juillet 20, 2024

La Petite Sirène – Noyade Numérique

Titre Original : The Little Mermaid

De : Rob Marshall

Avec Halle Bailey, Cerise Calixte, Jonah Hauer-King, Javier Bardem

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique, Aventure, Romance

Résumé :

Les années 1830, dans les eaux d’une île fictive des Caraïbes. Ariel, la benjamine des filles du roi Triton, est une jeune sirène belle et fougueuse dotée d’un tempérament d’aventurière. Rebelle dans l’âme, elle n’a de cesse d’être attirée par le monde qui existe par-delà les flots. Au détour de ses escapades à la surface, elle va tomber sous le charme du prince Eric. Alors qu’il est interdit aux sirènes d’interagir avec les humains, Ariel sent pourtant qu’elle doit suivre son cœur. Elle conclut alors un accord avec Ursula, la terrible sorcière des mers, qui lui octroie le pouvoir de vivre sur la terre ferme, mais sans se douter que ce pacte met sa vie – et la couronne de son père – en danger…

Avis :

Rob Marshall est un cinéaste qui aura toujours une place particulière dans mon cœur de cinéphile, puisque c’est à lui qu’on doit la comédie musicale « Chicago » et après ça, c’est aussi lui qui réalisera « Mémoire d’une Geisha« . Dans ses faits d’armes, on compte aussi la bonne suite de « Mary Poppins« . Le film s’était posé comme une bonne surprise à laquelle pourtant, je ne croyais pas des masses. Au cours de sa carrière, Rob Marshall se pose comme l’un des metteurs en scène actuel les plus amoureux de la comédie musicale. Le réalisateur en aurait presque fait son cheval de bataille, avec des films comme « Nine« , « Into The Woods, promenons-nous dans les bois« .

À l’heure où Disney a décidé de revisiter tous ses classiques en prises de vues réelles, Rob Marshall était donc un bon choix pour s’aventurer à mettre en scène « La petite sirène« . Le défi était compliqué, et d’emblée, l’idée de voir passer Ariel de l’animé en réel, ça pouvait laisser craindre tout et n’importe quoi. Porté par un très mauvais bouche-à-oreille, ce septième film pour Rob Marshall se pose comme très inégal. Un film qui réussit plutôt bien sa partie sur terre, mais qui se plante lorsqu’il est sous la mer, à cause d’effets visuels grossiers, auxquels on a bien du mal à croire. On ajoutera à cela un aspect réaliste de certains personnages aquatiques qui casse le charme et le charisme que pouvait avoir le dessin animé.

« Cette adaptation du film de 1989 se scinde en deux films qui sont totalement différents. »

Ariel est l’une des filles du Roi des sept mers, le grand Triton. Depuis toute petite, Ariel est attirée par le monde de la surface, rêvant d’en apprendre bien plus sur les humains. Or, son père le lui interdit, car pour lui, les hommes ne sont que des sauvages qui n’ont aucune pitié. Un soir, Ariel va sauver un homme de la noyade, le Prince Eric, et elle va en tomber follement amoureuse. Mais comment pourrait-elle aller dans son monde ?

Voulant se venger de son frère, la Sorcière des Mers, Ursula, va alors conclure un pacte avec la petite sirène. Un pacte qui lui permettra de vivre trois jours sur terre, et de fréquenter son Prince. Le pacte dit aussi qu’Ursula gardera la voix d’Ariel (sinon ça ne serait pas juste) et la jeune femme devra embrasser le Prince avant le troisième coucher du soleil, sinon, la sorcière gardera la sirène auprès d’elle…

« La petite sirène » est un film auquel j’avais envie de croire, ne serait-ce que parce qu’on y trouve Rob Marshall à la réalisation, et voici que je ressors de la salle le cul entre deux chaises, car cette adaptation du film de 1989 se scinde en deux films qui sont totalement différents. D’ailleurs, lorsque l’on écoute Rob Marshall parler du projet, il le dit lui-même, il voulait que le film soit d’un côté très réaliste lorsqu’il est sur terre, et totalement fantasmagorique lorsqu’il est sous l’eau, et je dois dire que j’ai eu énormément de mal avec toutes les scènes immergées.

