février 7, 2023

Là où Chantent les Ecrevisses

Titre Original : Where the Crawdads Sing

De : Olivia Newman

Avec Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson, Michael Hyatt

Année : 2022

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Thriller

Résumé :

Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la « Fille des Marais » de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville lui ouvre un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l’un d’eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. A mesure que la vérité sur les événements se dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.

Avis :

Jeune réalisatrice qui commence à sortir des bois, Olivia Newman est encore assez inconnue, enfin du moins son nom, car la metteuse en scène a déjà réalisé plusieurs choses avant ce « Là où chantent les écrevisses« .

Olivia Newman débute comme beaucoup en réalisant des courts-métrages. En 2010, elle réalise un court titré « First Match » qui se fait remarquer et c’est avec ce film qu’elle entamera vraiment sa carrière, puisque huit ans plus tard, elle en fera son premier film. Titré « Mon premier combat« , le film est disponible sur Netflix. Par la suite, c’est sur le petit écran qu’Olivia Newman va s’illustrer en travaillant sur des séries comme « Chicago Fire« , « FBI » ou encore « Chicago Police Departement« .

Reese Witherspoon, en plus d’être une actrice de talent, est aussi une productrice qui est à la tête de sa propre maison de production, qu’elle gère depuis une bonne quinzaine d’années. Avec cette maison, elle s’est investie dans beaucoup de projets, comme « Gone Girl » de Fincher, « Wild » de Vallée, ou encore « Lucy in the sky » de Noah Hawley. C’est elle qui a déniché le roman de Delia Owens et elle a eu un véritable coup de cœur pour cette histoire. Ainsi, à travers son club de lecture, elle a aidé à faire connaître le roman, et c’est donc en tout logique qu’elle a eu l’idée de raconter cette histoire au cinéma, et elle a bien fait, puisque « Là où chantent les écrevisses« , même si le film d’Olivia Newman ne se posera pas comme l’un des grands films de l’année car bien trop classique, est un sacré bon et joli moment en compagnie de cette fille des marais.

Barkley Cove, 1969, le corps d’un jeune homme populaire est retrouvé au pied d’un tour dans les marécages. S’il est possible que ce soit un accident, très vite les soupçons se posent sur Kya Clark, une jeune femme qui vit en marge de la société, quelque part dans le marais. Depuis des années, toutes les rumeurs les plus folles courent sur cette jeune femme des marais et aujourd’hui, sur de simples rumeurs, c’est l’occasion de l’arrêter, car ça ne peut qu’être elle…

Sorti discrètement en salle, « Là où chantent les écrevisses » est le petit film qu’on n’attendait pas et qui se fait gentiment sa place, porté par un excellent bouche-à-oreille. Il faut dire que cette histoire a de quoi se faire aussi touchante qu’intéressante, et au-delà de ça, le film d’Olivia Newman se pose comme un bon et beau film.

« Là où chantent les écrevisses » est un film qui nous raconte à travers de très bons flashbacks une trajectoire, qui est très loin d’être un conte de fées. Conjuguant le film policier, le film judiciaire et le drame humain, « Là où chantent les écrevisses » est le portrait d’une jeune femme abandonnée de tous. Abandonnée par les siens, qu’elle voit partir petit à petit. Puis abandonnée par la société qui ne voit en elle qu’une petite fille sage et plus tard une femme étrange dont on ne sait rien, alors il sera plus facile d’inventer des rumeurs et de ne surtout pas essayer de la connaître. Puis enfin, cette jeune femme n’aura pas vraiment de chance en amour, puisqu’elle va aller de désillusions en désillusions.

Intelligemment monté, le film nous fait donc passer du présent au passé, avec beaucoup de fluidité et de cohérence, ce qui fait qu’on se retrouve à suivre ce récit de vie avec intérêt, et même émotion. Une émotion qui est véhiculée grâce à une Daisy Edgar-Jones excellente dans la peau de cette jeune femme, aussi fragile que combative, aussi perdue que l’inverse finalement. Olivia Newman arrivera aussi très bien à nous tenir en intérêt avec son enquête, car au fil des flashbacks, le film nous amène peu à peu vers ce moment fatidique, et la cinéaste nous tient avec le « qu’est-ce qui a bien pu se passer ? » ou encore le « accident ou meurtre ? ». Et Olivia Newman tient plusieurs cordes qui amènent des suspens, puis derrière ça, elle garde savoureusement son mystère. On peut même dire qu’elle prolonge son suspens plus loin qu’on ne l’aurait imaginé, ce qui est pas mal du tout.

S’ajoute à cela une très belle ambiance tout à fait dépaysante. Olivia Newman nous entraîne au fin fond des marais de Caroline du Nord et elle en tire des images sublimes. De plus, la réalisatrice fait de ce drame ô combien triste, une histoire qui oscille entre les genres, tour à tour enquête, film judiciaire, drame familial et humain, portrait de femme qui a dû apprendre à survivre et se protéger très jeune, ou encore film romantique, car oui, derrière tous les drames qui peuvent peupler cette très grande tranche de vie, « Là où chantent les écrevisses » est aussi une touchante histoire d’amour.

On notera aussi la belle reconstitution d’époque, ou encore tout simplement la beauté des images elles-mêmes, avec une lumière travaillée, et de superbes cadres, ou encore des séquences toujours justes, que ce soit en émotion, en drame, ou encore en intrigue.

Mais voilà, derrière tous ces très bons éléments, malgré les émotions et l’intérêt permanent pour cette histoire, il est vrai qu’il manque une petite étoile à ce film pour pleinement passionner et se poser comme un grand film. Il y a quelque chose qui résonne comme trop parfait finalement, ce qui peut enlever une authenticité et au-delà de ça, pousser le curseur de l’émotion. Ce sentiment est très agaçant, car tout est bon et beau, le film tient un bon rythme qui fait que jamais on s’ennuie, nous offrant toujours quelque chose qui pique l’intérêt, et pourtant, dans nos cœurs, ça ne décolle pas plus que ça. Il y a comme une impression qu’à force de vouloir trop bien faire, finalement, la réalisatrice tombe dans un film classique qui ne surprend en rien, si ce n’est son final (et encore, pour ma part, j’avais de sérieux doutes…).

Sentiment qui est encore une fois frustrant, car Olivia Newman a réuni un très beau casting, et outre une Daisy Edgar-Jones qui comme je le disais, est excellente de bout en bout de film, on pourra aussi compter sur Taylor John Smith et Harris Dickinson en prétendants, ou encore de manière « plus éloignée » Michael Hyatt et Sterling Marcer Jr. en couple qui tient une boutique, et David Strathairn en avocat de la défense.

Ainsi, « Là où chantent les écrevisses » est un bon film qui nous entraîne dans un beau drame. Touchant, simple, mélangeant bien les genres pour raconter une histoire qui interroge aussi la justice, la vindicte populaire, la différence, la famille et l’amour, le film d’Olivia Newman, même s’il lui manque quelque chose pour pleinement nous séduire et nous emporter dans son récit, nous fait quand même passer un bon moment de cinéma. Et malgré quelques déceptions, finalement, je ne regrette en aucun cas de m’y être arrêté.

Note : 15/20

Par Cinéted

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