février 23, 2024

The Son – Mal-Être Adolescent

De : Florian Zeller

Avec Hugh Jackman, Laura Dern, Vanessa Kirby, Zen McGrath

Année : 2023

Pays : France, Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

À dix-sept ans, Nicholas semble en pleine dérive, il n’est plus cet enfant lumineux qui souriait tout le temps. Que lui arrive-t-il ? Dépassée par la situation, sa mère accepte qu’il aille vivre chez son père, Peter. Remarié depuis peu et père d’un nouveau né, il va tenter de dépasser l’incompréhension, la colère et l’impuissance dans l’espoir de retrouver son fils.

Avis :

Metteur en scène star du théâtre français, Florian Zeller est en très peu de temps devenu l’auteur le plus joué dans le monde. Il faut dire que depuis sa première pièce en 2004, l’auteur n’a clairement pas chômé, et surtout, il a fait preuve de régularité et discipline. Ainsi, entre 2004 et 2022, Florian Zeller a écrit et mis en scène treize pièces de théâtre, et ces dernières sont tenues par les plus grands acteurs. Attiré par le cinéma, Florian Zeller fait une entrée fracassante dans le milieu en 2021 avec « The Father« , adaptation de sa pièce « Le père« . Le film fera un carton partout où il sera projeté et il repartira même avec deux Oscars, celui du meilleur acteur pour Anthony Hopkins et celui du meilleur scénario adapté.

« The Father » fait partie d’une trilogie familiale, du coup, pour son deuxième film, Florian Zeller adapte cette fois sa dernière pièce (de la dite trilogie), « The Son« .

Avec ce nouveau film, Florian Zeller nous entraîne dans une dépression, celle d’un fils qui a tout pour être heureux, et malgré cela, quelque chose ne va pas. Difficile, tragique, tendu, complexe, « The Son » est une expérience de cinéma saisissante, et même si j’y pose quelques réserves, notamment sur un manque d’émotion, ou encore une dernière scène qui sonne comme de trop. Mais sur l’ensemble, « The Son » est un film puissant, qui m’a tenu avec malaise et intrigue, de bout en bout de métrage.

« Un drame riche et passionnant, où il sera question de mal-être, de dépression. »

À dix-sept ans, Nicholas n’est plus l’enfant qu’il était. Aujourd’hui, Nicholas voit tout en noir et il a bien du mal à être heureux. Très mal dans sa peau, perdu avec lui-même, Nicholas souffre tout le temps, sans même savoir pourquoi. Pour le bien de son fils, la mère de Nicholas accepte qu’il aille vivre chez son père. Peter est fraîchement remarié et il vient d’être de nouveau père. Peter est un père aimant et attentionné, et il va essayer de redonner le sourire à son fils.

Après le théâtre, Florian Zeller se lance à la conquête du cinéma, et en seulement deux films, le metteur en scène français a tout l’air de se poser comme l’une des figures les plus passionnantes à suivre dans les prochaines années.

Pour son deuxième long-métrage, Florian Zeller nous offre un drame difficile. Un drame riche et passionnant, où il sera question de mal-être, de dépression, mais aussi d’un portrait, celui d’un père qui essaie tant bien que mal d’apporter de l’aide à son fils.

Loin des clichés habituels pour ce genre de film, « The Son » jouit d’une écriture intense et précise lorsqu’elle peint la dépression, le mal-être adolescent ou encore la difficulté d’être parent et l’envie d’être un bon parent, ne voulant surtout pas reproduire l’exemple de générations passées. D’ailleurs, le thème de la transmission, des erreurs passées et des générations est savoureusement traité, avec ici le portrait (furtif) d’un grand-père incarné par Anthony Hopkins, puis le portrait d’un père génialement joué par Hugh Jackman (qui trouve-là, l’un de ses plus beaux rôles) et enfin le portrait de ce fils magnifiquement tenu par Zen McGrath.

« Tenant son film avec beaucoup de subtilité, ce mal-être permanent crée alors un malaise. »

Florian Zeller a beaucoup travaillé sur la parole et la façon d’exprimer ses sentiments, avec trois façons de s’exprimer (ou non). Bref, puis derrière ça, pour peindre le portrait de cette dépression qui ne va cesser de grandir, Florian Zeller a injecté aussi de sa mise en scène, énormément de « suspens ». Ici, il y a quelque chose qui résonne de l’ordre de la fatalité, comme si, malgré les discussions et la bienveillance de cette famille (et de ce père), rien ne pourrait entraver ce qui se met doucement en place. Tenant son film avec beaucoup de subtilité, ce mal-être permanent crée alors un malaise, qui m’aura tenu avec d’une certaine façon, une peur persistante, et ça, sur l’ensemble du film et de cette histoire

Après, comme je le disais aussi, « The Son » n’est pas parfait, et je regrette un manque d’émotion. C’est assez dingue, car tout est là pour que le film soit un bouleversement, et finalement, il se fait touchant, très touchant même, mais il lui manque une étincelle qui enflammerait l’ensemble. Il y a quelque chose qui fait que la fatalité, et le « suspens » injecté au cours du film, font que finalement, au moment où il devrait exploser, c’était entre guillemets si attendu, qu’on a eu le temps de se préparer. Puis il y a cette dernière scène, qui est certes très belle, mais elle atténue le choc du film et de cette histoire. Après, sur l’ensemble, le moment de cinéma est excellent, et se tient, et nous tient, de bout en bout de film. Puis malgré de petites déceptions ici et là, j’adore ressentir en permanence ce que ce film m’a fait sentir.

Cette seconde réalisation pour Florian Zeller se pose donc un excellent drame qui se fait passionnant et tragique dans ses thématiques, dans ses portraits et avec cette histoire. Tenu par des acteurs et des actrices brillants, filmé avec beaucoup de subtilité, d’élégance et de caractère, étonnant dans cette idée de tenir son spectateur dans une posture inconfortable, malgré quelques petites déceptions, le nouveau Florian Zeller est une expérience de cinéma intense. Assurément, on tient un futur grand metteur en scène.

Note : 16/20

Par Cinéted

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