
Avis :
Ce qu’il y a de bien quand on plonge dans un label spécialisé dans le Doom et le psychédélique, c’est que l’on a une chance énorme de tomber sur une pépite. Et c’est souvent le cas chez les suédois de Majestic Mountain Records. Bien évidemment, il faut aimer le genre, mais de façon globale, depuis que l’on fourre notre nez dans leur distro, c’est une réjouissance à chaque nouvelle écoute. Dernière en date, Indica Blues, des anglais qui viennent de sortir leur troisième album en changeant de label, puisque sur les deux précédents opus, ils étaient chez APF records, un autre label spécialisé dans le Doom, mais anglais cette fois-ci. Sans aucun changement de line-up depuis 2017, et donc depuis la sortie de leur premier album en 2018, Indica Blues propose Universal Heat Death, et c’est un petit bijou de Stoner/Doom/Blues (oui, oui, Blues).
Si on a pour habitude que les groupes de Doom nous fournissent de longs albums, ce n’est pas le cas ici. On a sept morceaux pour une durée qui dépasse à peine les trente-sept minutes. Cela peut paraître peut, mais il permet surtout de bien se focaliser sur chaque titre, qui aurait tous leur identité propre. Par exemple, Universal Heat Death, qui est le premier titre, pose les bases d’un Stoner/Doom à la fois lourd et lent, cochant toutes les cases de ce que l’on attend de ce genre de formation. Les riffs sont badant, longs et lourds, le chant est plutôt en arrière-plan pour laisser plus de place aux instruments, et on a cette sensation de pesanteur très forte. Cependant, on aura droit à un joli solo, et surtout un fond qui fait très bluesy, qui sera la marque de fabrique de la formation.
En abordant The Raven, on a un peu les mêmes sensations que le morceau précédent, mais avec un côté presque plus Pop. Alors il ne faut pas exagérer non plus, mais ce titre est sans doute le plus accessible de l’album. Il dépasse les quatre minutes, mais il présente tous les atours d’un morceau presque radiophonique, du moins dans un pays ouvert d’esprit au niveau de la musique. On a un super solo, la structure est assez simple, et seuls les riffs bien gras viennent nous rappeler que nous sommes dans du Stoner et pas n’importe où. En égrenant les pistes, on va se rendre compte que cet album est une petite montée en tension. Bloodsands Pt.1 va durer plus longtemps. C’est un morceau qui fait monter la sauce et prend des allures orientales sur son démarrage lent et envoûtant, pour mieux nous frapper par la suite.

En effet, après une longue introduction, les riffs lourds repartent de plus belle pour mieux nous faire mal à la nuque. Il y a vraiment cette envie de nous montrer tout le talent technique des musicos, et ça fonctionne à plein régime. Pour un titre 100% instrumental, on a vraiment la sensation que ça nous raconte une histoire, comme si on évoluait en plein désert, sous une chaleur écrasante. Derrière, The Slow Descent into Hell va être un morceau très court et vif, qui évoque un rock n’roll brûlant et sans fioriture. C’est puissant, percutant, et surtout, le refrain rentre bien dans la tronche. C’est avec un titre comme celui-là que l’on se rend compte que le groupe est aussi à l’aise dans les morceaux à rallonge que sur les titres courts et concis. Mais on va aussi voir que cela donne naissance à une autre piste tout simplement faramineuse.
Debt Ridden Blues est certainement le meilleur morceau de l’album, ni plus, ni moins. C’est un vrai bloc bluesy dans son rythme et dans sa mélodie, mais qui raccroche cela au Stoner et au Doom via une rythmique lente et des riffs qui demeurent toujours aussi lourds. Cependant, les solos seront aériens, et l’ambiance sera d’une chaleur palpable. Bref, c’est un titre iconique de cet album, et sur scène, ça doit être quelque chose. Ajoutons à cela un chant à la Black Sabbath, et la boucle est bouclée. Derrière, Bloodsands Pt.2 déboule avec ses sept minutes qui en suscitent aucun ennui, et qui reprennent les airs arabiques de la première partie, mais cette fois-ci avec des paroles et un côté bluesy plus assumé. Enfin, So Low renoue avec un Stoner plus pêchu et percutant, qui donne envie de se refaire une nouvelle écoute.
Au final, Universal Heat Death, le dernier album d’Indica Blues, est une pure réussite. En mélangeant le Stoner et le Doom, le groupe faisait déjà fort, avec des riffs puissants et des mélodies entêtantes. Mais en y ajoutant des élans bluesy, la formation anglaise passe un autre niveau et envoie un album incontournable et absolument génial. Encore une fois, Majestic Mountain Records produit un groupe qui a tous les atours pour devenir majeur dans son style, et on se régale de découvrir cela !
- Universal Heat Death
- The Raven
- Bloodsands Pt.1
- The Slow Descent into Hell
- Debt Ridden Blues
- Bloodsands Pt.2
- So Low
Note : 17/20
Par AqME
