mai 28, 2024

Necrytis – Countersighns

Avis :

Il arrive que certains groupes ne laissent que peu d’informations circuler sur eux à travers la toile. Cela permet d’entretenir un certain mystère, et de jouer avec cette image. Est-ce le cas de Necrytis et de sa passion pour les théories du complot ? Peut-être. On ne sait pas vraiment quand le groupe s’est formé, et les seules informations que l’on a permettent de dire que le groupe a des origines dans le Wyoming, avant de déménager au Texas. Officiant dans un heavy très classique, le groupe essaye de peaufiner une ambiance un peu apocalyptique, où extraterrestres et créatures fantastiques se côtoient. En 2017, le groupe signe alors son premier album, Countersighns, chez Pure Steel Records. Il en ressort alors un effort qui n’est pas désagréable, mais qui a toutes les scories d’un premier skeud avec un budget limité.

L’album débute avec Praetorian X et quelques cris de corbeaux. On aura droit à quelques claches, puis à une voix extraterrestre qui viendra raconter quelque chose à propos d’un super prédateur. Puis déboule alors les riffs de grattes et la voix du chanteur, qui va nous faire grincer des dents. En effet, si d’un point de vue technique, les musiciens sont très forts, ce ne sera pas vraiment le cas du chanteur, qui a une voix très nasillarde qu’il fait tenir sur de longs moments, dans l’espoir de donner du coffre et de l’épaisseur à l’ensemble. Sauf que ça ne marche pas vraiment, et il y a un petit côté mal foutu qui prédomine. Ce premier titre laisse néanmoins flotter les capacités du groupe, qui peut faire de belles choses. Cela sera confirmé avec Palace of Agony, plus court, plus concis, mieux maîtrisé avec une rythmique rapide et nerveuse.

Il s’agit-là du meilleur titre de l’album, car il arrive à jongler entre une production un peu fragile et un enregistrement qui n’est pas toujours optimal. De plus, si le chanteur pousse toujours la tenue de ses notes, il arrive à moins monter dans les tours et à forcer comme un gaga. Mais bon, il faut aussi reconnaître sa polyvalence, puisqu’il chante en faisant de la batterie, et c’est chaud. Nova Meridian est aussi un morceau assez réjouissant, notamment lorsqu’il accélère, en empruntant les codes d’un Hard’n’Heavy bien senti. Néanmoins, on reste sur un titre qui aligne quelques maladresses, à l’image des back-ups qui ne marchent absolument pas. Par la suite, les choses vont se compliquer pour le groupe. Sentry’s Scream est un titre décevant, qui aligne une rythmique mid-tempo sans génie, et qui oublie de ne pas en faire des caisses au niveau de la voix.

Mais le pire revient à God as Electric, un titre qui est tout simplement insupportable à écouter. La voix transformée est horrible, et le début du refrain, qui annonce aussi le côté Heavy du titre, relève d’un non-sens musical rarement entendu. C’est tellement moche que l’on se demande comment le groupe a pu laisser un truc comme ça dans son album. My Asylum redressera un peu la barre, avec un morceau Heavy qui fracasse fort et même s’il reste très calibré, il permet de montrer les qualités techniques du groupe. Dawn’s Aurora tentera d’être un peu plus calme que le tout le reste de l’album, jouant presque le rôle d’interlude, mais les modulations vocales sont mal choisies et globalement, on ressent surtout de l’ennui sur ce morceau. C’est dommage, il y aurait pu avoir quelque chose de bien mieux, tout en restant dans le thème de l’album.

Daemon Angelus se veut un gros titre qui tape et qui perfore bien le genre Heavy, mais il n’en sera rien. Le démarrage est fastidieux, toujours avec une voix modifiée ignoble, et surtout des back-ups faiblards qui n’arrivent pas à donner de l’ampleur à l’ensemble. Heureusement, le titre se bonifie en cours de route, même si on reste sur une production aux fraises. In Ascent arrive à faire illusion sur son milieu, notamment lorsqu’il n’y a plus de chant, et lorsque le groupe laisse plus de place aux guitares. Le solo est monstrueux, et s’insère parfaitement dans la mélodie voulue. Enfin, Countersighns clôture l’album de la pire des façons, avec un morceau aux paroles d’une laideur sans faille et avec une rythmique qui rappelle le premier titre, avec des arrêts pour marquer les phrases des couplets. Cela ne marche pas du tout…

Au final, Countersighns, le premier album de Necrytis, n’est pas forcément le plus agréable des albums de Heavy que l’on ait pu entendre. Si on retrouve des musiciens de talent, et notamment un guitariste, qui a pris le large en 2020, on reste subjugué par la voix insupportable du chanteur, ainsi que par des choix mélodiques hasardeux et pas forcément intéressants. Il n’en demeure pas moins que cet album dessine les contours d’un groupe qui a du potentiel, encore faut-il avoir le budget, et un nouveau chanteur…

  • Praetorian X
  • Palace of Agony
  • Nova Meridian
  • Sentry’s Scream
  • God as Electric
  • My Asylum
  • Dawn’s Aurora
  • Daemon Angelus
  • In Ascent
  • Countersighns

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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