juin 24, 2024

The Possessed

De : Chris Sun

Avec John Jarratt, Lincoln Lewis, Lauren Grimson, Angie Kent

Année : 2021

Pays : Australie

Genre : Horreur

Résumé :

Jacob Chandler est un homme ordinaire au don extraordinaire : celui d’exorciser. Avec son neveu Liam, il vient en aide aux possédés en chassant les démons de leur corps au cours d’intenses séances de purification. Mais alors qu’ils font face à une hausse des cas de possession, Jacob croise la route d’Atalie, la nouvelle petite amie de Liam, dotée elle aussi du pouvoir de voir les damnés. Pour protéger ceux qu’ils aiment, ils vont unir leurs forces et lutter contre ce mal de plus en plus puissant… 

Avis :

Il devient de plus en plus difficile d’être original dans les films d’exorcisme. Si l’on exclut les scénarios qui s’appuient sur des folklores plus ou moins connus, on a souvent droit au fameux « inspiré de faits réels » pour tenter de donner du crédit à son histoire. Ce fut le cas pour la saga The Conjuring, et de nombreux autres films ont suivi cet adage pour attirer le chaland et ancrer leur film dans une réalité qui peut susciter de la peur. C’est bien évidemment le choix de Chris Sun, réalisateur australien qui baigne dans l’horreur depuis trois films, et dont The Possessed semble être le seul à bénéficier d’une sortie chez nous. S’inspirant de la vie de Jacob Chandler, un exorciste un peu particulier vivant sur l’île-continent, le film ne va pourtant pas raconter grand-chose et aura tous les atours d’un vilain DTV sans âme.

Comme tout bon fim d’exorcisme qui se respecte, The Possessed débute avec une femme possédée, et son mari va tout faire pour faire sortir le démon de son corps. On aura droit aux sempiternelles insultes et autres cris venus du tréfond des enfers, puis le film va gentiment dévier avec l’apparition d’un démon en latex qui est plutôt bien foutu. En effet, on va y ressentir un amour profond pour les effets spéciaux de l’époque, et on va se plaire à espérer découvrir des monstres dégoulinants tout au long du film. Malheureusement, le film va être avare en apparition démoniaque, préférant alors se concentrer autour de quatre jeunes adultes qui vont prêter main forte à l’exorciste pour démêler quelques affaires. Dès lors, le film prend des allures de journal de bord pour montrer le travail de l’exorciste, jusqu’à un dernier cas difficile.

« The Possessed devient assez ringard dans ses séquences d’exorcisme. »

Rien de bien neuf, si ce n’est la façon dont les exorcismes sont pratiqués. Si l’on est prévenu avant le film par une pancarte qui annonce une dramatisation des effets pour rendre cela plus cinématographique, on restera dubitatif. Il faut dire qu’hormis quelques phrases sorties avec une main qui s’agite au-dessus des corps, on n’aura rien de mieux à se mettre sous la dent. On constatera avec les images d’archives que c’est exactement ce que fait l’exorciste dans la vraie vie, mais cela n’a rien de vraiment intéressant au niveau des images. De ce fait, The Possessed devient assez ringard dans ses séquences d’exorcisme, et certaines sont carrément gênantes, notamment lorsqu’il faut virer un diablotin du corps d’un homme, ou encore un démon lubrique dans le corps d’une femme. Ces saynètes sont vite expédiées et n’approfondissent même pas le personnage central.

Un personnage incarné par un John Jarratt (Wolf Creek) qui s’éloigne de ses rôles de méchant pour endosser celui d’un gentil. Malheureusement, cela ne lui réussit pas, et il en devient une sorte de caricature. Là encore, certaines scènes mettent mal à l’aise tant elles sont mal jouées. On peut évoquer ce moment où il va dans son jardin pour renvoyer les démons qu’il a avalés dans la terre, et où on dirait qu’il se retient de chier. C’est plus drôle qu’autre chose. L’acteur est accompagné par une quatre jeunes comédiens qui ne sont pas en reste. Entre le pétochard un peu efféminé, la geek qui veut tout filmer, ou encore la dj qui possède le don de voir les démons, on reste dans quelque chose de très cliché et qui n’apporte rien de bien à l’intrigue.

« On ressent un amour du latex et des monstres old school. »

Si on arrive à trouver une intrigue, qui se dénouera un peu sur la fin, avec un gros démon à combattre au sein d’une maison qui fut le théâtre d’un massacre. Car malgré une mise en scène qui fleure bon le budget au rabais, on ne peut enlever au film cette envie de mettre en avant des démons qui ont du style. Si les effets numériques, avec de la fumée, sont clairement dégueulasses, on ressent un amour du latex et des monstres old school. Chris Sun a préféré utiliser de vieilles méthodes pour mettre en avant les démons, et ça fonctionne à plein régime. Jusqu’à l’impressionnante dernière bestiole avec sa tête de bouc et ses grandes ailes. Le film, même s’il va dans une exagération des effets démoniaques, trouve un vrai intérêt dans son bestiaire, qui nous sort un peu de notre torpeur.

Une torpeur qui sera bien présente sur quasiment toute la durée du long-métrage. La faute, comme dit auparavant, à une mise en scène ratée et sans âme, à des personnages inconsistants, mais aussi à des effets de peur qui ne marchent jamais. Les apparitions sont trop timides, et certains moments, qui auraient pu être effrayants, sont vite dédramatisés par une blague ou une réaction un peu débile. Le cinéaste n’arrive pas à bien gérer ses tonalités, ce qui fait que son film ne fait jamais peur, mais il ne fait pas rire non plus. Il manque de la finesse dans l’écriture, et un gros manque de caractérisation des personnages. On ne ressent jamais d’empathie pour le « héros », alors même qu’il met sa vie en danger pour sauver les autres. Un triste constat qui fait que le film est finalement assez mauvais.

Au final, The Possessed ne réservera aucune surprise. Malgré la présentation d’un vrai exorciste aux méthodes peu orthodoxes, l’histoire du film n’arrive jamais à décoller, alignant les possédés pour arriver à un gros boss final qui n’aura pas l’aura escompté. On reste alors face à un film qui traine la patte, n’arrive pas à créer des personnages intéressants, et baigne dans une mise en scène qui fait très téléfilm. Dommage pour John Jarratt qui est bien meilleur en tueur en série zinzin dans le bush australien.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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