avril 17, 2024

Cicakman 2

De : Yusry Abdul Halim

Avec Saiful Apek, Fasha Sandha, Aznil Hj Nawawi, Yusry Abdul Halim

Année : 2008

Pays : Malaisie

Genre : Super-Héros

Résumé :

Le diabolique Professeur Klon est de retour. Cette fois-ci c’est pour contrôler l’approvisionnement en eau potable de la terre qu’il menace d’empoisonner selon un plan baptisé “Black Planet”. Dans 72 heures, l’eau deviendra noire et polluée. Heureusement que Cicakman veille dans la mégalopole de Metrofulus.

Avis :

Avec l’avènement des super-héros au cinéma, de nombreux pays y ont vu une manne financière importante et intéressante. Si dans les pays asiatiques, on a eu droit à de bons gros nanars qui ont fait les beaux jours de certains sites spécialisés, l’Europe de l’Est ne fut pas en reste, avec notamment la Russie qui a tenté l’expérience. En 2006, c’est la Malaisie qui va brouiller les pistes avec Cicakman, un super-héros qui ressemble un peu à Spider-Man, à ceci près qu’il a les pouvoirs du gecko, et pas de l’araignée. Cependant, il peut grimper au mur et tirer une longue langue gluante, lui octroyant presque les mêmes pouvoirs que Peter Parker. Sauf que la Malaisie n’est pas Hollywood, et cela va se faire sentir sur les effets spéciaux, mais aussi sur une écriture enfantine, où l’humour est à la fois débile et catastrophique.

Mais il semblerait que ce premier film, aussi mauvais soit-il, ait eu un succès plus ou moins retentissant dans son pays, tout du moins assez pour enclencher une suite. On peut s’en étonner, mais avec Marvel et consorts, un éditeur français s’est dit qu’il pouvait créer la confusion en sortant les deux films en un seul boitier, et jouer sur la carte de la ressemblent entre Cicakman et Spider-Man. De ce fait, on a eu droit aux deux films en même temps, et il faut être sacrément maso pour s’enfiler les deux à la suite. Car si ce deuxième volet est moins pire que le précédent, notamment grâce à une utilisation plus parcimonieuse des CGI, on reste dans un navet imbitable, dont il est très compliqué de venir à bout. C’est donc entre deux Redbull et trois sachets de Berroca que nous avons fait notre devoir de chroniqueur.

« Pourquoi continuer à parler de la vie de Cicakman de manière ridicule ? »

Cette suite prend place deux ans après les évènements du premier opus. Cicakman est reconnu dans la ville de Metrofulus, au point qu’il a même une statue à son effigie. Cependant, il est toujours aussi maladroit face à de grands méchants. Et lorsqu’une femme se faisant appeler le Papillon sème la terreur dans la ville, Cicakman doit reprendre du service. Et cela devient encore plus compliqué lorsque le Pr. Klon revient pour polluer l’eau potable de la ville, en faisant passer le gouvernement comme responsable. Bref, rien de nouveau, le super-héros va devoir affronter deux super-méchants qui font équipe. Le problème avec ce récit, c’est que non seulement, il est attendu et sans surprise, mais en plus de ça, il traine en longueur pour placer des évènements dont on se fout pas mal. Pourquoi continuer à parler de la vie de Cicakman de manière ridicule ?

Ainsi, le film se fait long et sans aucune originalité. Pire, il se moque joyeusement de son héros, le plaçant comme un looser magnifique auprès de la gente féminine, incapable, visiblement, de se comporter de façon « normale ». Mais même lorsqu’il revêt le costume, le type est maladroit, se cogne aux murs, se fracasse lorsqu’il se balance au bout de sa langue, a toujours peur du caoutchouc (à l’aide !) et fait des blagues qui sont ridicules, espérant faire rire les enfants. Forcément, il est très compliqué de ressentir la moindre empathie pour lui, d’autant plus qu’il a toujours des réactions hystériques, et se moque bien de sa famille, comme sa sœur aveugle. Et lorsque le film veut jouer sur les émotions en la faisant passer pour morte, on a bien du mal à prendre le héros en pitié.

« Un anti-héros insupportable, digne des productions à la Power Rangers. »

Bien évidemment, cet écueil ne concerne pas uniquement le héros du film, mais aussi les antagonistes. Si le Pr. Klon brouille les pistes au départ, en revenant bien plus sobre et sombre, il va vite retrouver son costume idiot pour devenir un méchant hystérique et sacrément stupide. Lorsqu’il endosse son costume de méchant avec sa robe de métal et ses gants qui peuvent broyer la pierre, il en devient un anti-héros insupportable, digne des productions à la Power Rangers. Et cette fois-ci, il est accompagné par une femme qui se balade en costume de Papillon, qui maîtrise les arts martiaux, mais qui va se faire mettre à l’amende comme une bleue. Ajoutons à cela un rire aigu calamiteux, et le portrait est vite dressé. A force de faire dans la surenchère, le film tombe, comme pour le premier, dans un non-sens irregardable.

Cependant, dans ce second film, on va trouver une mise en scène un peu mieux maîtrisée. Le combat du début est plutôt sympathique, et les décors sont un peu plus réels. Bien évidemment, on n’échappera pas aux effets spéciaux abominables lorsque le héros se mettra en route pour sauter de toit en toit, où lorsqu’il faudra faire appel à sa langue. Même à l’époque (2008), le film devait être à la limite du regardable, et aujourd’hui, c’est un calvaire de toutes les secondes. Et le pire, c’est que si les CGI sont moins nombreux, ils sont tout de même mal utilisés, ou à des fins impromptues, à l’image des fantômes qui viennent hanter Cicakman pour se venger, lui balançant des boules de feu, alors que ce dernier ne peut rebéquer. D’ailleurs, que viennent faire ces personnages, mélangeant alors fantôme et super-héros ?

Au final, Cicakman 2 est tout aussi une purge que son aîné. Si on sera un peu étonné par la mise en scène qui gagne en lisibilité, le scénario, tout comme les personnages, sont à destination d’un public jeune, mais aussi un peu débile, ne nous voilons pas la face. Absurde, stupide, porté par un héros débile et peu attachant, Cicakman 2 est un navet infâme, dont on ne doit l’existence dans nos contrées qu’à cause d’un distributeur peu scrupuleux, ayant tenté, à l’époque, d’arnaquer les gens dans les supermarchés en faisant passer cela pour le Spider-Man malaisien. Distributeur qui, aujourd’hui, n’existe plus, et c’est peut-être pas si mal.

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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