octobre 6, 2022

Everything Everywhere All at Once – Du Pur Délire

De : Daniel Scheinert et Daniel Kwan

Avec Michelle Yeoh, Ke Huy Quan, Jamie Lee Curtis, Stephanie Hsu

Année : 2022

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction, Action, Comédie

Résumé :

Evelyn Wang est à bout : elle ne comprend plus sa famille, son travail et croule sous les impôts… Soudain, elle se retrouve plongée dans le multivers, des mondes parallèles où elle explore toutes les vies qu’elle aurait pu mener. Face à des forces obscures, elle seule peut sauver le monde mais aussi préserver la chose la plus précieuse : sa famille.

Avis :

Connu sous le nom de Daniels, le duo de réalisateurs Daniel Scheinert et Daniel Kwan se sont rencontré au cours des années 2000 alors qu’ils faisaient leur étude de cinéma à Boston. Très vite, les deux jeunes cinéastes se mettent à écrire et co-réaliser des clips vidéo. Parmi les artistes pour qui ils vont réaliser des clips, on trouvera Manchester Orchestra, DJ Snake ou encore Tenacious D. Regardant plus loin, et après plusieurs courts-métrages, le duo se lance dans la réalisation d’un premier long en 2016, le délirant et unique « Swiss Army Man« . Les retours sont extrêmement positifs et le succès assure aux Daniels au moins la réalisation d’un prochain film.

Produit par les frères Russo, le génial studio A24, voici que six ans après ce premier ovni, les deux réalisateurs sont de retour avec un nouveau film que la presse américaine a carrément qualifié de bug dans le paysage du cinéma actuel.

Faisant la clôture du Champs Elysée Film Festival, « Everything Everywere All at Once » est purement et simplement une bombe. Le genre de bombe qui déborde de cinéma à tout instant. Brillant, délirant et profond, cet ovni inqualifiable et totalement imprévisible, nous met une claque incroyable. Et ce genre de claque surprise, on n’en avait pas pris une comme celle-ci depuis le « Kingsman, service secret » de Matthew Vaughn en 2015, c’est dire la teneur du spectacle et du délire !

Evelyn Wang, la cinquantaine, est à bout. Il faut dire que la vie n’est pas vraiment tendre avec elle. Evelyn ne comprend plus sa famille, surtout sa fille. Elle ne comprend plus non plus son travail et par-dessus ça, elle a des problèmes avec l’administration, qui lui reproche d’avoir mal fait sa déclaration d’impôts. Bref, en un sens, Evelyn est en train de toucher le fond et encore, elle n’avait strictement aucune idée que ce matin-là, en se rendant aux impôts pour affronter la terrible Mrs Deirdre, sa vie allait totalement basculer dans l’improbable, l’impensable, et surtout l’inimaginable…

Fou, surréaliste, intelligent, dense, affolant, imprévisible, dynamique, hilarant, puis touchant parce qu’il a un très beau fond… Bref, les superlatifs finissent par manquer tant l’expérience jouissive ressentie devant cette folie furieuse a été géniale de bout en bout de métrage.

Il est difficile de savoir par où commencer tant « Everything Everywere All at Once » est un très bon spectacle de tous les instants. Si l’on s’aventure du côté de son scénario, ce dernier est purement une folie qui ne s’arrête jamais. Une folie dont il faut en savoir le minimum possible, pour que le spectacle et le délire soit amené à son plus haut niveau. Inimaginable dans ce que ce film raconte, les Daniels nous ont reversés une intrigue qui oscille à merveille entre plusieurs genres, et pour accompagner celle-ci, les deux cinéastes ont imaginé une avalanche de rebondissements qui sont à l’image de son intrigue, c’est-à-dire qu’on ne peut pas les voir arriver.

Il y a tellement d’idées pour raconter cette histoire, que les deux potes nous accrochent dès l’ouverture de leur film. Toujours dans les surprises que ce film procure, derrière cette avalanche, « Everything Everywere All at Once » est un film qui a un fil conducteur très simple. Un film conducteur encore une fois imprévisible au départ et au fur et à mesure que ce dernier se laisse découvrir, il transforme cette folie en une histoire très touchante, et ce relief inattendu donne beaucoup à l’ensemble, en plus de véhiculer un sublime message.

