mars 3, 2024

Chair de Poule

D’Après une Idée de : Rob Letterman et Nicholas Stoller

Avec Justin Long, Rachael Harris, Zack Morris, Miles McKenna

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe de cinq lycéens libèrent des forces surnaturelles dans leur ville. Ils doivent s’allier afin de la sauver…

Avis :

Robert Lawrence Stine est connu par de nombreux quarantenaires et trentenaires, puisqu’il est l’auteur caché derrière la série d’épouvante jeunesse Chair de Poule. Entamée en 1992, la série déboule en France en 1995 avec un premier titre, La Malédiction de la Momie. Dès lors, le succès devient important, et aujourd’hui encore, on retrouve du Chair de Poule en librairie, dans les bibliothèques et dans les écoles. Le succès fut tel qu’une première série arrive sur nos écrans durant la fin des années 90, à destination du même public que son lectorat, c’est-à-dire jeune. Si les livres ont connu de nombreuses rééditions, aujourd’hui, Chair de Poule est surtout connu par le jeune public via deux films avec Jack Black. Et alors que tout cela semble tomber en désuétude, Disney+ se lance dans le reboot de la série, voulant offrir un petit roller-coaster frissonnant aux amateurs du genre.

Des romans destinés à la jeunesse, une plateforme de streaming qui est plutôt à destination des enfants, on aurait pu croire que ce reboot allait viser un public assez jeune. Et pourtant, le choix de Rob Letterman et Nicholas Stoller, les deux showrunners derrière cette première saison, est clair, les lecteurs ont grandi, et donc il faut fournir quelque chose de plus mature. Et force est de constater que cette première saison n’est clairement pas à destination des enfants. Dès le premier épisode, le ton est donné. On sera confronté à des lycéens, et non plus à des écoliers, et visiblement, un fantôme revanchard a plus d’un tour dans son sac pour faire vivre un petit enfer à la ville de Port Lawrence (petit clin d’œil au deuxième prénom de l’écrivain). Cependant, malgré cette envie visible de faire de l’horreur, on restera un peu en retrait du délire. Pourquoi ?

La première réponse qui vient à l’esprit est toute simple : cette première saison a beau reprendre certains livres de la franchise, on reste sur quelque chose d’aseptisé et qui ne prend pas beaucoup de risque. Certes, on aura toute sorte d’horreur, avec du fantastique, de la possession, des monstres géants, de la magie ou encore des doppelgangers, mais il y aura une absence totale d’enjeux et de grand moment de frousse. Très clairement, si on peut prendre du plaisir à retrouver certains écrits à l’écran, il n’en demeure pas moins qu’on a grandi plus vite que les lycéens de la série, et l’ensemble est très timide. Point de gore, pas de gros jumpscares, et certains éléments sont très enfantins, à l’image de ce masque qui transforme une jeune fille timide en troll ravageur. La série peut faire peur si on a douze ans et aucune expérience en horreur.

Par la suite, si l’on excepte une ambiance grise et morose qui peut être propice à poser des conditions horrifiques dépressives, on aura un mal fou à s’accrocher à ces personnages. Les cinq lycéens rentrent dans un cadre très défini, ou chacun remplira sa fonction avec son parent. On a droit au sportif charmeur qui compose avec un papa qui place trop d’espoir en lui. Il y aura l’homosexuel qui s’assume totalement, mais qui ne supporte pas sa mère plus ou moins alcoolique. On peut compter sur la timide qui dévoile un caractère bien trempé et qui ne supporte pas sa mère, trop dirigiste. Il faudra faire avec le casse-cou débile de la bande, qui porte un lourd fardeau avec sa mère. Puis il y a l’intello du groupe, qui fait tomber tous les garçons et a du mal avec la séparation de ses parents. Bref, un panel classique.

Et les interactions entre les personnages abondent dans un certains sens du cliché. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas vraiment de surprise dans l’évolution de chacun, que ce soit chez les ados, comme chez les adultes. Le joueur de football américain n’acceptera pas forcément que sa meilleure amie sorte avec le casse-cou, parce qu’il est secrètement amoureux d’elle. Tandis que le casse-cou doit composer avec un père décédé dont il n’accepte pas la mort et voit en ces séances de cascade une manière d’exorciser ses démons. Il en va de même chez les adultes, qui vont se tromper, puis qui vont se faire enfermer pour cacher un mystérieux passé. Passé que l’on grille dès le deuxième épisode et qui n’aura de cesse de nous gonfler, puisque tous les curseurs nous amènent vers un final attendu et sans surprise. Bref, il s’agit d’une série pour les néophytes de l’horreur.

Il reste alors à Chair de Poule une mise en scène plutôt propre, une bande-originale qui fait plaisir à entendre avec du Soundgarden ou du Alice in Chains, ainsi qu’un Justin Long en roue libre, jouant un professeur d’anglais possédé qui essaye d’aider les jeunes à résoudre cette terrible affaire. C’est bien peu de chose, notamment quand on pense que la saison est finie et que l’on doit se coltiner deux épisodes supplémentaires inutiles, pour refaire un nouveau twist autour de la marionnette Slappy et de sa véritable identité. On comprend que la série veut brasser le thème de l’égoïsme et de la réussite, tout comme on peut voir des assertions autour du harcèlement scolaire (mais très vite balayé d’un revers de la main, le harcelé devenant alors harceleur), mais était-ce nécessaire de pondre deux derniers épisodes aussi poussifs ?

Au final, cette première saison de Chair de Poule s’avère bien timide après tout le ramdam qui a été fait dessus. Certes, elle est plus mature et horrifique que la série des années 90, qui était à destination des enfants, mais globalement, non seulement ça ne fait pas peur, mais en plus de ça, les personnages ne sont pas vraiment attachants, malgré la présence de leur parent et d’un passé qui importe sur le présent. Sans être mal écrit ou mal joué, la série peine à convaincre les amateurs du genre, qui n’y voit qu’un show à destination des ados, alors que la promesse était de faire vraiment peur. A défaut d’avoir eu la chair de poule, on peut dire que cette saison ne casse pas trois pattes à un canard…

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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