novembre 26, 2022

Shark Bay

Titre Original : Shark Bait

De : James Nunn

Avec Holly Earl, Jack Trueman, Catherine Hannay, Malachi Pullar-Latchman

Année : 2022

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Des étudiants en plein Spring Break au Mexique prolongent la fête en Jet Ski au petit matin. Une violente collision les immobilise en mer et blesse gravement l’un d’eux. Ils tentent de rejoindre la côte mais des prédateurs rôdent dans les eaux souterraines…

Avis :

Aujourd’hui, les scénaristes de films estampillés nanars volontaires bûchent dur sur des histoires de requins et rivalisent d’inventivité pour produire à tours de bras de la merde avec des squales. Et au bout d’un moment, ça ne devient même plus rigolo. Entre les requins fantômes, les requins morts-vivants, ceux qui viennent de la préhistoire ou encore ceux qui nagent dans le sable ou dans la neige, on commence à faire le tour du grand n’importe quoi. Pour autant, ce genre à part entière semble insatiable, et chaque année, on a droit à notre film d’horreur avec des squales, de manière plus ou moins comique. James Nunn, éternel tâcheron derrière la caméra, a décidé cette année de faire un film sérieux avec un grand requin blanc. Rebaptisé Shark Bay chez nous, le film sort-il des sentiers battus pour nous offrir le grand frisson ? Pas vraiment.

Comme tout un chacun le sait, le requin préfère des victimes jeunes et un peu teubés. Ce sera donc le cas ici, avec cinq débiles (trois mecs et deux filles) qui fêtent leur springbreak au Mexique, et qui décident, sur un coup de tête, de voler deux jet-skis et de partir au milieu de l’eau pour faire les cons. Manque de bol, en jouant aux cons, les deux jet-skis se percutent et les cinq jeunes se retrouvent à dériver au milieu de l’océan. L’un d’eux a la jambe cassée et a besoin de soin urgent, mais entre un scooter des mers qui coule et l’autre qui ne démarre plus, ce n’est pas joie. Cerise sur le gâteau, le sang de la plaie attire un grand blanc qui a un petit creux. Voilà le pitch de base du film qui démarre pourtant sur des auspices assez étonnants.

Car la première chose que l’on constate, c’est que ce n’est pas trop mal filmé. Les amateurs de requins bouffeurs de chair humaine pourront en attester, d’habitude, on flirte avec le film amateur, et là, James Nunn peaufine sa mise en scène, offrant une vraie mise en scène. Si ça respire un peu l’aspect fauché lorsque les protagonistes font la fête, avec notamment peu de monde, l’image est correcte, il y a un bon étalonnage des couleurs, et surtout, la caméra ne fait pas n’importe quoi. Néanmoins, cela ne veut pas dire que l’on va avoir des images en tête, car l’ensemble reste très basique, et d’un point de vue artistique, il n’y a rien. Mais on est tellement habitué à pire avec les requins, qu’ici, c’est plutôt un bon point. Disons qu’on se rapproche plus d’un Instinct de Survie que d’un Jurassic Shark.

Mais cela ne suffit pas à sauver le film d’un naufrage certain. Et en premier lieu, cela vient, bien évidemment, du scénario. C’est très simple et tout tient sur un post-it. Cinq jeunes, deux jet-skis et un requin, voilà le programme, et il faudra se démerder avec cela. Pas de thèmes en vue, pas de critique d’une jeunesse sans repères ni même d’un abus d’alcool est dangereux pour la santé, James Nunn évite avec brio de raconter quelque chose avec son métrage. Par contre, il n’oubliera pas de mettre en avant des personnages insupportables pour lesquels nous n’aurons aucune empathie, et une histoire de tromperie au milieu qui viendra tendre les relations entre les deux nanas, alors en pleine galère au milieu de l’eau. C’est un triste constat, mais les rôles stéréotypés n’aident vraiment pas à l’adhésion du film.

 Il faut dire aussi que ces cinq jeunes sont détestables dès le départ. On retrouve des personnages qui rentrent dans des cases prédéfinies, et qui ne font jamais en sortir. On a droit à la blonde chaude du cul qui drague le mec de l’autre nana en dansant de façon lascive. L’autre fille en question sera l’héroïne du film, c’est couru d’avance, puisque c’est la gentille de la bande, celle qui ne prend pas de risque et s’avère plus sobre que le reste. Du côté des types, on a droit au copain infidèle, et à deux alcoolos notoires qui ne pensent qu’à s’amuser en faisant les débiles. Bref, une belle brochette qui s’attirera notre antipathie dès le début, notamment en envoyant chier un pauvre sdf cul-de-jatte. Comment, par la suite, avoir de l’empathie pour ces personnages ? On ne veut plus qu’une seule chose, c’est qu’ils se fassent tous bouffer.

Mais là aussi, ce ne sera pas la panacée. Il faut dire qu’il est complexe de varier les attaques d’un requin, et ici, on se retrouve dans une redite qui est un peu pénible. Déjà parce qu’on ne ressent aucune empathie pour les personnages, mais aussi parce que les attaques sont timides, et on sait d’avance qui va mourir, et quand. Le coup du black qui part à la nage pour retrouver un bateau, c’est un peu n’importe quoi. Tout comme la blonde qui annonce, une fois l’accident arrivé, qu’elle ne sait pas nager. Encore une fois, le scénario est écrit avec le cul et il en sera de même pour le requin, véritable boogeyman qui n’est jamais rassasié. Cependant, on ne peut enlever une chose à Shark Bay, c’est le côté gore qui est assez présent avec de jolies plaies et une belle fracture ouverte.

Au final, Shark Bay fait illusion dans son démarrage, notamment grâce à une mise en scène propre et qui fait « vrai » film, et non un truc indépendant dégueulasse bidouillé avec quelques potes. Malheureusement, le scénario ne tient absolument pas la route et tous les personnages sont des débiles insupportables que l’on a juste envie de voir mourir. Ajoutons à cela un vide sidéral dans les thèmes, et une infidélité qui essaye de rajouter du pathos dans l’ensemble, et on va vite se rendre compte que la sauce ne prend pas, et que l’on s’emmerde sévère. Dommage, on y a presque cru car pour une fois, le requin n’était fantôme, ou atomique, ou a plusieurs têtes, ou mort-vivant, ou…

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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