janvier 24, 2022

Soen – Imperial

Avis :

Rares sont les groupes dont la formation repose sur le batteur. Et c’est pourtant ce qui arrive à Soen, groupe de Métal à tendance Prog suédois. Après avoir quitté Amon Amarth et passé huit ans chez Opeth, Martin Lopez décide de fonder son propre groupe, Soen. Il s’accorde alors avec le guitariste Kim Platbarzdis et le bassiste Steven DiGiorgio pour se former en 2004. Mais le groupe ne sera actif qu’à partir de 2010 et avec un line-up qui va bouger. Cependant, malgré les aléas de tout groupe de musique, Soen va être particulièrement prolifique. Pour dire, Imperial est le cinquième effort du groupe, ce qui veut dire que les suédois fournissent, environ, un nouvel album tous les deux ans. Et on peut se dire que c’est difficile de tenir la qualité avec un tel rendement. Et pourtant. Imperial est une réussite sur quasiment tous les fronts.

Seulement huit pistes, on peut se dire que le groupe ne s’est pas foulé. Mais ce ne sera pas vraiment le cas. En effet, dès le départ et l’ouverture de Lumerian, on va en prendre plein la gueule et comprendre où veut en venir le groupe. Les riffs sont brutaux, la rythmique est diabolique, puis tout se calme lorsque le chanteur commence son travail. Un chant superbe, clair, aérien et qui sait se faire puissant lors du refrain. C’est bien simple, Soen nous enchante avec un mélange parfait de noirceur et de douceur. Ce premier morceau est synthétique de tout le boulot du groupe, qui ne va faire de croître avec le temps. On retrouvera de cela avec Deceiver. Un début tonitruant, un chant éthéré, puis quelques claques derrière la nuque pour nous réveiller. Soen trouve un bel équilibre dans les tonalités et dans les rythmiques.

Et même si ce deuxième morceau peut sembler un poil plus faible que le précédent, il a une réelle aura. Ce qui sera aussi le cas avec Monarch. Bien plus épique que les deux titres précédents, Soen nous montre toute l’étendue de son talent. Grandiloquent que ce soit dans la voix ou encore dans la rythmique, ou même dans la construction, les suédois font preuve d’un savoir-faire incroyable. De même, le refrain rentre immédiatement en tête pour ne plus jamais nous lâcher. Bref, l’un des meilleurs morceaux de l’album et qui, en plus, nous gratifie d’un superbe solo. Par la suite, le groupe va prendre tout le monde à revers avec Illusion. Ici, la formation plonge en plein dans la ballade et ce qui aurait pu être un raté sonne comme une belle réussite. Non seulement c’est beau, mais c’est surtout à la lisière des genres.

Rock, Métal, Gothique, on ne saura choisir. Quoi qu’il en soit, c’est très touchant et cela reste à l’image du groupe. Il se dégage du titre une mélancolie vénéneuse qui s’insinue en nous pour ne jamais nous lâcher. Pour contrebalancer ce joli moment, le groupe nous assène Antagonist, peut-être le titre le plus virulent de l’effort. Les riffs sont vifs, la rythmique ne laisse aucun répit et on ressent une belle puissance se dégager de l’ensemble. Même sur le refrain qui se veut plus percutant que les autres morceaux. Modesty sera lui aussi un titre réussi, mais peut-être moins marquant que les autres morceaux. Tout en étant réussi, les couplets sont un peu trop transparents. Néanmoins, le titre possède le meilleur refrain de tout l’album. Et une belle mélancolie avec l’ajout des violons qui viennent appuyer une ambiance particulière.

Avec Dissident, le groupe renoue avec un certain sens de la violence, tout en gardant en tête ce côté si aérien qui lui est propre. C’est parfaitement exécuté, et on y trouve un parfait équilibre entre la violence des riffs et l’aspect très doux du chant. Il y a vraiment une osmose qui se dégage de l’ensemble. Enfin, avec Fortune, le groupe clôture de la plus belle des façons son effort. C’est dense, c’est lourd dans les riffs (un peu comme un Doom), mais la voix suave du chanteur adoucit le tout et c’est superbe. D’ailleurs, la cohérence est de mise avec ce titre, qui est une conclusion parfaite, à la fois épique (grâce aux violons), mais aussi très touchante. Soen a vraiment trouvé la bonne recette pour fournir un effort équilibré, à la fois doux et brut. Et c’est suffisamment rare pour être souligné.

Au final, Imperial, le dernier album de Soen, est une superbe réussite, et cela sur presque tous les titres. Délaissant un poil le Prog pour se diriger vers un Métal Alternatif à la fois puissant et tendre, les suédois imposent un style particulier qui marche du feu de Dieu. Entre une voix douce sans aucune fausse note et des guitaristes impressionnants, Soen s’impose cette année comme l’une des plus belles surprises, de celles que l’on n’attendait pas.

  • Lumerian
  • Deceiver
  • Monarch
  • Illusion
  • Antagonist
  • Modesty
  • Dissident
  • Fortune

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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