février 9, 2023

Inheritance

De : Kris Kristensen

Avec Jen Taylor, Marjorie Nelson, Carter Roy, Emma Jones

Année : 2004

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Dans cette histoire glaciale d’une mourante obsédée par la jeunesse éternelle, une jeune et jolie gouvernante doit se battre contre le fantôme vicieux de l’agonisante et lutter afin de tuer cet esprit qui possède son corps…

Avis :

Le marché du DVD était tel, dans les années 2000/2010, que parfois, on trouvait tout et n’importe quoi. D’ailleurs, certains films de potes se sont retrouvés avec des sorties physiques, à la grande (mauvaise) surprise de certains clients qui sont tombés sur des perles avec des jaquettes mensongères. Aujourd’hui un peu tombé en désuétude, le marché du DVD sélectionne un peu plus les films, quitte à faire passer à la trappe de petites perles, et proposer de gros nanars boursouflés. Bref, tout ça pour dire que maintenant, en farfouillant dans ses étagères ou ses vieux cartons à DVD, on peut dénicher des films incongrus, qui n’ont de cinéma que le nom, tant on plonge dans des méandres de médiocrité sans fond. La preuve avec Inheritance, seul long-métrage de Kris Kristensen, illustre inconnu qui, un jour, a eu l’opportunité de raconter une histoire de vieille folle se transformant en fantôme revanchard.

La première chose qui frappe avec ce film (si tant est qu’on puisse parler d’un film plutôt que d’un téléfilm) c’est la réalisation. C’est bien simple, on a l’impression de regarder un film de famille scénarisé. C’est-à-dire que les points de vue sont fixes, proches des personnages et que bien souvent, le découpage n’a aucun sens. Comment, même en 2004 avec un budget tout riquiqui, peut-on filmer le visage d’une actrice en fond, avec devant, en flou, la moitié du visage de son compagnon ? Non seulement ça n’a pas de sens, mais cela donne une forte impression d’amateurisme. Tout comme ce sublime plan au ras du sol lorsque le personnage principal passe l’aspirateur, puis va ouvrir une porte au fond de la pièce. Et de plans laids et inutiles, le film en est rempli. Tant et si bien que rien ne peut fonctionner là-dedans.

Au niveau du scénario, c’est sensiblement la même chose. On commence le film avec un dialogue improbable entre une vieille femme exigeante et sa gouvernante, une jeune femme qui cède à tous les caprices de la vieille peau. Elle reste même avec elle certains soirs, quitte à ne pas passer la soirée avec son futur époux, qui commence à en avoir un peu marre. Dès lors, cette relation ambigüe devient angoissante pour la gouvernante lorsque la vieille dame est persuadée de voir des fantômes de sa famille et de taper la discute avec eux. C’est là le premier élément fantastique qui vient poindre le bout de son nez, mais qui sera mis en avant par des chaises et des canapés vides. Une façon comme une autre de pallier au manque de budget et à zéro effets spéciaux. Sauf que là, on a plus envie de rire qu’autre chose.

La faute à une réalisation aux fraises, comme dit auparavant, mais aussi des actrices qui n’y croient pas un seul instant. Jen Taylor, qui depuis s’est reconvertie dans le doublage de jeux vidéo (c’est elle qui fait la voix du héros dans la saga des Halo), est d’une mollesse incroyable et ne donne pas corps à son personnage qui sera tourmenté par la suite. D’ailleurs, elle sera le sujet d’un des plus grands fou-rires du film, lorsqu’elle passe du blond long à un carré plongeant brun, avec une perruque immonde. Mais que dire de la grand-mère, jouée par Marjorie Nelson, qui lance ses répliques sans aucun effort et tente de faire peur en buvant du thé dans un service en porcelaine. On reste subjugué par la non alchimie qui règne entre les deux actrices, qui avancent comme des robots, sans aucune émotion.

Bien entendu, il faut ajouter à cela un rythme insupportable qui donne la sensation que ce film d’une heure et quart dure plus de trois. Mais rien ne peut rivaliser face aux différents effets de peur qui parsèment le film et qui sont d’une nullité abyssale. On pense bien évidemment à cette petite fille dans le cimetière qui est en fait un fantôme. Il y a aussi, sur la fin, l’apparition des sœurs de la vieille, avec un plan digne de Groland avec la révolte des vieux. Puis, difficile de ne pas rire face aux réveils de l’héroïne, dont le corps est possédé par la vieille folle lorsqu’elle boit du thé. Le film tente de jouer sur ce côté schizophrène, mais déroule un tapis rouge pour le n’importe quoi, notamment lors d’un dialogue où l’actrice se parle à elle-même en changeant de place à chaque plan.

Néanmoins, ne soyons pas bégueule, il réside dans le film quelques éléments loufoques qui fonctionnent. Outre le fait que l’on peut rire sur la maladresse de la mise en scène, il y a parfois quelques fulgurances étonnantes, comme un plan où l’héroïne se regarde dans deux miroirs, dont l’un déforme ses traits. Une marque intelligente pour appuyer la dualité qui s’opère en elle. Puis difficile de résister à l’unique plan nu de la jeune femme, qui n’hésite à faire du frontal, pensant certainement que cela allait donner une plus-value au film. Cette séquence, aussi gratuite soit-elle, montre aussi la cruauté de l’esprit, qui veut détruire le couple de la jeune de façon perverse. Manque de bol, l’implication n’y est pas, tout comme la cohérence de la scène. Bref, une fois de plus, on nage dans un beau festival de n’importe quoi.

Au final, Inheritance est un « film » qui a tous les attraits d’une purge infâme. Filmé au lance-pierre mais bénéficiant d’une sortie physique chez nous, on a du mal à comprendre comment cela est possible, tant on a l’impression de voir un épisode des Feux de l’Amour avec un coté mystique. Non seulement c’est nul et mal joué, mais en plus le scénario n’a aucun sens, délaissant même certains problèmes importants, pour se pencher sur un seul personnage, central certes, mais qui a autant d’épaisseur qu’une feuille de PQ bon marché. Bref, une arnaque en bonne et due forme.

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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