« Halle Bailey et Jonah Hauer-King sont bons et forment un joli couple pour ce film. »

Ainsi, lorsqu’on est sur terre, cette « … petite sirène » a son charme et le savoir-faire, notamment en comédie musicale, de Rob Marshall fonctionne plutôt bien. On aura même le droit à une scène joliment romantique, lorsqu’Ariel et son Prince s’évadent pour une soirée en barque. Sur terre, décors, costumes, idées de mise en scène, sont bonnes, tout comme les scènes sur les bateaux, où Rob Marshall a réussi à capturer un bel esprit marin.

On ajoutera à cela que côté acteurs, Halle Bailey et Jonah Hauer-King sont bons et forment un joli couple pour ce film. Évidemment, on ne peut pas ne pas parler de l’actrice qui avait fait couler tant d’encre au moment de son choix. Si elle est très différente de l’Ariel du film de 89, elle s’en sort haut la main, se faisant attachante de bout en bout de film, malgré le coté raté des effets sous l’eau.

Toujours du côté des comédiens, on trouvera de tout, avec une Mélissa McCarthy qui s’éclate dans la peau d’Ursula, même si là encore, les effets autour d’elle sont foirés, et il y a un côté « épuisant » avec ce personnage qui sur-explique tout, pour qu’on comprenne pourquoi elle est méchante.

On sera moins conquis par Javier Bardem en Triton, auquel on ne croit pas un instant, et derrière ça, le personnage est dénué de charisme. À noter la mixité que Disney souhaite aux forceps, ce qui fait de Triton est un sacré queutard avec des filles, toutes plus diverses les unes que les autres, et là, ça ne tient pas la route, en plus de nous faire sourire.

« Laid, grossier et voyant, on a bien du mal à croire à cette vie aquatique. »

Du côté de son scénario, le film de Rob Marshall suit presque plan par plan le film de Ron Clements et John Musker, et tout en nous racontant la même histoire, le réalisateur y ajoute pas mal de temps en plus. Après, côté adaptation, si on aime l’histoire de « La petite sirène« , on n’aura pas de surprise, puisque c’est la même, à quelques scènes près. Oui, ça fait longtemps que je n’ai pas vu le film de 89, mais je ne me souviens pas d’une scène rappée entre Sébastien et Euréka. Hormis ces petits détails, le film est entre guillemets le même.

Mais voilà, ces petits bons points se retrouvent très vite abîmés, voire fichus en l’air par le plantage en beauté de ses effets spéciaux sous l’océan. Avec un budget de deux cent-cinquante millions de dollars, il est compliqué de comprendre comment Rob Marshall et ses équipes n’ont pas réussi à faire mieux que ça. Laid, grossier et voyant, on a bien du mal à croire à cette vie aquatique, tant ça nous renvoie à la tête un aspect d’un autre âge. Et je sais qu’il ne joue pas dans la même catégorie, mais il est difficile de passer après les scènes sous-marines d’un James Cameron qui, il y a six mois de cela, nous mettait une claque incroyable.

Ainsi, je ressors donc partagé, car dans un sens (et pour les plus petits) ce remake de « La petite sirène » se laisse suivre, et parfois, il a plutôt son charme avec Halle Bailey et son Prince, mais face à cela, son aspect numérique, ses effets spéciaux ratés (RIP Polochon), sa mixité qui manque vraiment de subtilité (oui les filles de Triton, c’est vraiment drôle), ses sirènes mal fichues, son Javier Bardem anti-charismatique, et finalement son manque d’âme, font de cette « … petite sirène » 2023 un film mi-figue, mi-raisin qui se pose comme une déception !

Note : 08/20

Par Cinéted

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