décembre 2, 2021

Ce que je Sais d’elle… d’un Simple Regard

Titre Original : Things You Can Tell Just by Looking at Her

De : Rodrigo Garcia

Avec Glenn Close, Cameron Diaz, Calista Flockhart, Danny Woodburn

Année : 2000

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

A Los Angeles, cinq histoires de femmes.
« Ici, docteur Keener » : un médecin quinquagenaire rencontre une jeune cartomancienne qui lui fait prendre conscience du vide de son existence.
« Fantasmes sur Rebecca » : Rebecca donne à tous l’image d’une femme de caractère mais cache une grande fragilité.
« Quelqu’un pour Rose » : Rose est attirée par un nouveau voisin qui semble sortir tout droit d’un monde imaginaire.
« Bonne nuit Lilly, bonne nuit Christine » : Lilly va mourir, Christine passe une dernière nuit avec elle.
« L’amour attend Kathy » : Kathy enquète sur un suicide.

Avis :

Réalisateur colombien, Rodrigo Garcia s’est très vite orienté vers les États-Unis. Il étudia à Harvard, en ressort diplômé d’histoire médiévale. Une fois son diplôme en poche, il se tourne vers le cinéma. Il débute sa carrière dans la production, puis réalise un film en 1989 en Colombie. Ça ne donnera rien de vraiment concluant, alors Rodrigo Garcia se dirige vers la photographie et ainsi pendant une dizaine d’années, il va mettre en lumière un joli petit nombre de films, dont « Groom Service« , ou « Anatomie d’un top-modèle« , pour ne citer que ces deux-là.

Avec un joli CV en poche, Rodrigo Garcia peut donc de nouveau se tourner vers la réalisation et c’est onze ans après son premier film que le cinéaste met de nouveau en scène et cette fois-ci, c’est en Amérique. Pour son deuxième long-métrage, Rodrigo Garcia s’aventure dans un film choral, qui dresse le portrait de femmes à travers de petits morceaux de vies. Si l’idée est bonne en plus d’être jolie, malheureusement, elle s’avère assez peu concluante, car même si parfois c’est intéressant, Rodrigo Garcia ne fait qu’effleurer la vie de ces femmes et finalement dès qu’on passe à une autre histoire, on a la sensation que le réalisateur bâcle le tout et c’est vraiment dommage.

Cinq femmes, à un moment clé ou anodin de leur vie. Le Docteur Kerner reçoit une cartomancienne chez elle. Rebecca se veut être une femme sûre d’elle, alors qu’une fois les portes fermées, elle est bien plus fragile qu’elle ne veut bien l’admettre. Rose, une mère célibataire, se sent très étrangement attirée par son nouveau voisin. Lilly est amoureuse de Christine et cette dernière va mourir. Carol est aveugle et vit avec sa sœur Kathy, inspectrice de police.

« Ce que je sais d’elle … d’un simple regard » est un film duquel je ressors assez embêté. Embêté car l’idée en elle-même est jolie, et au-delà de ça, le regard que pose Rodrigo Garcia sur ses femmes est beau. Son film est tour à tour tendre, injuste, cruel, amoureux, et même drôle. Découpé en cinq séquences, Rodrigo Garcia veut parler des femmes, de ce qu’elles montrent, de ce qu’elles cachent, de leurs amours, leurs amitiés, leurs espoirs ou leurs désillusions, de leurs vies et de la mort pour certaines. A travers tous ces portraits, Rodrigo Garcia aborde énormément de sujets, qui sont eux aussi tous plus intéressants les uns que les autres, même s’il faut aussi dire que le film en lui-même et la façon qu’a le réalisateur d’explorer ces sujets est parfois bien inégal. Mais ce n’est pas là où le film « pêche » le plus. Non, ce qui est assez décevant avec « Ce que je sais d’elle … d’un simple regard« , c’est cette sensation que le film en totalité est bâclé.

Il y a quelque chose qui s’échappe de l’ensemble qui laisse le sentiment que Rodrigo Garcia avait de l’ambition et une très bonne idée, mais malheureusement, il ne sait pas vraiment quoi faire avec. L’idée de séquences qui seraient comme des sketches qui dressent un portrait est bien mais le réalisateur ne va au bout et en profondeur d’aucun portrait. Il développe quelques idées, quelques points de vue, et au moment où cela aurait pu être encore plus intéressant, au moment où on aurait pu être bouleversé, il sonne la fin de son portrait, ce qui rend en permanence son film frustrant. Comme ses personnages sont bien écrits, et très bien interprétés, on aurait envie de continuer à explorer leurs vies et leurs ressentis face aux épreuves ou face à leurs sentiments, mais jamais le film ne va plus loin qu’une exposition. Du coup, « Ce que je sais d’elle … d’un simple regard » est intéressant et juste d’un côté, et décevant, agaçant et dans un sens ennuyant de l’autre, car oui, le film ennuie au final, car il faut quitter un personnage au moment où l’on n’avait pas envie, pour suivre un autre et plus largement, les différences de rythmes rendent le tout inégal, ce qui est là encore dommage.

Après, pour le plaisir, les portraits de ces femmes (et parfois de ces hommes) sont tenus par un casting en or. Un casting où les personnages se croisent beaucoup et où l’on peut suivre ni plus ni moins que Gleen Close, Calistra Flockhart, Holly Hunter, Cameron Diaz, Kathy Baker, Valeria Golino, Amy Brenneman, Roma Mafia, ou encore Matt Craven, Miguel Sandoval ou encore Danny Woodburn, pour ces messieurs.

« Ce que je sais d’elle … d’un simple regard » est donc un film aussi intéressant qu’il est décevant. Rodrigo Garcia (réalisateur que j’aime bien au demeurant, à qui l’on doit « Albert Nobbs » ou « Mother & Child« ), tient une très belle idée, qui parfois, ne serait-ce qu’en surface, fonctionne très bien, mais il est vraiment dommage de voir que le réalisateur ne va jamais plus loin que de l’exposition, alors que toutes ces séquences ne demandaient qu’à être approfondies.

Note : 09/20

Par Cinéted

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