mars 3, 2024

Les Chambres Rouges – Cet Étrange Objet du Désir

De : Pascal Plante

Avec Juliette Gariepy, Laurie Fortin-Babin, Elisabeth Locas, Maxwell McCabe-Lokos

Année : 2024

Pays : Canada

Genre : Thriller

Résumé :

Deux jeunes femmes se réveillent chaque matin aux portes du palais de justice de Montréal pour pouvoir assister au procès hypermédiatisé d’un tueur en série qui les obsède, et qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Cette obsession maladive les conduira à tenter par tous les moyens de mettre la main sur l’ultime pièce du puzzle, qui pourrait permettre de définitivement confondre celui que l’on surnomme le Démon de Rosemont : la vidéo manquante de l’un de ses meurtres.

Avis :

Aujourd’hui, c’est au Canada que l’on pose nos yeux de cinéphiles, et plus précisément au Québec, pour s’intéresser à l’un de ses jeunes espoirs, Pascal Plante, dont « Les chambres rouges » est le troisième film. Ancien nageur qui qui a failli être l’un des représentants du Canada aux JO 2008, Pascal Plante a par la suite étudié le cinéma, avant de commencer à réaliser au début des années 2010. Ayant une énorme envie de cinéma, huit courts-métrages en l’espace de quelques années, son premier film, « Les faux tatouages« , sort en 2017, et avec ce film, il remportera le prix du meilleur scénario au Vancouver Film Critics Circle.

Trois ans après « Butterfly Nadia« , le réalisateur est de retour avec « Les chambres rouges« , et autant dire que ce retour est plus que remarqué, car ce troisième long s’aventure sur un sujet des plus intéressants, puisque « Les chambres rouges » s’arrête sur la fascination que peuvent avoir certaines jeunes femmes pour des tueurs en série. Se déroulant pendant un procès, Pascal Plante livre un film froid, dur, voire même un film qui arrivera à glacer le sang sur quelques séquences sidérantes d’horreur. Ne laissant personne indifférent, « Les chambres rouges » se pose comme un film profond et passionnant qui arrivera à nous tenir de bout en bout de film.

« Le film nous renvoie même une image sadique de nous-même. »

Palais de justice de Montréal. Ce jour-là s’ouvre le procès de Ludovic Chevalier, un homme d’une trentaine d’années bien passées, qui est accusé du meurtre de trois adolescentes. L’homme les aurait torturées et il aurait filmé ses meurtres, et il les aurait vendus au plus offrant. Dans la salle d’audience, se trouvent évidemment les familles des victimes, et des anonymes, et parmi eux, il y a Kelly-Anne, une jeune femme fascinée par le tueur et cette histoire.

Les tueurs en série, c’est un sujet que le cinéma a beaucoup exploré, mais rarement ce dernier s’est arrêté sur les fans des tueurs en série, et c’est ce que fait ici Pascal Plante. Enfin, des fans, c’est un bien grand mot pour ces deux femmes troublantes et troublées par ce tueur innommable.

Très riche dans ce qu’il présente, « Les chambres rouges » est un film qui est bien inclassable, tant il peut aussi bien se poser comme un film de procès, qu’un thriller psychologique présentant des personnages dont on a bien du mal à voir les motivations, qu’un drame qui s’engouffre dans les dérives les plus abominables de l’être humain. D’ailleurs, de côté, là, le film nous renvoie même une image sadique de nous-même, et de cette envie et cette curiosité de voir ce qui ne peut être vu.

« Le film est extrêmement riche dans ce qu’il raconte. »

Oui, à certains moments, le film présente des éléments qui sont insoutenables, et alors qu’il ne nous les montre jamais, préférant nous les présenter du point de vue de celles qui les regardent, il y a comme une sorte de frustration qui naît, avec cette envie de voir ces vidéos en l’occurrence, alors que dans le fond, évidemment, c’est impossible à montrer. Le son qui sort de ces écrans suffit.

Avec « Les chambres rouges« , Pascal Plante nous offre sûrement l’un des personnages les plus dérangeants et fascinants de ce début d’année. Un personnage dont le réalisateur fait le choix volontaire de laisser dans le flou. Au sein d’une écriture sous tension, plus l’histoire se déroule et plus on reste comme absorbé par cette femme, dont on ne sait pas vraiment ce qu’elle cherche. D’où vient cette fascination et dans quel but ?

La mise en scène de Pascal Plante est alors glaçante, car elle présente et ne cherche jamais à expliquer, même si le film s’aventure dans les horreurs que l’on peut trouver sur le Dark Net, ou encore l’horreur d’un procès, avec les pièces à conviction qui sont, en toute logique, déballées. Le film ira aussi du côté de l’horreur des médias, et notamment de la télévision en recherche d’audience. Bref, je le redis, le film est extrêmement riche dans ce qu’il raconte, et il arrive à rendre tout intéressant. Et au-delà de ça, il arrive à tenir sa trame jusqu’au bout, et ça, même s’il ne répond peut-être pas à toutes les questions qu’il a posé, mais à la rigueur, c’est mieux comme cela, car il peut aussi laisser place à une interprétation.

«  »Les chambres rouges« , c’est avant tout Juliette Gariepy. »

L’autre réussite de ce film, c’est son casting, et si les personnages secondaires y sont passionnants et les acteurs qui les incarnent excellents, notamment Nathalie Tannous qui incarne le procureur, ou Maxwell McCabe-Lokos, qui incarne le tueur, il est vrai que « Les chambres rouges« , c’est avant tout Juliette Gariepy, qui incarne cette femme tellement énigmatique. L’actrice, qui tient un rôle difficile et complexe, crève l’écran et nous tient à chacune de ses scènes, et ça, même quand le film bascule dans l’horreur.

« Les chambres rouges » de Pascal Plante se pose comme un film fascinant dans ce qu’il raconte et dans la façon qu’il a de raconter cette histoire et ces personnages. Terrible, froid, glaçant et glacial, et au bout de cela, déstabilisant et malaisant… Bref, ce « … chambres rouges » mérite bien qu’on s’y arrête. Enfin, ça, c’est si vous avez la chance d’avoir un cinéma qui le joue près de chez vous, car le film est assez mal distribué malheureusement.

Note : 16/20

Par Cinéted

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