octobre 6, 2022

Chronique d’une Liaison Passagère – La Mouret Tendre

De : Emmanuel Mouret

Avec Sandrine Kiberlain, Vincent Macaigne, Georgia Scalliet, Maxence Tual

Année : 2022

Pays : France

Genre : Comédie, Romance

Résumé :

Une mère célibataire et un homme marié deviennent amants. Engagés à ne se voir que pour le plaisir et à n’éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complicité…

Avis :

Emmanuel Mouret est un réalisateur qui s’est fait une jolie place dans le cinéma français. Commençant avec de petites comédies sans prétention, l’homme a petit à petit pris de l’ampleur, surtout vers la fin des années 2010. Pour ma part, j’ai commencé le cinéma d’Emmanuel Mouret assez tard avec « Mademoiselle de Jonquières« , film en costume avec Cécile de France et Édouard Baer, qui m’avait beaucoup plu. Du coup, c’est sans hésitation que je me suis plongé dans le suivant, « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait » et quelle ne fut pas ma déception, me trouvant devant un film imbuvable dont il faut du courage et de la volonté pour arriver jusqu’à son générique.

Refroidi comme rarement, je suis entré en salle pour le Festival de Cannes à Paris avec beaucoup d’appréhension (rien que le titre m’indiquait que j’allais me retrouver dans la même galère qu’il y a deux ans de cela) et finalement, à la surprise générale, cette « Chronique d’une liaison passagère » se pose comme une bonne et jolie comédie romantique, qui nous rappelle parfois le cinéma de Woody Allen. Rythmé, charmant, et tenu par un duo de cinéma aussi étonnant que magnifique, ce onzième film pour Emmanuel Mouret est vraiment très surprenant.

Simon, la quarantaine bien passée, est marié et père de famille. Un soir, il rencontre Charlotte, une mère de famille célibataire. Entre eux, il y a une attirance, une alchimie et après s’être embrassés, ils décident de se revoir. Ce ne sera que, et uniquement pour le plaisir, rien de sérieux. Or, au fil des semaines et surtout des rendez-vous, une alchimie se crée et elle est forte, très forte. Simon et Charlotte profitent de leur moment fugace, tout en sachant bien qu’un jour ou l’autre, cela va bien se finir.

Oh, la bonne, et surtout la belle, surprise que ce nouveau film d’Emmanuel Mouret. Après le plus que décevant « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait« , je me disais être vacciné du cinéma du cinéaste français, mais finalement, ma curiosité l’emporte toujours et parfois, comme aujourd’hui, je l’en remercie, car cette « Chronique d’une liaison passagère » est un joli et délicat moment de cinéma.

Un moment de cinéma complice, désireux, sensuel, drôle, spontané, et intellectuel sans tomber dans la prétention, ou encore faire de trop comme ce fut le cas avec son précédent film. « Chronique d’une liaison passagère » est pourtant un film à l’intrigue qu’on connaît par cœur. Deux personnages se rencontrent, l’un est marié, mais qu’importe, l’attirance est là, et la liaison commence. Évidemment, dans le fil rouge, cette aventure va cocher toutes les cases, ou presque, pour ce genre d’intrigue. Mais là où on aurait pu s’ennuyer, Emmanuel Mouret « dynamise » cette histoire en lui insufflant un très joli rythme, au gré de cartons qui nous indiquerait le jour et la date, et ainsi le temps qui passe et resserre les liens.

Simple et naturel, tout en ayant un côté gauche et maladroit, « Chronique d’une liaison passagère » nous présente deux personnages touchants. Deux personnages qui se découvrent, se livrent, ne se cachent rien (ou presque) et au fil des rendez-vous, ainsi que des conversations, qui parfois résonnent comme de jolies confessions (il y a un très beau travail sur les dialogues), on est vraiment bien en leur compagnie, et l’on serait prêt à les suivre n’importe où.

L’alchimie qu’on trouve dans ce film, on la doit aussi énormément à ce couple d’acteurs impeccables. Un couple de cinéma que l’on n’aurait pas vu ensemble et pourtant ça matche, et ça matche fort. Ainsi, Sandrine Kiberlain en femme célibataire vaccinée contre le couple et farouchement opposée à la passion est merveilleuse. Puis il y a Vincent Macaigne, qui décidément ne fait que gagner en ampleur au gré de ses derniers rôles, tous plus différents les uns que les autres, qu’il empoigne avec talent et assurance. Ici, Simon est un personnage stressé, gauche, qui a tendance à bien trop parler (à bien des regards, il rappelle beaucoup des personnages qu’on trouve chez Woody Allen) et entre ses maladresses, son naturel, et sa sincérité, le personnage est adorable, voire même irrésistible.

Pour ce nouveau film, Emmanuel Mouret se lance dans une comédie dramatique qui a du souffle, du romantisme, et surtout un très bon rythme. Le réalisateur sait parfaitement comment raconter l’histoire de ces amants qui ne vont faire que se séduire de plus en plus. Il y a quelque chose qui s’échappe de ce film, qui fait qu’on se pose parfois comme des témoins privilégiés de cette histoire que personne d’autre ou presque ne voit. Le réalisateur filme beaucoup de complicité et d’intimité et il le fait d’une bien belle manière. Alors bien sûr, tout n’est pas complétement réussi, avec notamment une double fin qui, même si elle est belle (cette scène dans un parc de Paris !), relance le film d’Emmanuel Mouret alors qu’il n’en avait pas vraiment besoin, car le cinéaste avait déjà conclu ces amants. Cette double fin apporte une petite longueur, qui peut faire craindre que le film en fasse de trop. Heureusement, Emmanuel Mouret saura aussi vite conclure qu’il a rebondi.

Enchanteur, beau, tendre, sensible, subtil, écrit, fluide, amoureux… Bref, tout simplement délicieux, cette « Chronique d’une liaison passagère » est vraiment une belle surprise, se posant comme un joli film qui, tout en nous racontant quelque chose qu’on connaît déjà, quelque chose de vieux comme le monde, arrive à insuffler à cette histoire un souffle, un romantisme et une évidence qui nous envoûte presque totalement.

Note : 15/20

Par Cinéted

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