avril 20, 2024

Bloody Hammers – Songs of Unspeakable Terror

Avis :

Il y a des choses qui semblent indissociables dans le monde de la culture. Ou plutôt de la contre-culture en ce qui concerne la musique métal et le cinéma d’horreur. Si ce n’est pas toujours vrai, il y a tout de même une forte accointance entre les films d’horreur et la musique extrême, certains faisant même les deux à l’image de Rob Zombie. Mais on peut aussi citer la collection horrifique de Kirk Hammett, le guitariste de Metallica, ou encore les quelques tentatives de Fred Durst (Limp Bizkit) de faire l’acteur. Et l’inverse est aussi vrai, avec des musiciens qui s’inspirent du septième art horrifique pour écrire des chansons. C’est le cas de Bloody Hammers, qui est à la base un one man band de Anders Manga, avant qu’il ne soit rejoint par Devallia aux claviers. S’inspirant de films d’horreur pour les paroles, le groupe a connu un succès rapide.

Fondé au début des années 2010, c’est avec un stakhanovisme incroyable qu’Anders Manga va sortir trois albums en trois ans, lui assurant une certaine renommée et signant chez un label culte, Napalm Records. Bref, Songs of Unspeakable Terror est le sixième effort du duo, et comme à son habitude, le groupe va mélanger les genres pour livrer quelque chose d’hybride et de forcément sympathique. Allant du Punk au Hard en passant par le Métal Alternatif, ce nouvel album n’ennuie jamais et se déguste même trop vite, car comme à son habitude, le groupe délivre une galette qui dépasse à peine la demi-heure.

L’album débute alors avec A Night to Dismember, qui a tous les atours d’un groupe punk dans la fleur de l’âge. Cela est dû, en partie, à la batterie rapide, qui scande un rythme en trois temps. Pour autant, la voix du chanteur, propre et clair, fait penser à du Rock pure souche et le mélange fonctionne à merveille. C’est simple, sans fioriture, et on va rapidement voire où le groupe veut en venir. Car derrière la jovialité de la musique, il y a aussi des paroles macabres qui sont assez horribles, créant ainsi une drôle de dichotomie. Pour autant, Hands of the Ripper lorgnera plus vers le Doom dans ses riffs, mais s’en éloigne sur la rythmique et le chant. Un choix judicieux pour le duo, qui se démarque grandement du reste.

Puis survient alors Witchfinder General et ses deux petites minutes, pour un morceau brut de décoffrage et dans la grande lignée des courts morceaux Punk. On pourrait presque prendre ce titre pour un interlude, alors qu’il n’en est rien. Not of This Earth s’amuse avec les extraterrestres, et après une introduction qui ressemble à une voix-off de vieux film des années 50, on aura droit à un morceau bien construit, qui contrebalance l’aspect Punk de son refrain avec un couplet plus lourd moins rapide. Là encore, le mélange peut surprendre, mais le tout fonctionne à plein régime. On se surprendra même à chanter le refrain au bout d’une seule écoute. The Ones Who Own the Dark sera plus calibré, allant vers un métal Alternatif très simple et sans concession.

Seul le refrain se démarquera vraiment, en étant plus doux grâce à une deuxième guitare qui prendra le dessus sur le riff d’origine, bien rugueux. Waking the Dead renoue avec un bon gros Punk des familles et une simplicité de compo qui donne bien évidemment envie de sauter dans la fosse. Il s’agit-là d’un titre taillé pour la scène. Puis Night of the Witch va se rapprocher d’un délire Heavy avec une tonalité assez drôle. Le refrain marche à tous les coups et on sent une profonde inspiration pour écrire ce morceau. Le seul défaut que l’on peut trouver à l’ensemble de l’album, c’est que parfois, c’est un peu répétitif. Mais l’univers est tellement marqué, que cela en devient rigolo. We are the Damned reste sur des ressorts connus, avec un vif esprit punk. Idem pour The Brain That Wouldn’t Die qui reste sur des rails connus.

Seul Lucifer’s Light va venir nous bousculer un peu. Beaucoup plus lent que tout le reste des morceaux, il s’agit d’un titre d’ambiance macabre, qui va venir s’insinuer en nous de façon insidieuse. C’est très malin de la part du groupe de fournir cela en toute fin d’album, offrant alors une autre aura à l’effort, et démontrant que Bloody Hammers n’est pas qu’un groupe qui s’amuse à faire du Punk avec des paroles d’horreur. Bon, on retombe vite sur des travers avec I Spit on Your Corpse, mais le bien est fait, donc tout est presque pardonné.

Au final, Songs of Unspeakable Terror, le dernier effort en date de Bloody Hammers, est un album plutôt réussi qui s’affranchit de tout genre pour délivrer ses paroles macabres. Tour à tour Punk, Métal puis Hard Rock, le duo américain se refuse de rentrer dans des cases pour avoir une identité forte et bien marquée. Et ça marche, même si on sent une petite redondance au bout d’un petit moment…

  • A Night to Dismember
  • Hands of the Ripper
  • Witchfinder General
  • Not of This Earth
  • The Ones Who Own the Dark
  • Waking the Dead
  • Night of the Witch
  • We are the Damned
  • The Brain That Wouldn’t Die
  • Lucifer’s Light
  • I Spit on Your Corpse

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.