octobre 5, 2022

Thelma – Sans Louise

De : Joachim Trier

Avec Eili Harboe, Okay Kaya, Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen

Année : 2017

Pays : Norvège, France, Danemark, Suède

Genre : Fantastique, Drame

Résumé :

Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de Norvège, pour aller étudier dans une université d’Oslo. Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja. Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d’épilepsie d’une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l’intensité de ses sentiments pour Anja, qu’elle n’ose avouer – pas même à elle-même, et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et paroxystiques. Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs…

Avis :

Venant d’une famille de cinéastes, Joachim Trier est l’une des étoiles du cinéma norvégien. Son premier film, « Nouvelle donne« , sort en 2008 chez nous et s’il est un succès dans son pays, il faudra patienter trois ans avant de voir un premier succès signé Trier chez nous. « Oslo, 31 Août » est porté par un excellent bouche à oreille, le film trouve son public et fait partie des plus belles révélations de 2012.

Après avoir fait jouer notre Isabelle Huppert nationale, Joachim Trier revient avec un quatrième long-métrage et cette fois-ci, c’est dans le domaine du surnaturel qu’il se lance. Avec « Thelma« , tout en abordant le passage entre l’adolescence au jeune adulte, Joachim Trier tisse un film intriguant, à l’intrigue sinueuse. Un film qui aurait toutefois mérité d’être plus concis car, même si l’intrigue est bonne, « Thelma« , c’est aussi une intrigue bien trop longue à se mettre en place, au point que quand elle démarre, le réalisateur nous avait presque perdu.

Thelma est une jeune étudiante qui vient de quitter le nord de la Norvège pour venir étudier à Oslo. Sur place, elle fait la connaissance d’Anja, une jeune et jolie étudiante, par laquelle Thelma se sent étrangement attirée. Submergée par ses sentiments et ses émotions, après une crise d’épilepsie à la bibliothèque du campus, Thelma a la sensation de peu à peu perdre le contrôle d’elle-même.

Très intéressant ce nouveau film de Joachim Trier. Lui qui a passé ses trois premiers films dans le drame réaliste, il nous revient cette fois avec un film qui, tout en gardant les thèmes qu’il affectionne tant, s’aventure dans le fantastique, le surnaturel et la science-fiction.

Avec « Thelma« , ce sont deux films en un que le réalisateur nous offre. Le premier, c’est l’histoire d’une adolescente qui après avoir vécue dans un cocon familial, découvre le monde et se découvre. Dans ce premier film, on retrouve donc ce qui plaît tant à son réalisateur. Les premiers émois, les expériences, la découverte de soi, les interdits qu’on brave (le film fait beaucoup de références à la religion). Bref, autant de sujets qu’on connaît par cœur, mais qui sont revus ici de façon originale. Et l’originalité, c’est bien la deuxième histoire de son film. Cette jeune fille, après une crise d’épilepsie, se découvre alors bien trop et bien plus loin qu’elle ne l’aurait jamais souhaitée.

Avec cette intrigue, Joachim Trier fait basculer son film dans un tout autre genre et visuellement, comme dans son scénario, on peut dire que le genre lui réussit bien. « Thelma » tient une ambiance captivante et réussie. La réalisation est originale et elle peut se vanter d’avoir de sacrées bonnes idées et de sacrées images, comme son ouverture.

De plus, le film est tenu par deux jeunes actrices bluffantes. On trouve donc, Eili Harboe dans la peau de la perturbée et innocence Thelma, un rôle qui lui va comme un gant. Puis il y a Okay Kaya, une petite bombe de charisme et de talent qui crève l’écran, dans un rôle qui pourtant ne demandait pas trop, mais l’actrice est si captivante qu’on ne retiendrait presque qu’elle, si l’intrigue derrière « Thelma » n’était pas aussi forte avec son personnage principal.

Mais voilà, si le film a de très bons aspects et éléments pour lui, on ne peut s’empêcher de lui reprocher un défaut de rythme, surtout dans sa première moitié qui n’avance pas. Si l’ambiance est bel et bien là, Joachim Trier étire trop son film et s’attarde sur des choses qui ne font pas avancer son histoire et au fur et à mesure, on commence à trouver le temps long. Ce constat est vraiment dommage, car si l’on regarde le film, malgré tout, il reste bon et très appréciable, il aurait simplement mérité d’être comme la bande-annonce nous le vendait.

Gardons le bon côté des choses, avec « Thelma« , Joachim Trier livre donc un drame fantastique pas comme les autres. Encore une fois, le réalisateur démontre une sacrée belle envie de cinéma et en s’aventurant sur le terrain glissant du film de genre, il passe l’examen avec une mention intéressante, à défaut d’être brillante, comme il nous y avait habitués auparavant.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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