juin 19, 2024

The Last of Us Saison 1

D’Après une Idée de : Neil Druckmann et Craig Mazin

Avec Bella Ramsey, Pedro Pascal, Lamar Johnson, Anna Torv

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 9

Genre : Horreur

Résumé :

Quand le monde tel que vous le connaissiez n’existe plus, quand la ligne entre le bien et le mal devient floue, quand la mort se manifeste au quotidien, jusqu’où iriez-vous pour survivre ? Pour Joel, la survie est une préoccupation quotidienne qu’il gère à sa manière. Mais quand son chemin croise celui d’Ellie, leur voyage à travers ce qui reste des États-Unis va mettre à rude épreuve leur humanité et leur volonté de survivre.

Avis :

Sorti en 2013 sur Playstation 3, The Last of Us fait partie de ce cercle très fermé des jeux vidéo qui ont révolutionné l’industrie vidéoludique. Survival Horror qui pourrait ressembler à tant d’autres, il est surtout une histoire belle et touchante entre deux âmes meurtries qui vont faire un voyage dans un monde post-apocalyptique. Ici, les hommes sont infectés par un champignon et deviennent des zombies, mais Ellie, une jeune fille un peu tête brûlée, semble immunisée. Dès lors, Joel, un homme esseulé et bougon, va devoir l’emmener dans un hôpital éloigné pour trouver un vaccin. Le jeu misait beaucoup sur son ambiance et sur un scénario très travaillé. Etant un énorme succès critique, le jeu va connaître un premier lissage pour la Playstation 4, puis une suite en 2020. Il n’en fallait pas plus pour voir le jeu devenir une série télévisée.

A la base, le jeu devait être adapté en film. Le projet date de 2014, mais en 2016, la production est à l’arrêt, la faute à des désaccords entre Sony et Neil Druckmann concernant le scénario. Ce n’est que quatre ans plus tard que le projet devient une série qui sera diffusée sur HBO et Prime Video. Une occasion d’étoffer le scénario et de proposer une histoire qui va mieux correspondre aux attentes des joueurs, mais aussi aux néophytes qui pourront y trouver une belle alternative à toutes les séries de zombies. Car oui, ne nous y trompons pas, malgré des personnages forts et un récit itinérant, on reste dans un monde post-apo avec des zombies et des humains qui sont finalement plus dangereux que les monstres peuplant nos campagnes. Un ressort scénaristique connu et balisé, qui peut un peu faire du tort à la série.

Si l’on regarde l’ensemble d’un point de vue global, il n’y a pas vraiment de grosses surprises autour de cette première saison. Même si Neil Druckmann a tenté de surprendre les joueurs en préparant quelques surprises qui ne sont pas dans le jeu, on reste sur quelque chose de très balisé. Joel et Ellie vont apprendre à se connaître. Ils vont utiliser leurs compétences réciproques pour se sortir de situations complexes. Et surtout, ils vont évoluer dans un monde où le danger n’est pas toujours celui que l’on croit. Un peu à la The Walking Dead (en mieux tout de même et uniquement sur la première saison), on retrouve des éléments communs comme les poches de survie, les humains plus mauvais que les zombies ou encore des personnages secondaires qui ont un joli grain de folie. Heureusement pour nous, The Last of Us est bien mieux que la série AMC.

En premier lieu, les personnages sont beaucoup mieux écrits, et notamment Ellie et Joel. Si l’on s’attarde sur le casting, Pedro Pascal et Bella Ramsey sont excellents, et il se dégage une belle complicité des deux comédiens. Les showrunners ont eu raison de ne pas écouter les fans concernant la jeune comédienne, qui est épatante. Mais si l’on se concentre sur les personnages, il y a une évolution juste et belle. Le père meurtri qui va trouver une fille de substitution jusqu’à commettre un massacre pour la sauver, c’est très beau, et on va ressentir une forte empathie pour lui. Jusqu’à ce dernier mensonge qui montre à quel point il est déterminé à la protéger, afin de ne pas recommencer un cycle de mort qui le briserait définitivement. Et puis il y a Ellie, qui aura droit à un épisode flashback pour montrer ses blessures.

Là aussi, la série est suffisamment maline pour créer une forte empathie envers elle. Amoureuse d’une autre fille sans jamais l’avouer, découvrant les plaisirs d’une vie d’antan qu’elle n’a jamais connu, on est vraiment sur le cauchemar qui arrive après une journée idyllique. On comprend alors mieux son caractère impulsif, qui peut parfois l’amener dans des situations dangereuses. Bref, le duo fonctionne et carbure, et c’est ce qu’il fallait à la série pour ne pas sombrer dans une redite crasse de n’importe quelle série de zombies. D’autant plus qu’ici, on retrouve aussi des antagonistes bien écrits et intéressants dans leur psyché. On pense bien sûr à ce pasteur cannibale beau parleur, ou encore à cette femme qui veut venger son frère pour de mauvaises raisons, donnant lieu à l’un des segments les plus violents de la première saison avec une fin d’épisode dantesque.

Au-delà des méchants, Neil Druckmann a aussi l’intelligence de fournir tout un tas de personnages secondaires qui vont venir étoffer un monde post-apo assez réaliste. Le monde n’est pas manichéen, et on aura droit à des protagonistes qui ne sont ni bons, ni mauvais, mais qui font tout pour se protéger ou protéger ceux qu’ils aiment. On pense alors à ce grand frère qui a tué pour sauver son petit frère, et qui va le payer à travers une traque infernale. Il y a aussi ce troisième épisode, qui offre un couple sublime entre deux hommes qui vont créer un petit éden qui se malheureusement pris d’assaut. Et comment ne pas évoquer le frère de Joel, qui va trouver une seconde vie dans une poche de résistance, dans laquelle il va refaire sa vie et trouver un semblant de normalité.

La série arrive à moduler les méchants et les gentils pour trouver un bel équilibre tout simplement humain. Un équilibre que l’on retrouve aussi dans le dynamisme des épisodes, les showrunners jouant constamment avec une alternance entre nervosité et douceur. Le premier épisode est par exemple très fort dans son démarrage, avec l’invasion des champignons, puis on va retrouve un peu plus de calme, notamment avec un superbe troisième épisode qui est là pour densifier l’univers de The Last of Us. Puis on peut aussi compter sur l’épisode de la traque, avec l’apparition d’un monstre gigantesque qui va venir casser quelques têtes. Neil Druckmann arrive à bien jongler avec les émotions et les attentes du public, pour donner à la fois une relecture du jeu, tout en respectant le matériau de base. Une chose rare dans les adaptations de jeux vidéo.

Au final, cette première saison de The Last of Us peut être considérée comme une belle surprise et une adaptation fidèle du jeu vidéo. Il s’agit d’ailleurs de l’une de meilleurs adaptations vidéoludiques, tout médium confondu. Les personnages sont bien écrits et empathiques, les antagonistes sont assez forts, même s’ils ne durent le temps que d’un épisode, et la réalisation est très propre, avec un bel univers post-apo. On sent que la série a des moyens. Cependant, on reste dans un genre connu qui n’apporte pas vraiment de surprise dans son déroulement ou son lore, et on espère que la deuxième saison apportera un petit vent de fraîcheur dans le genre « zombie ».

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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