avril 20, 2024

Emily – Brontë Fatale

De : Frances O’Connor

Avec Emma Mackey, Alexandra Dowling, Fionn Whitehead, Oliver Jackson-Cohen

Année : 2023

Pays : Angleterre

Genre : Biopic

Résumé :

Aussi énigmatique que provocatrice, Emily Brontë demeure l’une des autrices les plus célèbres au monde. EMILY imagine le parcours initiatique de cette jeune femme rebelle et marginale, qui la mènera à écrire son chef-d’œuvre Les Hauts de Hurlevent. Une ode à l’exaltation, à la différence et à la féminité.

Avis :

Frances O’Connor est une actrice britannique qui a connu un début de carrière en Australie, puisqu’elle s’y installe avec ses parents alors qu’elle n’est âgée que de deux ans. Après des apparitions dans des téléfilms ou des séries australiennes, elle passe au grand écran en 1996 avec le méconnu « Love and Other Catastrophes » d’Emma-Kate Croghan. Si elle tourne dans quelques drames, très vite, c’est la comédie qui la révèle avec des films comme « Endiablé » ou « Adam Serial Lover« . Au début des années 2000, elle est choisie par Steven Spielberg pour incarner la maman de Joel Haley Osment dans « A.I. Intelligence Artificielle« , ce qui lui ouvre plus de portes. Depuis, elle a tourné pour John Woo, Oliver Parker, Richard Donner, James Wan, ou encore Ken Loach.

Après presque trente ans d’une belle carrière, Frances O’Connor franchit un nouveau cap, puisqu’avec « Emily« , elle réalise son premier film. Pour sa première mise en scène de cinéma, c’est le drame en costume qu’a choisi Frances O’Connor, et ainsi nous raconter le parcours d’Emily Brontë, l’écrivaine qu’on trouve derrière le roman culte « Les Hauts de Hurlevent« .

« Cette première œuvre aura bien du mal à se faire captivante. »

C’est quelque part entre le drame et la romance que Frances O’Connor place sa caméra, et si ce premier film est très joliment filmé et bercé dans les paysages ô combien sublimes du Yorkshire, et derrière ça encore, le film est porté par une excellente Emma Mackey, cette première œuvre aura bien du mal à se faire captivante. Assez convenu, répétitif et manquant d’émotion et de rythme, « Emily » ennuie et l’on en ressort déçu, même s’il faudra lui laisser parfois de belles envolées cinématographiques, ainsi qu’un regain d’intérêt vers la fin, mais sur l’ensemble, ça n’aura pas suffi. Dommage.

Emily Brontë est une jeune femme qui est qualifiée de bizarre. Solitaire et dans son monde, la jeune femme est l’énigme de sa famille, mais aussi du petit village dans lequel elle habite. Parmi les membres de sa famille, elle noue une belle relation complice avec son jeune frère Branwell, qui se voudrait être un artiste. L’arrivée dans le village d’un jeune vicaire, William Weightman, va bouleverser son existence, et leur histoire l’amènera à écrire son chef-d’œuvre, « Les Hauts de Hurlevent« .

« Une déception dont je lui reconnais plein de qualités. »

J’aime énormément découvrir des premiers films, car c’est souvent l’occasion de trouver de nouvelles visions, et de nouvelles envies de cinéma. Bien souvent, les premiers films ont une belle fougue, comme si les auteurs y mettaient tous leurs désirs, leurs rêves et leurs envies, avec la sensation qu’il n’y aura peut-être pas de deuxième film. Alors quand en plus de cela, le dit premier film est fait par une comédienne que j’apprécie, forcément l’attente est encore un peu plus poussée et pour ce premier film de Frances O’Connor, je dois bien avouer qu’il résonne comme une triste déception.

Une déception dont je lui reconnais plein de qualités. Cette première œuvre est soignée, et démontre une belle envie de cinéma pour sa réalisatrice, qui construit des plans superbes, et use de beaucoup de plans larges pour sublimer aussi bien ses personnages, que le comté du Yorkshire qui accueille cette histoire d’amour contrariée.

Derrière ça, Frances O’Connor livre un joli film d’époque, qui tient une superbe reconstitution, et dans sa mise en scène, son « Emily » offre une belle photographie naturelle. Puis que dire de la BO ô combien sublime d’Abel Korzeniowski, qui, si elle est parfois trop envahissante, demeure néanmoins magnifique à écouter.

« La réalisatrice a réuni un bon casting, et offre un joli rôle à Emma Mackey. »

Enfin, toujours dans ses bons éléments, la réalisatrice a réuni un bon casting, et offre un joli rôle à Emma Mackey qui, même si le rôle manque cruellement d’émotion, offre à la jeune comédienne l’occasion de montrer une autre facette de son talent. Puis au-delà de ça, même si l’émotion dont je parlais plus haut n’est pas toujours au rendez-vous, vers la fin, on arrive toutefois par être touché par ce personnage. Puis en face d’elle, dans un rôle aussi sobre que complexe, il y a Oliver Jackson-Cohen qui est excellent de bout en bout de film, même si, là encore, le rôle a du mal à pleinement toucher.

D’ailleurs, l’un des principaux soucis que rencontre le film de Frances O’Connor, c’est le fait que malgré le drame, malgré son histoire et ses personnages complexes, « Emily » a du mal à se lancer et surtout à se faire touchant. Il y a quelque chose qui fait qu’on suit ces personnages de manière décalée et l’on reste dans l’attente qu’ils nous touchent, qu’ils nous bouleversent avec leur histoire d’amour cachée, et malheureusement, même si parfois le film a des sursauts touchants, notamment vers la fin, sur une trop grande partie du film, on reste détaché d’eux et c’est tellement dommage.

« Frances O’Connor a du mal à imposer un rythme à son film. »

De plus, Frances O’Connor a du mal à imposer un rythme à son film. Pour le cliché, j’aurais presque envie de dire que « Emily« , c’est un peu le drame en costume où il ne se passe pas grand-chose. Puis dans sa mise en scène, le film a un côté répétitif, qui finit par être lassant. Ici, Frances O’Connor suit un schéma dans son idée de film, et elle peuple son film de scènes qui sont un enchaînement de scènes clippées sans dialogues, et ces dernières sont censées faire passer telle ou telle émotion, ou faire comprendre tel ou tel élément, mais à force de répétition du procédé, le film se fait prévisible et ennuyant.

Ainsi, je ressors vraiment déçu de cet « Emily« . L’idée était intéressante, l’envie du film aussi, et il est vrai que le film a plein de qualités pour lui, mais malheureusement, au-dessus de tout ça, cette histoire a bien du mal à s’imposer, nous emporter, et surtout nous toucher pleinement, et ça, c’est vraiment dommage.

Note : 09/20

Par Cinéted

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