juin 21, 2024

Godsmack – Lighting up the Sky

Avis :

Il y a certains groupes qui cartonnent dans leur pays, mais qui ont du mal parfois à réellement percer à l’internationale. Ce n’est pas vraiment le cas de Godsmack, mais il faut dire que le groupe a une grande notoriété aux States, jusqu’à détenir un record, celui du plus grand nombre de singles qui se sont hissés dans le Top 10 pour un groupe de Rock. En France, ce n’est pas la même tambouille, car même si la formation est connue, elle le reste dans des sphères Hard et Métal, et pas forcément d’un public plus large. Cela peut se comprendre via des chansons aux sonorités un peu rugueuses, mais aussi à des thèmes qui sont très américains, à savoir les grosses cylindrées, les nanas et un certain sens du patriotisme. Pour autant, le groupe a su fédérer autour de lui et sort cette année son huitième album.

Déjà amorcé avec l’album précédent, When Legend Rise, Godsmack continue sa petite mutation, délaissant un peu les riffs incisifs du Métal Alternatif pour se diriger vers quelque chose de plus accessible et plus soft. Cela ne veut pas dire pour autant que la formation s’assagit, mais simplement qu’elle prend de la bouteille, et qu’elle a envie d’autre chose. Lighting up the Sky suit alors ce doux changement, tout en ménageant les fans de la première heure, offrant alors un effort varié et plaisant, qui arrive à concilier les riffs de la belle époque, avec quelques ballades qui sont loin d’être pénibles. De ce fait, sans être le meilleur album de la bande, il reste un skeud addictif, avec des refrains qui restent un long moment en tête et des titres plus longs qu’à l’accoutumée, montrant aussi le côté technique des musiciens.

Et pour preuve, le groupe ouvre son album avec You and I, qui dure plus de cinq minutes, avec une jolie introduction et de bons moments de bravoure en sein. On retrouve toute la fougue de la formation qui délivre un riff bien addictif, qui donne immédiatement envie de bouger la tête, et même si la rythmique reste calme, la voix chaude de Sully Erna et la mélodie font que le titre rentre de suite dans notre cerveau pour ne plus jamais nous lâcher. Et cela malgré des paroles un peu mièvres et une économie franche dans l’écriture. Par la suite, Godsmack retourne à ses premiers amours et délivre un titre rageur et relativement patriotique avec Red, White & Blue. Mais on retrouve tout de même un joli pont qui permet au guitariste de bien s’exprimer et d’offrir un morceau bien efficace.

En suivant à peu près le même moule structurel, Godsmask s’amuse avec des hits en puissance, comme Surrender qui, malgré des paroles là encore un peu lénifiantes, arrive sans aucun mal à nous embarquer dans un morceau entêtant et rondement mené. Il faut dire que la voix de Sully Erna suffit à nous faire frémir et à nous emporter dans une sorte de transe nerveuse et addictive. Même avec What About me, un peu en deçà des autres, le groupe arrive à nous faire chanter dans un refrain simple et redoutable. Après ces trois morceaux plutôt puissants, la formation nous balance sa première ballade avec Truth, qui utilise du piano, des violons et bien entendu un refrain qui balance des riffs parfaits. C’est à la fois beau et touchant, même si les paroles sont très cucul la praline. Mais la qualité musicale est là et on prend plaisir à l’écoute.

Pour rebondir par la suite, Godsmack ne se repose pas sur ses lauriers et rebalance la sauce avec Hell’s not Dead. On pourrait croire à un mid-tempo un peu pénible au départ, mais très vite, la rythmique s’emballe et on se retrouve face à un morceau ultra efficace et qui donne rapidement mal à la nuque. Notamment dans le refrain qui marche à pleine régime. Soul on Fire va piocher dans un côté un peu Country au niveau des riffs, mais rapidement, un côté lourd prend la suite du titre, et là encore, c’est gagnant pour le groupe qui ne nous laisse pas une seconde de répit. En plus de nous régaler avec un joli solo fait avec talent et savoir-faire. Ce côté Country évoqué auparavant, on le retrouve dans les riffs de Let’s Go, un long titre à la fois puissant et planant dans son break.

Un morceau qui montre toute la bonne santé du groupe qui arrive à varier les plaisirs et à mélanger ses références passées et sa volonté de changer. Best Times par exemple va ressembler à un ancien morceau de la bande, même si on ressent une énergie plus maîtrisée et un aspect plus mature qui prend le dessus. Est-ce un mal ? Bien sûr que non, d’autant plus qu’à chaque fois, c’est bien foutu et on en redemande. Growing Old sera la deuxième ballade de l’album avec un aspect très américain. D’ailleurs, le début fait penser à du Tenacious D dans sa mélodie. Là encore, c’est calibré pour rentrer dans la tête et ne jamais nous lâcher. Enfin, Lighting up the Sky termine l’effort sur une note chaleureuse et joviale, qui donne une bonne lueur d’espoir pour la suite, même si le groupe est moins productif qu’auparavant.

Au final, Lighting up the Sky, le dernier album de Godsmack, est une belle réussite de la part des américains qui trouvent le juste équilibre entre leur passé tumultueux et le tournant pris il y a cinq ans, en allant vers quelque chose de plus calme et de plus maîtrisé. Certes, on tombe souvent sur des thèmes éculés et des moments un peu clichés, mais d’un point de vue technique, c’est bien foutu, ça rentre immédiatement dans la tête pour ne plus nous lâcher. Bref, un bon album perclus de hits en puissance.

  • You and I
  • Red, White & Blue
  • Surrender
  • What About Me
  • Truth
  • Hell’s not Dead
  • Soul on Fire
  • Let’s Go
  • Best of Times
  • Growing Old
  • Lighting up the Sky

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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