juin 21, 2024

Artillery – The Face of Fear

Avis :

Fondé au début des années 80, il aura fallu du temps à Artillery pour sortir de l’ombre. Et pour cause, le line-up va énormément changer, et il faut ajouter à cela plusieurs hiatus qui feront ralentir la progression du groupe danois. Pour autant, depuis 2007, le groupe semble avoir trouvé un socle solide entre le guitariste Michael Stützer et le bassiste Peter Thorslund, qui sont les deux plus vieux membres de la formation. Néanmoins, les choses se corsent un peu pour Artillery qui, au moment où j’écris ces lignes, n’a plus de batteur, et a dû trouver un nouveau chanteur pour 2023. Bref, la formation est encore sur un sol glissant, alors qu’elle n’a jamais été autant active. Et aussi solide sur ses compositions, puisque The Face of Fear, huitième opus des danois, qui précède X (qui fut une belle claque), est une belle réussite.

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album. The Face of Fear envoie du lourd dès le départ, s’amusant avec une rythmique rapide et un schéma structurel simple, mais terriblement efficace. Le chant clair est parfait pour ce genre de Thrash, et d’un point de vue technique, c’est excellent. On aura même droit à un joli solo qui s’incorpore parfaitement à l’ensemble. Crossroads to Conspiracy sera aussi un très bon morceau, tout en changeant de rythme avec le titre précédent. Ici, c’est plus lent, plus lourd dans son introduction, avant de lâcher les chevaux et de mettre en avant une batterie qui tabasse à tout va. Il en résulte une énergie folle et une envie de rentrer dans tout ce qui bouge. Pas de doute, les danois sont en forme, et ils sont très inspirés, lorgnant vers les grands noms du Thrash pour peaufiner sa musique.

En abordant New Rage, il n’y a pas vraiment de surprise. Le titre est d’une simplicité flagrante dans son écriture, mais il y a une réelle énergie qui s’en dégage. Sans être le morceau le plus puissant de l’album, ni même le plus réussi, il fait son office et offre un refrain qui reste bien en tête. Sworn Utopia suit un peu le même chemin, même si les grattes sont plus véloces, rejoignant vraiment le clan du Thrash. Cependant, le titre manque un peu de finesse et il s’oublie assez vite, car il est trop classique dans le genre. On sera plus enclin à garder Through the Ages of Atrocity qui est sûrement le meilleur morceau de l’album. Outre sa mélodie qui reste immédiatement en tête, on chantera rapidement le refrain à tue-tête, tant il est efficace, comme ces riffs puissants qui donnent envie de se décrocher la nuque.

Thirst for the Worst va suivre ce même excellent chemin, tout en utilisant quelques ajouts gothiques pour épaissir son son. Le groupe parvient à nous tenir avec un excellent morceau qui joue encore autour de ses guitares. Puis Pain va être un peu en deçà. Non pas que le titre soit mauvais, au contraire, mais il reste plus calibré, avec son calme avant la tempête d’un refrain assez stéréotypé et pas tellement original. Encore une fois, on reste sur du bon, mais c’est moins intéressant que les autres morceaux. D’autant plus que ce morceau fait écho aux années 80 sans jamais rien apporter de neuf. Under Water fait office d’interlude pour attaquer le dernier titre de l’album, et c’est plutôt pas mal, avec son aspect protéiforme et son ambiance plutôt dépressive. Il est presque dommage que le groupe n’ait pas fait plus de titres de cet acabit, jouant sur l’atmosphère.

Pour clôturer l’effort, Artillery sort Preaching to the Converted, un gros morceau de mammouth qui va pousser les potards au max pour mieux nous cueillir. Les riffs sont ultra agressifs, la vitesse monte d’un cran, et il est difficile de ne pas headbanger sur ce titre. Même le solo est impressionnant de maîtrise, ne faisant même pas faiblir la rythmique. Bref, les danois ont sorti le bon titre au bon moment pour redonner envie d’une nouvelle écoute. Puis, histoire de combler les attentes, on aura droit à deux anciens morceaux réenregistrés. Mind of No-Return viendra bien nous secouer dans un Thrash calibré et propre. Quant à Doctor Evil, on tire vers un Heavy/Thrash qui n’est pas si mal mais qui demande quand même un temps d’adaptation. Cela reste un joli cadeau de la part du groupe qui n’oublie pas son passé, même s’il est tumultueux.

Au final, The Face of Fear, le huitième effort d’Artillery, est encore une fois une réussite. Le groupe danois propose un Thrash relativement technique mais qui n’ennuie jamais et s’ouvre sur des compositions rapides et entêtantes. Si on aurait peut-être aimé plus de travail autour de l’ambiance des morceaux, on reste tout de même dans le haut du panier du Thrash, qui permet de dire qu’il y a autre chose que le Big Four américain dans ce style-là.

  • The Face of Fear
  • Crossroads to Conspiracy
  • New Rage
  • Sworn Utopia
  • Through the Ages of Atrocity
  • Thirst for the Worst
  • Pain
  • Under Water
  • Preaching to the Converted
  • Mind of No-Return (Re-Record)
  • Doctor Evil (Re-Record)

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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