août 10, 2022

The Thaw

De : Mark A. Lewis

Avec Martha MacIsaac, Aaron Ashmore, Kyle Schmid, Val Kilmer

Année : 2009

Pays : Etats-Unis, Canada

Genre : Horreur

Résumé :

En Arctique, la fonte des glaces entraîne des conséquences inquiétantes sur la faune locale que le docteur Kruipen étudie. Toutefois, pendant ses recherches, il fait une découverte effroyable : un parasite préhistorique est libéré lors du dégel de la carcasse d’un mammouth. L’infection gagne plusieurs membres de l’expédition qui vont devoir lutter pour leur survie.

Avis :

Certains choix de carrière sont assez étonnants, et pour certaines gloires des années 80/90, la chute a été très lourde dans les années 2000. Si de grands acteurs s’en sont toujours sortis, pour d’autres, ça a été la traversée du désert. On peut bien évidemment citer Mickey Rourke, mais on va plutôt s’intéresser au cas de Val Kilmer. Aujourd’hui malade et très affaibli, l’acteur a pourtant eu le vent en poupe dans les années 80, notamment après Top Gun. Mais la suite de sa carrière a été très complexe, et à la fin des années 2000 (et même aujourd’hui), on retrouve l’acteur dans des films d’horreur à petit budget, destinés au marché du DVD. Et on le sait, ce marché là n’est pas réputé pour sa qualité. Pour autant, The Thaw va tirer son épingle du jeu.

Rebaptisé chez nous Dégel (mais hors de question d’utiliser ce nom pourri), The Thaw raconte la découverte inédite d’un groupe de chercheurs en Arctique, un mammouth parfaitement conservé dans la glace. Sauf qu’avec la fonte des glaces à cause du réchauffement climatique, le groupe va vite découvrir que la carcasse est habitée par un parasite qui retrouve vie, et qui va rendre tout le monde malade. Si l’équipe tente de prévenir les étudiants qui doivent prêter main forte, ce sera peine perdue, et les jeunes gens vont devoir lutter pour leur survie. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le film date de 2009 et il est assez en avance sur son temps sur son sujet de fond, le dérèglement climatique et l’arrivée de maladies (ou parasite) inconnues dont on ne peut se protéger.

Le film mise d’ailleurs carrément là-dessus pour générer des situations de stress et de peur. Le démarrage est assez lent, car il pose plusieurs bases. En premier lieu, on aura droit à un Val Kilmer face caméra qui va déblatérer un laïus sur l’espèce humaine et son je m’en foutisme sur le climat. Ensuite, il y a la découverte, puis la déliquescence progressive du groupe, qui va devenir malade à cause d’une chose dont one sait rien encore. Là, il y a un étalage sur la vie privée du chef de l’expédition, comme sa relation tumultueuse avec sa fille. On fait rapidement le tour, pour aller pêcher trois étudiants qui vont rejoindre les scientifiques pour les aider dans leur travail. Là aussi, le film fait le tour des protagonistes pour leur donner un peu d’épaisseur. On a droit au flippé de la vie, au gentil et à la nana susceptible.

Jusque-là, il n’y a rien de vraiment surprenant. On retrouve même tous les clichés du genre, avec une palette de personnages pas forcément novateurs. Mais c’est à ce moment que le film va marquer des points, en jouant constamment sur la peur et l’invisible. Certes, on va découvrir de petites bestioles, mais entre leur nombre et leur taille, on ne sait jamais quand elles vont attaquer, ni même qui est infecté. Cela ressemble un peu (et j’ai bien dit un peu) à The Thing, mais il ne s’agit pas d’un alien doué d’intelligence, mais bel et bien d’insectes préhistoriques dont notre corps ne sait comment se débarrasser. Cette peur de l’invisible est bien gérée, alternant des moments dans le noir, des découvertes macabres et un personnage qui a la phobie des insectes et qui va vite devenir ingérable et détestable.

Alors certes, on est loin d’être devant un film qui a une qualité irréprochable de mise en scène. C’est globalement très laid et il n’y a aucun travail de fait sur l’éclairage ou la volonté de faire de beaux plans. On peut même y rajouter des CGI approximatifs avec des incrustations qui sont très moches. On voit bien que les bestioles sont en pixels. Mais l’ambiance glaciale, la bonne gestion du stress et des animatronics pas si dégueulasses rehaussent le tout sans problème. Il y a du gore, et une montée progressive vers une sorte d’inexorabilité, comme une invasion inéluctable face à laquelle on ne peut rien faire. Sans être un génie de la caméra, Mark A. Lewis arrive à rendre son film attractif et stressant.

Il est dommage que le final soit assez décevant. Comme si l’horreur des petites bestioles ne suffisait pas, le film en rajoute une couche sur la fin, avec un vilain complot qui vise à menacer une grande partie de la population. Le but est bien évidemment de faire réagir le monde sur l’urgence climatique, mais le scénario prévoit alors une histoire catastrophe, amenant à un duel entre un père et sa fille. Le résultat est improbable, et surtout, il se veut impressionnant alors que le film n’a clairement pas le budget pour cela. Et à quoi ça sert de rabibocher deux personnages, pour finalement qu’ils s’entredéchirent cinq minutes après. The Thaw se termine alors en queue de poisson, avec des effets indésirables et la sensation de laisser une fin ouverte obligatoire, mais qui manque d’intérêt.

Au final, The Thaw est un film qui demeure surprenant. DTV destiné à se retrouver très vite dans les bacs à une euro, le métrage mise tout sur le nom de Val Kilmer et entame alors une communication putassière pour se vendre. Mais le résultat n’est pas si naze que ça, et on se retrouve face à un film d’horreur honnête, mal filmé et moche, mais qui possède un vrai fond et qui tente de vraiment faire peur avec des effets simples, mais efficaces. Bref, The Thaw n’est pas un film incroyable, mais il fait assurément partie du haut du panier des DTV d’horreur.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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