mai 28, 2024

Druadan Forest – The Lost Dimension

Avis :

Il est de plus en plus commun de retrouver des groupes qui n’en sont pas, dans le sens où derrière le nom, il n’y a qu’une seule et unique personne. On appelle cela des One Man Band et Druadan Forest fait partie de ceux-là. Projet qui tourne autour de V-Khaoz (qui a pas moins de cinq groupes à son actif), multi-instrumentiste finlandais, Druadan Forest voit le jour à la toute fin des années 90 pour un an d’existence et seulement trois démos. Visiblement, le projet tombe à l’eau, mais renait de ses cendres en 2016 autour d’une compilation, puis un premier album sort la même année, ainsi qu’un deuxième l’année suivante, The Lost Dimension. Tenant son nom d’une forêt présente dans Le Seigneur des Anneaux, on se doute bien que ce One Man Band va nous parler Fantasy, dragons et autres champs de bataille. Mais est-ce bien ?

La toute première chose qui frappe, c’est le peu de pistes présentes sur l’album qui nous préoccupe aujourd’hui. Seulement six plages, pour une durée qui dépasse de peu les trente-huit minutes. C’est assez peu pour un genre qui d’habitude dépasse allègrement l’heure d’écoute. Mais qu’importe, puisque Druadan Forest ne veut pas forcément faire comme tout le monde. Car si on peut estampiller cela dans le Black Métal, il y a aussi beaucoup de Folk, avec l’utilisation de plein d’instruments différents, mais aussi des relents atmosphériques qui confèrent un aspect unique à ce projet. De ce fait, on reste très surpris lorsque commence le premier titre, Intro – Dreams Upon a Crimson Dawn. Dépassant les quatre minutes, on a droit ici à un morceau totalement instrumental, qui pose une ambiance assez apaisée, et totalement cinégique. Une réflexion que l’on retrouvera sur tout l’album, tant tout est pensé comme un film.

Le côté plus sombre et réellement Black débute alors avec le deuxième morceau, The Shadowborn. Dépassant facilement les huit minutes, le titre est plutôt bien construit, avec un début enjôleur, qui va ensuite laisser parler les guitares et le chant guttural, que l’on retrouve assez loin, comme un écho dans la forêt. Le but recherché est clairement d’être au plus proche de la nature, et c’est relativement réussi. Néanmoins, la durée du morceau est bien trop grande pour les variations apportées. On va assez vite s’ennuyer, et l’utilisation de certains instruments semble malvenue. On pense notamment à cette languette que l’on cale dans notre bouche et qui fait un bruit un peu métallique, comme un ressort, qui ne fait pas du tout naturel. Cela nous sort du délire un peu animique de la chose. De plus, le morceau suivant est un peu dans le même moule.

Quiet Reveries in Endless Sleep suit exactement le même chemin que son prédécesseur, à ce sens près qu’il est un peu plus doux dans son début. Ici, on passe du rêve doucereux à un semblant de cauchemar et c’est clairement très intéressant. Mais encore une fois, on l’impression d’entendre l’extension du morceau précédent et c’est un peu redondant. Dragons of Forgotten Times viendra radoucir le tout, puisqu’il s’agit d’un interlude d’un peu plus de deux minutes, totalement instrumental. Déjà qu’il n’y avait pas beaucoup de pistes, il faut alors rajouter une coupure entre deux titres… Mais cela permet de faire une rupture avant de relancer la machine avec Beyond the Sun, Beyond the Moon. Et on est face au meilleur titre de l’album. Car même si on renoue avec un Black/Folk long et langoureux, il y a une petite pointe de sauvagerie en plus.

Là encore, on fait face à un long morceau, puisqu’il dépasse les neuf minutes, mais on a tout de même plus de nuances et de variations au sein du titre. Druadan Forest propose un chant crié plus prégnant, qui trouve un bel écho à la mélancolie qui se dégage de l’ensemble. Pour terminer son effort, V-Khaoz propose Plaintive Winds Swept Through Forgotten Battlefields. Et le morceau se raccroche à l’introduction, avec un côté cinématographique très fort. D’ailleurs, toute l’instru est pensée comme un accompagnement de film, et on imagine très bien un long travelling qui longe les restes d’un champ de bataille, avec ce qu’il faut de corbeaux et de brume. Cependant, le titre est loin d’être catchy et il ne possède pas vraiment de moments forts ou marquants. C’est un peu dommage. Et c’est ce qui ressort globalement de cet album, entre redondance et manque de moments mémorables.

Au final, The Lost Dimension, le deuxième album de Druadan Forest, est un effort qui mériterait des louanges, tant le travail abattu pour V-Khaoz est monumental. Quand on imagine le nombre d’instruments utilisés et la durée des pistes, on ne peut que saluer la masse de travail que cela a dû demander. Mais malheureusement, tout ne fonctionne pas comme prévu. Les morceaux manquent tous de variation et sont beaucoup trop longs pour vraiment nous marquer, et à certain moment, on s’éloigne trop d’un cadre Black pour foncer dans un truc qui flirte avec la musique de cinéma, ce qui a tendance à nous sortir de l’ambiance recherchée. Dommage, on aurait aimé encore plus.

  • Intro – Dreams Upon a Crimson Dawn
  • The Shadowborn
  • Quiet Reveries in Endless Sleep
  • Dragons of Forgotten Times
  • Beyond the Sun, Beyond the Moon
  • Plaintive Winds Swept Through Forgotten Battlefields

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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