mars 3, 2024

La Dernière Reine – Premier Film Ambitieux

De : Damien Ounouri et Adila Bendimerad

Avec Adila Bendimerad, Dali Benssallah, Mohamed Tahar Zaoui, Imen Noel

Année : 2023

Pays : Algérie, France, Arabie Saoudite, Qatar, Taïwan

Genre : Drame, Historique

Résumé :

Algérie, 1516. Le pirate Aroudj Barberousse libère Alger de la tyrannie des Espagnols et prend le pouvoir sur le royaume. Selon la rumeur, il aurait assassiné le roi Salim Toumi, malgré leur alliance. Contre toute attente, une femme va lui tenir tête : la reine Zaphira. Entre histoire et légende, le parcours de cette femme raconte un combat, des bouleversements personnels et politiques endurés pour le bien d’Alger.

Avis :

Aujourd’hui, c’est du côté du cinéma algérien qu’on pose nos yeux de cinéphile, pour aborder le cinéma de Damien Ounouri et Adila Bendimerad. Duo de réalisateurs dont « La dernière Reine » est le premier film, les deux cinéastes ont pourtant une petite carrière derrière eux. Damien Ounouri commence dans la production au cours des années 2010, avant de se mettre à écrire et à réaliser. Avant cette « … dernière Reine« , il avait réalisé un documentaire seul. Quant à Adila Bendimerad, elle débute en tant que comédienne, avant de passer à la production et à l’écriture. D’ailleurs, c’est autour de l’écriture que les deux réalisateurs se trouvent, puisqu’ils vont collaborer ensemble en 2016 pour un court, « Kindil el Bahr« , qui sera à cette époque réalisé par Damien Ounouri.

C’est par le biais d’un livre sur l’Algérie que les deux réalisateurs trouvent cette Reine mystérieuse que fut Zaphira. Relevant autant de la vérité que de la légende, depuis des années, son existence est tour à tout contestée ou affirmée par les historiens. Les deux metteurs en scène s’y sont donc intéressé et plus ils ont creusé son histoire, plus ils ont trouvé matière à faire un film, tant ce destin est aussi passionnant qu’il est tragique.

«  »La dernière Reine » se pose comme un cinéma ambitieux. »

Petite sortie de la semaine, ce qui est bien dommage, car ce premier film de Damien Ounouri et Adila Bendimerad mérite bien qu’on s’y arrête tant cette « … dernière Reine » se pose comme un cinéma ambitieux, qui respire le travail en amont, grâce à de grands décors, des costumes impressionnants et derrière ça, une mise en scène qui a du souffle et livre des images magnifiques.

Algérie, 1516, le pays est cerné par les Espagnols. Pour arriver à vaincre cette armée et libérer le pays, le Roi Salim Toumi s’associe avec le corsaire Aroudj. Après avoir lutté pendant une année, l’Algérie est libre, mais très vite, Aroudj vise le trône. Après avoir assassiné le Roi, Aroudj va se retrouver devant la femme du Roi défunt, la Reine Zaphira.

Pour leur premier film, le duo Damien Ounouri et Adila Bendimerad a vu grand en s’engageant dans une fresque qui mélange histoire et légende, puisque le destin tragique, et surtout l’existence, de cette Reine est assez contesté.

«  »La dernière Reine » tient tout d’abord une histoire qui sait se faire captivante du début à la fin. « 

Film dont l’ambition se voit dès les premières images, « La dernière Reine » est un film passionnant du début à la fin et qui, derrière l’histoire qui nous est racontée, est un film dont le scénario possède plusieurs grilles de lecture. Affrontements, guerres, puis trahisons, complots, politique, traditions et histoires sont au menu des presque deux heures que le film dure. Parfaitement écrit, « La dernière Reine » tient tout d’abord une histoire qui sait se faire captivante du début à la fin. Si, parfois, il y aura bien quelques longueurs, le film en lui-même ne cesse d’être intéressant dans tout ce qu’il nous raconte. Il faut dire que les trahisons et les complots rendent le film prenant, d’autant plus que même si l’on imagine bien comment tout ceci va bien pouvoir se conclure, le film arrive à nous tenir, et les rebondissements et autres retournements de situation sont très efficaces.

De plus, c’est avec plaisir et intrigue qu’on découvre cette histoire, et surtout les personnages qui la font vivre. Film féministe, on se plaît à explorer le personnage complexe de cette Reine, dont le destin tragique ressemble à une œuvre de Shakespeare tenant ce qu’il faut de drame, d’horreur, de vengeance, de sentiments, d’orgueil, et comme je le disais, de complots et de coups en traitre.

«  »La dernière Reine » démontre une envie de grand cinéma. »

Cette « … dernière Reine« , c’est Adila Bendimerad qui l’incarne à l’écran, et la réalisatrice, qui est donc aussi actrice en plus d’être scénariste, livre une prestation incroyable, tenant un personnage fort et complexe. Face à elle, parmi l’impeccabilité du casting, on retiendra surtout Dali Benssalah qui incarne le fourbe Aroudj, dont les motivations, les sentiments et les envies, peuvent être changés au fil des visionnages qu’on pourrait faire de ce film, car les deux réalisateurs et l’acteur ont construit un personnage assez flou, dont on ne sait vraiment ce qu’il cherche, du moins lorsqu’il monte ses complots et derrière ça, lorsqu’il est face à cette Reine.

Avec cette « … dernière Reine« , les deux réalisateurs ont voulu faire un film spectaculaire et franchement ça se voit dès les premières images. Grandiose, ambitieux, parcouru de plans et de séquences marquantes, « La dernière Reine » démontre une envie de grand cinéma. D’ailleurs, c’est assez dingue de voir un tel film d’une telle qualité visuelle, alors qu’il n’a pas un budget mirobolant, et pourtant, tout fonctionne, et tout est beau. Bon, il y aura bien quelques effets numériques, notamment dans les batailles, qui sont un peu grossiers, mais face à l’ampleur du film, ce n’est pas grand-chose.

« Les costumes et les décors sont grandioses, tout comme certaines séquences qui débordent de cinéma. »

Comme je le disais plus haut, le film respire le travail fait en amont. Oscillant entre grandes batailles et scènes plus intimes où il sera question de politique, de complot et d’émotions, les deux réalisateurs réussissent à faire un film superbe. La photographie chaude s’accorde parfaitement à la noirceur de cette histoire. Les costumes et les décors sont grandioses, tout comme certaines séquences qui débordent de cinéma. Après, comme je le disais, même si l’on ne s’y ennuie pas, il y a toutefois un coup de mou en milieu de film, ce qui crée de petites longueurs, que cette « … dernière Reine » rattrapera très vite, pour aller vers un final terrible, violent et marquant, qui conclura parfaitement cette histoire, ou cette légende.

Ainsi, ce premier film est l’une des grandes sorties de cette semaine, si ce n’est pas la meilleure sortie de la semaine ! Trouvant assez peu de salles pour le jouer, il serait dommage de passer à côté de cette fresque historique. Les deux réalisateurs n’ont clairement pas visé la facilité pour ce premier film, osant le film d’époque, et une histoire complexe et sombre, mais le résultat est là, et c’est grandiose !

Note : 16/20

Par Cinéted

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