novembre 30, 2022

Close – Dhont Confirme

De : Lukas Dhont

Avec Eden Dambrine, Gustav De Waele, Emilie Dequenne, Léa Drucker

Année : 2022

Pays : Belgique, France, Pays-Bas

Genre : Drame

Résumé :

Léo et Rémi, 13 ans, sont amis depuis toujours. Jusqu’à ce qu’un événement impensable les sépare. Léo se rapproche alors de Sophie, la mère de Rémi, pour essayer de comprendre…

Avis :

Réalisateur belge, Lukas Dhont est l’un des cinéastes qui est en train de gravir les échelons pour s’imposer. Débutant sa carrière en 2012 comme directeur de la photo, il commence à réaliser la même année. En 2018, il s’impose avec son premier long, le sublime « Girl« , pour lequel il reçoit la Queer Palm à Cannes, mais surtout plusieurs Magritte, dont ceux du Meilleur Film Flamand et du Meilleur Scénario original. Touche-à-tout, Lukas Dhont s’est aussi essayé à la musique avec le compositeur Valentin Hadjadj.

2022, après quatre ans d’absence, Lukas Dhont revient en salle avec « Close« , son second long-métrage qui, présenté au dernier Festival de Cannes, a ému toute la Croisette, et s’est même vu décrocher, ex aequo avec Claire Denis, le Grand Prix.

Présenté à Deauville dans la catégorie l’Heure de la Croisette, « Close » était l’un des films que j’attendais le plus pour la fin d’année, car j’avais envie de voir si le réalisateur de « Girl » allait tenir toutes les promesses qu’il avait faites avec son précédent film. Vous savez quoi ? Eh bien Lukas Dhont a fait encore mieux que « Girl« , livrant un film absolument bouleversant de bout en bout. Un film fort, intense, aussi sublime qu’il est déchirant. Assurément l’un des plus beaux films de cette année 2022.

Léo et Remy sont les meilleurs amis du monde. On peut même dire qu’ils sont inséparables. Les deux garçons que rien ne décolle sont ensemble en classe, et bientôt, dans la cour de récréation, ça commence à faire parler. Si Léo reste ami avec Rémy, il installe petit à petit une distance, ce que Rémy a bien du mal à comprendre et accepter…

Pour son deuxième film, Lukas Dhont frappe fort avec un film minimaliste et puissant à la fois. Après s’être intéressé à la transidentité, voici que le jeune metteur en scène s’aventure dans un film très intime, puisqu’il a mis beaucoup de son vécu, et cette intimité et cette importance se voient à l’écran.

« Close« , c’est l’histoire d’une amitié fusionnelle. Une amitié comme on en a que trop rarement. Mais cette amitié est sur le point d’être détruite par les regards, les jugements, et les qu’en dira-t-on. Avec cette amitié qui va prendre fin, Lukas Dhont livre un drame aussi sombre qu’il est solaire à la fois. Un drame dont le scénario va déjouer tous les pronostics de pathos, et autres clichés, pour s’intéresser aux émotions de ses personnages. « Close » est un film qui est extrêmement riche dans ce qu’il aborde. « Close » est un film qui parle avec pudeur et beauté de l’adolescence et ses émotions. « Close » est un film qui parle de la façon de gérer ses émotions, surtout à cet âge-là, où l’événement qui arrive fait office de boulet de canon.

Lukas Dhont parle ici de la culpabilité, et comment elle peut ronger. Il parle aussi de l’incompréhension d’un geste, le sentiment d’abandon, les difficultés à poser des mots sur des maux et un mal-être. Pour formuler ces émotions, pour faire passer ces émotions, Lukas Dhont filme énormément le visage de ses personnages. Les expressions, les regards, les silences, les éclats de rire, ou les attitudes renfermées, tout y passe, et surtout est parfaitement souligné par le jeune réalisateur. Dans son scénario, « Close » est aussi une petite merveille, car le réalisateur sait comment faire monter les émotions que l’on va ressentir au cours de cette histoire. C’est même parfois brutal, tant ce que raconte et filme Lukas Dhont est juste, et ô combien sublime.

« Close« , c’est aussi un film qui fonctionne grâce aux talents des deux jeunes comédiens que Lukas Dhont a réunis. Deux jeunes acteurs qui tiennent des personnages complexes et compliqués et on peut aisément dire qu’ils sont parfaits en tout point. Il est même difficile de rester insensible face eux. Que ce soit dans les moments de pure joie, dans le drame le plus dur, ou encore dans leur complicité et l’alchimie magnétique qui transparaît à l’écran, Eden Dambrine et Gustav De Waele sont tout simplement bluffants de bout en bout. Pour les accompagner et les soutenir, on trouvera une excellente Léa Drucker, un très touchant Kevin Janssens et surtout une Emilie Dequenne bouleversante, qui mérite toutes les récompenses pour ce rôle admirable et difficile.

Du côté de sa mise en scène, « Close » peut aisément prétendre à être l’un des plus beaux films qu’on verra cette année. Lukas Dhont a tout compris. Que ce soit dans l’intimité de ses personnages, toute la « démesure » de la joie, dans ses travellings, ou encore dans l’émotion que son drame suscite, le réalisateur réussit tout ce qu’il entreprend, en évitant tous les pièges de ce genre d’histoire, avec une assurance folle. Ici, tout est beau, tout est utile, tout est émotion, et surtout, tout est lumière, alors même que l’histoire que nous raconte Lukas Dhont est sombre.

Avec « Girl« , on voyait la naissance d’un réalisateur intéressant, qui a des choses à dire de manière différente. Avec « Close« , Lukas Dhont franchit un pallier, et il livre un drame d’une beauté et d’une émotion qu’on n’est pas près d’oublier. Magnifique, grand, puissant, et terrible dans bien des sens, « Close » est à coup sûr le plus beau film de la semaine ! Immanquable !

Note : 18,5/20

Par Cinéted

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