juin 21, 2024
BD

Moby Dick

Auteurs : Francesco Artibani et Paolo Mottura

Editeur : Glénat

Genre : Aventure

Résumé :

C’est l’histoire d’une traque légendaire. Celle du capitaine d’un navire, le Pequod, qui cherche à se venger d’un cachalot blanc qui lui a dévoré sa jambe par le passé. C’est l’histoire d’un équipage de chasseurs de baleines, otage de l’obsession de son capitaine, et la vie sur un navire où l’aventure et le danger rôdent à chaque instant. C’est l’histoire d’une légende, celle de Moby Dick !

Avis :

Si cela fait un petit moment déjà que Disney a envahi tous les écrans (grands comme petits), il ne faut pas oublier que Mickey et consorts sont aussi présent dans le neuvième art depuis belle lurette. En effet, le premier Mickey Parade est sorti chez nous en 1966, avant de s’arrêter de façon définitive en 2023. Une longue aventure qui ne se termine pas pour autant pour les scénaristes et dessinateurs de la firme, puisqu’en 2016 sortent quatre BDs coup sur coup pour rivaliser avec les standards du neuvième art. Si le format souple termine sa vie tranquillement, il semblerait que Disney, qui s’est acoquiné avec Glénat, a envie de caresser dans le sens du poil les amateurs de format rigide. Et cela semble fonctionner puisqu’à ce jour, on se retrouve avec pas de seize tomes et sept hors-séries. Des hors-séries qui reprennent des classiques de la littérature, façon Mickey.

Et après Mickey Maltese et L’Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson, c’est au tour du Moby Dick d’Herman Melville de passer à la moulinette Disney. Seulement voilà, si l’idée de départ est plutôt bonne, en mettant en scène Donald et Picsou à la recherche d’un baleine mangeuse de bateau et recelant un trésor en son for intérieur, il n’est jamais évident d’adapter un roman aussi culte et aussi long sur un format si court. Car même si on est sur du 76 planches, cela reste trop restreint pour une telle aventure. Et ce sera l’un des principaux défauts de cette bande-dessinée. Découpée en deux parties, l’histoire ne prend pas vraiment le temps de poser son personnage principal, Ismaël, ou plutôt Donald, qui s’infiltre sur le Picuod afin de sauver sa peau. Mais c’est un vrai chat noir, et il est responsable de plusieurs bêtises sur le navire.

On retrouve la sauce Disney, avec de toute façon un scénariste qui fut aux commandes de plusieurs Mickey Parade. Il y a de l’humour qui parlera aux enfants, notamment avec la présence de Riri, Fifi et Loulou sous la forme d’enfants sauvages qui veulent se battre sans arrêt. Mais cet humour ne marche pas forcément dans le contexte de Moby Dick. Il s’agit d’une grande escapade en mer, et on ne ressent jamais vraiment le souffle épique. Si la première partie se conclut avec un calmar géant, on ne sentira jamais le danger, et la résolution demeure un peu trop simplette. En arpentant le chemin du neuvième art plus adulte, on avait espoir d’avoir quelque chose de plus sérieux, mais ce n’est pas le cas. En atteste aussi les frères Rapetout qui vont bouffer que de mauvaises choses et se rendre malade par la faute de Donald.

La seconde partie est plus intéressante. Cette fois-ci, on découvre vraiment Moby Dick, et on comprend un peu mieux les jeux de mots employés. Par exemple, il s’agit d’une baleine banque (et pas blanche), car en avalant tous les bateaux, elle engloutit aussi les trésors de ces derniers. Le souffle épique de Melville est un peu plus prégnant, et au niveau du dessin, on retrouve quelque chose d’un peu plus brut, d’un peu plus saisissant, notamment dans les attaques de la baleine. Il y a plus d’action et un peu moins d’humour, ce qui fait que l’on se laisse porter par une histoire qui va plus en avant et essaye d’aboutir à quelque chose de concret et de plus percutant. Mais encore une fois, on reste circonspect sur les différents twists et le fond de l’histoire qui n’a pas la force du roman.

D’ailleurs, le personnage de Couachab (Picsou) reste assez en retrait et ne symbolise pas tellement la folie furieuse et l’abnégation. Il reste un personnage têtu, prêt à mettre tout un équipage en danger pour récupérer un simple sou, mais il n’a pas vraiment de background, et on peut même dire que le scénariste a édulcoré le personnage pour le rendre plus lisse. Et sans doute plus accessible aux enfants, mais ils sont peut-être moins bêtes qu’on ne le pense. Enfin, pour revenir sur les différents twists, ils n’ont aucune incidence sur le récit, et ne surprennent pas vraiment. On est sur des frères Rapetout qui veulent se faire la malle avec le magot, ou encore un voyant qui se révèle être une femme mal intentionnée, mais qui va vite se prendre les pieds dans le tapis. Bref, ça reste assez pauvre, même si tout s’emballe sur les dernières planches.

Au final, Moby Dick version Disney n’est pas forcément une mauvaise lecture, mais ça reste quelque chose d’assez conventionnel. Les traits d’humour sont très enfantins, la restriction des planches empêche de vraiment s’attarder sur les personnages et de les travailler, et globalement, on reste sur une histoire qui ne réserve aucune surprise. Néanmoins, entre les dessins qui sont plutôt jolis et l’accessibilité pour les plus jeunes de rentrer dans cette histoire culte, font que cette bande-dessinée a toutes les raisons d’exister, et c’est déjà pas si mal.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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