Cette intelligence et cette folie dans l’écriture, on la trouve aussi dans la mise en scène des Daniels qui livrent là un film qui déborde encore une fois d’idées. C’est bien simple, il n’y a pas une séquence qui soit, entre guillemets, simple ou basique. Non, les deux réalisateurs innovent toujours, et alors que le film ne s’arrête jamais, proposant des points de vue audacieux, un montage dingue, un rythme effréné, une BO qui fonctionne à merveille, et des effets spéciaux toujours au service de cette folle histoire, les Daniels réussissent avec brio à éviter le surplus, le trop-plein ou encore le démonstratif. Ici, tout a un sens et tout ce qui est proposé assure le show.

Les Daniels se montrent aussi talentueux pour mettre en scène de purs moments de comédie, que de purs moments d’action, avec des chorégraphies innovantes, et derrière ça, ils savent parfaitement jouer avec le concept de science-fiction, brisant par exemple à plus d’un instant l’écran pour illustrer toutes les réalités. Puis derrière ça, le film déborde tant dans son originalité, que beaucoup de ses séquences qui prennent le spectateur de court sont amenées à devenir cultes (franchement, le coup des pierres, du chien dans un sac, ou les trophées de Mrs Deirdre, je ne suis pas près de m’en remettre, et encore, il y en a plus !).

Pour le plaisir, en plus d’avoir une écriture et un sens de la mise en scène, le duo de potes s’est amusé à dispatcher des clins d’œil bien vus qui renforcent encore un peu plus le plaisir de ce film. De « Matrix » à « Ratatouille« , de « In the Mood For Love » en passant par « Un homme et une femme » de Claude Lelouch à « 2001 Odyssée de l’espace« , ou encore tout un tas de films de kung-fu… Bref, ça ne s’arrête jamais et j’en oublie, puis j’ai dû en rater. Quoi qu’il en soit, c’est toujours très bien employé.

Enfin, que dire ce casting ô combien parfait, si ce n’est qu’il est parfait justement. Cela faisait un très long moment qu’on n’avait pas vu Michelle Yeoh tenir un rôle aussi riche et les Daniels, au gré des mésaventures de ses personnages, lui demandent beaucoup, et la comédienne assure, avec un savoureux mélange de délire, d’action, de fights et d’émotions. Face à elle, pour l’accompagner ou pour l’aider, ou la planter (ça dépendra des fois), on trouve le génial Ke Huy Quan (Le Demi Lune d’un certain deuxième « Indiana Jones« ) dans la peau d’un mari tour à tour d’une extrême gentillesse, ou d’un agent « Matrixé ».

Stephanie Hsu, qui joue la fille de la famille, tient un personnage plein de surprises (mention spéciale à la chef costumière qui s’est craquée pour habiller ces personnages et plus particulièrement tout ce que Stephanie Hsu incarne). On trouvera une Jamie Lee Curtis tordante dans un rôle inédit pour elle. Et que dire de Brian Le et Harry Shum Jr., si ce n’est qu’à un moment donné, ils tiennent une séquence dont nos zygomatiques en veulent encore au film.

Entre folie furieuse, imprévisibilité, et message universel à la fin, le nouveau délire de Daniel Scheinert et Daniel Kwan assure un spectacle qui fera date cette année. Délirant de bout en bout, jouissif de bout en bout, original, ingénieux, audacieux, dingue… Bref, on se relance dans des superlatifs face à cette séance de folie qui nous a été offerte ! Si le film peut prétendre à être le film de l’année (l’avenir nous le dira, au vu de ce qui va sortir dans les prochains mois comme le George Miller par exemple.), « Everything Everywere All at One » se pose assurément comme la folie de l’année ! Vite, vite, un deuxième visionnage.

Note : 18/20

Par Cinéted

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