février 7, 2023

Twilight Force – At the Heart of Wintervale

Avis :

Oyez, oyez, braves gens. Bienvenue dans le monde de Wintervale, là où dragons, orcs, gobelins, chevaliers et autres sorciers sont de la partie. Venez profiter d’aventures inoubliables au sein du royaume glacé, sous le bon son de Twilight Force. Groupe suédois fondé au début des années 2010, on peut dire que lorsque l’on pose ses oreilles sur un album de la formation, on s’imagine de suite dans un Donjons & Dragons. Power Métal stéréotypé, presque copie conforme des plus grands noms de cette scène (coucou Rhapsody of Fire), Twilight Force réussit pourtant à se démarquer de la concurrence par une sorte de revival jovial et bourré d’énergie. En atteste ce quatrième effort qui confirme la présence du chanteur Allyon (ancien de Luca Turilli’s Rhapsody, comme quoi, il n’y a pas de hasard) et l’arrivée d’un nouveau batteur, pour performer un peu plus sur des titres épiques.

Bien évidemment, la première chose qui  nous vient en tête lorsque l’on regarde la pochette, ce sont des aventures grandioses dans un royaume purement Fantasy, et c’est ce que va nous offrir le groupe. Pour autant, le démarrage n’est pas forcément classique. Point d’introduction symphonique, avec le morceau Twilight Force, on démarre d’entrée de jeu, avec quatre minutes dynamiques, qui rentrent dans ce à quoi on s’attend. C’est carré, il n’y a rien qui dépasse, et c’est surtout le côté joyeux qui se dégage de l’ensemble qui va faire du bien. On écoute ça le sourire aux lèvres, nous évoquant une certaine jeunesse révolue. Il en va de même avec le At the Heart of Wintervale, même si cette fois-ci, on a un début avec l’envol d’un dragon. Par la suite, ça reste du même tonneau que le titre précédent, sans durer des plombes pour rien.

La première surprise viendra de Dragonborn. Déjà par son démarrage complètement incongru, qui débute avec des violons ressemblant à un petit menuet sous Louis XIV. On retrouve le côté festif du groupe, qui essaye de nous raconter une histoire, tout en jouant avec des effets un peu folklorique et/ou médiévaux/renaissance. On reste continuellement dans une ambiance assez festive, et globalement, on se laisse porter par ce titre assez court et relativement bien fichu pour nous donner envie d’y revenir. De plus, il comporte ce petit truc en plus qui lui permet d’être plus marquant que les deux titres précédents. Mais quand déboule Highlands of the Elder Dragon, on va comprendre pourquoi Twilight Force a autant de succès en si peu de temps. Durant plus de dix minutes, le titre est un conte à lui tout seul, avec un débute narratif intéressant, qui pourrait presque faire penser à Noël.

Puis le groupe de revenir à un Power classique, mais qui va varier tout le temps. On aura des passages épiques à la guitare, puis on va flirter avec des moments d’opéra, avec ce qu’il faut de chœurs tempétueux, pour revenir ensuite à un Power puissant. Bref, un très gros titre qui n’ennuie jamais et joue constamment avec les tessitures que peut proposer le Power. C’est d’ailleurs impressionnant pour un groupe si « jeune » de proposer un morceau aussi dense. Puis Skynights of Aldaria va permettre de revenir à quelque chose de plus simple, malgré un début qui fait très cinégique. On pourrait trouver cela dans une bande originale d’un film fantasy sans trop se mouiller. Baignant dans une orchestration grandiose, le titre est très classique, mais il fonctionne à merveille et nous emporte dans un bel univers. On regrette juste le refrain qui en fait des caisses.

Malgré le peu de titres présents dans cet album (seulement huit), le groupe se permet un petit interlude avec A Familiar Memory, qui impose une courte pause acoustique avant de rattaquer vers quelque chose de plus percutant. Sunlight Knight est un titre tout ce qu’il y a de plus commun dans le genre Power. Ça débute avec force riffs rapides et batterie omniprésente, avant d’enclencher sur un chant en voix de tête qui tient bien la route. Mais le plus sympathique dans ce titre réside surtout dans son break, qui reprend un rythme de salsa connu, afin de présenter son chevalier venu du Sud. C’est drôle, mais étonnement, ça s’insère parfaitement dans le morceau. Enfin, le groupe propose The Last Crystal Bearer, un autre titre qui dépasse les dix minutes, et qui s’impose comme un autre carton. C’est à la fois puissant, varié, narratif sans jamais ennuyer. Une belle réussite.

Au final, At the Heart of Wintervale, le dernier album de Twilight Force, est un album qui reste bien dans sa zone de confort, employant un Power Métal stéréotypé, parfois cliché, mais qui fonctionne à merveille pour les amoureux du genre. Techniquement irréprochable, baignant dans une production costaude et renouant avec un style qui évoque les années 90/2000, on éprouve un réel plaisir d’écoute et il se dégage de cet album un côté jovial et festif qui donne fortement envie d’y revenir sans cesse.

  • Twilight Force
  • At the Heart of Wintervale
  • Dragonborn
  • Highlands of the Elder Dragon
  • Skynights of Aldaria
  • A Familiar Memory
  • Sunlight Knight
  • The Last Crystal Bearer

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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