre courts-métrages. Puis en 2007, il réalise son premier long, « Nos retrouvailles« , film qui suit un jeune d’une vingtaine d’années qui renoue des liens avec son père absent. Le film connaît un joli succès à Cannes et met le réalisateur sous les projecteurs. Dès lors, David Oelhoffen va prendre son temps pour mettre en scène, puisqu’on ne lui compte « que » quatre films en seize ans. « Loin des hommes » avec Reda Kateb et Viggo Mortensen sort en 2014, puis « Frères ennemis » avec toujours Reda Kateb et Matthias Schoenarts sort lui en 2018, et enfin, il y a ces « … derniers hommes« .

« Les derniers hommes » est un film qui trouve ses racines avec l’envie de Francis Perrin de le voir porté à l’écran. Ce sera d’ailleurs le dernier film sur lequel le réalisateur, acteur, producteur et scénariste travaillera, puisqu’il mourra peu de temps après le tournage.

« Le film de David Oelhoffen va peiner à intéresser. »

Projet ambitieux, « les derniers hommes » est un film qui situe dans l’Indochine de 1945. Intéressant sur le papier et bien filmé, malheureusement, le film de David Oelhoffen va peiner à intéresser, face à un film où finalement, il ne se passe pas grand-chose en deux heures. Ici, le réalisateur suit un groupe de soldats essayant de fuir les japonais, parcourant la jungle sur près de trois cents kilomètres à pied. Il pleut, il y a peu de tensions, le film se répète, ces soldats s’ennuient, et nous avec. Dommage.

09 Mars 1945, l’armée japonaise lance une attaque d’envergure contre les garnisons françaises en Indochine. En une journée, trois mille hommes sont tués. Perdue au milieu de nulle part, une colonne de légionnaires réunit des malades, des alcooliques et des soldats inaptes au service, et ils doivent prendre la fuite. Leur objectif, traverser la jungle pour se rendre en Chine. Trois cents kilomètres à pied, avec peu de chance de s’en sortir.

Présenté en avant-première mondiale au Festival de Deauville, j’étais très curieux de voir le nouveau film de David Oelhoffen, car l’histoire que le réalisateur raconte était sur le papier très intéressante. Ici, il allait être question de survie, de traque, peut-être de conflit politique, et au bout du compte, le réalisateur y parlerait de la guerre dans ce coin où finalement le cinéma d’aujourd’hui aborde assez peu.

«  »Les derniers hommes » se fait très répétitif dans ce qu’il raconte. »

Mais voilà, après une belle mise en place qui pose bien les bases du conflit et du récit, « Les derniers hommes » va très vite perdre de son intérêt. Si on ne peut nier que l’ensemble est très bien filmé, et que David Oelhoffen tient plutôt bien son ambiance, « Les derniers hommes » n’arrive jamais à vraiment décoller, la faute à un scénario qui tient trop de personnages, et qui n’arrive pas vraiment à les faire exister. C’est assez fou, mais alors que le film fait ses deux heures, le réalisateur n’arrive pas à nous faire accrocher à ses personnages. Des personnages qui vont passer leur temps à piétiner dans la boue, râler dans la jungle, se plaindre, s’engueuler et surtout ne pas se faire confiance. Le scénario essaie bien de nous les raconter, dévoilant un peu d’eux au fur et à mesure, mais rien n’y fait, plus le film avance et plus l’on se rend compte qu’on se fiche de ce qui peut leur arriver, d’autant plus que très vite, on comprend ce qui va arriver, et qui va s’en sortir.

De plus, « Les derniers hommes » se fait très répétitif dans ce qu’il raconte. Sa colonne vertébrale résonne comme un compte à rebours en éliminant ses personnages un par un, jusqu’à ce qu’arrive ce qu’on avait vu arriver dès les premières minutes.

« Ce « … derniers hommes » est capable de nous offrir d’excellentes scènes. »

Ce constat est dommage, car le film de David Oelhoffen a de très belles choses à offrir. Le réalisateur reste un bel artisan du cinéma, et lorsque le film bouge un peu plus, ce « … derniers hommes » est capable de nous offrir d’excellentes scènes où le réalisme est poussé et travaillé. D’ailleurs, le film prend vraiment vie à ces moments-là, mais malheureusement, ils sont bien trop peu pour assurer le « spectacle » et la tension de bout en bout de film.

Autres éléments qui sont intéressants dans le film, c’est la représentation de la légion étrangère que David Oelhoffen nous présente ici, avec des soldats qui viennent de tout horizon, et pour cela, le réalisateur a choisi tout un tas de comédiens qui eux aussi viennent d’ici et là. Mais bon, même si les comédiens sont très bons dans ce qu’on leur demande de faire, comme je le disais plus haut, il y a trop de personnages et ils ne sont pas suffisamment développés pour qu’on s’y attache.

Malgré un contexte historique intéressant et une mise en scène qui tient de belles envolées, « Les derniers hommes« , nouveau film de David Oelhoffen, se pose comme une belle déception. Ennuyant au possible, n’arrivant jamais à se maintenir, se résumant bien souvent à filmer des hommes perdus dans la jungle, le temps se fait long, très long. Puis lorsqu’arrive sa conclusion, la déception sera plus forte encore, puisqu’aucune surprise ne viendra bousculer ce qu’on avait déjà vu arriver dès le début, ou presque. Dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

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